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La littérature brésilienne, la seule d’Amérique latine écrite en langue portugaise, se caractérise par le lent et patient effort qu’elle fait depuis des siècles pour se libérer du modèle légué par l’ancien colonisateur afin d’affirmer sa spécificité nationale.


La littérature coloniale

Avec l’arrivée des Portugais sur le sol brésilien naît une littérature d’inspiration baroque, dont le poète Gregório de Matos (1633-1696) est le meilleur représentant. Poète lyrique influencé par Camões, il se rend célèbre par ses satires de la société bahanaise d’alors. L’art des sermons est incarné par le prédicateur jésuite Antônio Vieira (1608-1697), dont l’œuvre met en lumière les rapports complexes des premiers colons avec les Indiens. Longtemps méconnue, L’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil , publiée en 1578 par l’écrivain-voyageur français Jean de Léry , offre de son côté un témoignage unique sur les mœurs des indigènes de l’époque.

Vers la seconde moitié du 18e s., à l’époque de la ruée vers l’or, apparaît au Minas Gerais un mouvement de poésie néoclassique nommé Arcadismo , allusion à l’ancienne Arcadie grecque, caractérisé par des confessions sentimentales et par une idéalisation champêtre de la nature brésilienne. ­S’imposent ainsi les poètes Cláudio Manuel da Costa (1729-1789), Tomás Antônio Gonzaga (1744-1810) et d’autres intellectuels qui tous participent à l’insurrection de 1789 (Inconfidência Mineira) , vaine tentative d’indépendance du Brésil.


Romantisme et Parnasse

Le 19e s. voit émerger une littérature autonome qui cherche à se libérer de l’influence portugaise en allant puiser dans les modèles français. Peu après l’indépendance du pays (1822) débute ainsi la florissante période du romantisme brésilien, inaugurée par la publication, en 1836, des Soupirs poétiques et nostalgies de Gonçalves de Magalhães (1811-1882). Imagination, émotion, culte du moi et lyrisme nostalgique triomphent, qui donneront jour aux romans et poèmes indianistes de José de ­Alencar (1829-1877) et Gonçalves Dias (1823-1864) où l’Indien est idéalisé en héros mythique. O Guarani ou Iracema , du brillant José de Alencar, évoquent ainsi sur un ton allégorique la rencontre-fusion des bons sauvages et des colons portugais. Avec Castro Alves (1847-1871) et ­ Bernardo ­Guimarães (1825-1884) enfin, le romantisme devient plus politiquement engagé, réclamant l’abolition de l’esclavage.

Vers la fin des années 1870 se succèdent dans la poésie les mouvements du Parnasse et du symbolisme qu’illustre bien le style précieux d’ Olavo Bilac (1865-1918), tandis que la prose évolue vers le réalisme et le naturalisme. Après José de Alencar, une autre personnalité hors du commun vient dominer ce siècle finissant : Machado de Assis (1839-1908). Fils d’un artisan mulâtre et d’une blanchisseuse açorienne, ce génial autodidacte, pourtant bègue, myope et épileptique, travailla comme journaliste à Rio. Outre de multiples articles et poèmes, il rédigea plus de 200 nouvelles et cinq romans dont les Mémoires posthumes de Bras Cubas et Dom Casmurro , deux ouvrages au style fantaisiste où le narrateur, qui interrompt souvent le récit pour s’adresser directement au lecteur, analyse les faiblesses humaines et la vanité des ambitions avec une ironie et un pessimisme d’une veine comparable à celle de Sterne ou de Diderot.

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