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Art et culture

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Art et culture

La culture canadienne est un mélange de traditions anglaise, française et amérindienne, marquées par des vagues successives d’émigration irlandaise, écossaise, ukrainienne et par la proximité des États-Unis. Aujourd’hui, arts et culture tentent de se démarquer des influences américaines, et de mettre en valeur les identités des différentes ethnies qui peuplent le pays.

L’amélioration des conditions de vie des Canadiens durant le 20 e s. favorisa l’essor d’une vie culturelle qui s’implanta progressivement dans les villes en pleine expansion. Le milieu du siècle, cependant fut marqué par une crise des arts qui reprirent leur envol par la suite. Désormais l’activité culturelle a retrouvé son dynamisme, en partie soutenue par des programmes fédéraux et des initiatives provinciales.


Arts premiers

Au cours des siècles, les populations­ indigènes (amérindiennes ou inuit) ont perfectionné divers modes d’expression artistique, témoignages de leur mode de vie et de leurs croyances. Néanmoins, leur nomadisme ne leur a pas permis de nous laisser une abondance d’œuvres.

Arts amérindiens

On peut dater à 5 000 ans les pétroglyphes (gravures rupestres) retrouvés sur de nombreux sites de Colombie­-Britannique­ et de l’Ontario, et à 500 av. J.‑C. les mâts et rochers ­totémiques découverts le long de la côte ouest. Des fouilles effectuées au Québec et dans l’Ontario ont mis au jour de la poterie iroquoise décorée de représentations animales et de motifs géométriques, dont les spécimens se succèdent du 10e au 17e s.

Art traditionnel

La majorité des peuples de langue algonquienne (Abenaki, Algonquins, Cree, Micmacs, Montagnais et Naskapi) ont des ancêtres nomades, excellents artisans, qui surent exploiter coquillages, os, pierres et graines pour confectionner des perles et enrichir leur technique de la broderie par l’utilisation de piquants de porc-épic ou de poil de caribou. Ils décoraient souvent de motifs géométriques leurs vêtements et mocassins en peau de caribou ou leurs canots en bouleau. Les wampum (ceintures savamment décorées de perles de nacre) nous racontent, au travers de leurs motifs complexes, certains événements marquants de l’histoire amérindienne. On procédait à l’échange des wampum lors des cérémonies de paix et de la signature des traités.

Plus restreint, quasi sédentaire, le groupe des peuples agriculteurs de langue iroquoise comprenait les Hurons, les Mohawks, les Onondagas et les ­Senecas. Leurs villages semi-permanents (déplacés tous les 15 ou 20 ans) étaient composés d’habitations (les maisons longues ) regroupant plusieurs familles. De ce mode de vie émergea un ­répertoire artistique libéré des contraintes du nomadisme. Suivant l’influence européenne, ils incorporèrent peu à peu des motifs floraux à leurs délicates broderies en crin d’élan. Les masques de bois (les faux-visages ) associaient les représentations mythologiques aux pratiques des guérisseurs.

Les peuples des Plaines (Assiniboines, Pieds-Noirs et Gros-Ventres) ornaient leurs tipis et leurs récipients de peau ou de cuir de bison de motifs peints, parmi lesquels le cheval, rapidement élevé au rang d’icône.

L’art des peuples de la côte nord-ouest se distingue de celui des autres sociétés nord-américaines. Ces tribus mirent à profit leurs longues périodes d’inactivité pour créer un mode d’expression sans égal sur la moitié nord du continent. Forme d’art qui leur est exclusive, le mât totémique , immense tronc d’arbre ciselé de représentations animales, humaines et mythologiques, était dressé à l’entrée de la maison des chefs. Sa fonction différait, parfois utilitaire (comme poutre angulaire d’une maison), parfois décorative (sa base creusée utilisée comme porte d’entrée) ou funéraire (comme stèle commémorative ou partie intégrante d’une tombe). L’introduction des outils métalliques par les Européens permit à cet art de connaître son apogée entre 1850 et 1900. Les sculpteurs haïda travaillaient souvent l’ argilite , une roche noire et brillante ressemblant à l’ardoise, pour créer des figurines, des mâts totémiques et des pipes.

Art contemporain

Les dernières années ont vu se transformer l’art amérindien contemporain. Les artistes ont, traditionnellement, exploité les matériaux (peaux et écorces) fournis par leur écosystème ; leurs œuvres, toujours inspirées par la tradition sociale et culturelle, prennent aujourd’hui un tour expérimental avec l’utilisation de toile, d’acrylique, de charbon et autres matériaux nouveaux, d’où l’émergence de techniques innovatrices. Il en résulte une vision neuve et contemporaine (exploitant toute forme de peinture, gravure, sculpture et joaillerie) de la mémoire toujours vivace du passé.

L’art contemporain se rattache à deux courants majeurs : l’école des forêts et l’école de la côte occidentale. Les ­ artistes des régions forestières de l’Est suivent l’influence iconographique de l’Indien ojibwa Norval Morrisseau , s’inspirant en particulier de ses créatures mythologiques produites dans les années 1970, que l’Odawa Daphne Odjig et le Cree Carl Ray (1943-1978) interprètent avec une manière très personnelle. Autre contemporain de Morrisseau, Alex ­Janvier , premier moderniste amérindien, a su forger son propre style. Benjamin Chee Chee (1944-1977), souvent imité, a produit d’élégantes mais rares œuvres animalières, tandis que l’artiste Cree Allen Sapp a su capturer les traditions de son peuple et que Clifford Maracle utilise couleurs vives et lignes fluides pour dépeindre sa culture ancestrale. L’art haïda (côte occidentale) a connu une renaissance à la fin des années 1950 sous la houlette du célèbre sculpteur Bill Reid (1920-1998), qui bénéficia ainsi d’une reconnaissance mondiale. Raven and the First Men ,grande pièce de cèdre jaune, est considérée comme son chef-d’œuvre­. Autres sculpteurs, les frères Robert et Reg Davidson ont continué à faire ­revivre le style haïda.

L’art inuit.

Origines

Les objets connus les plus anciens sont des petites pointes de flèche en pierre et des petites figurines en ivoire des cultures­ du Pré-Dorset et du Dorset (baie d’Hudson) du premier millénaire avant notre ère, à qui l’on attribue également les pétroglyphes découverts au Nunavik sur les collines de stéatite de Kangiqsujuaq. Le peuple de Thulé , généralement considéré comme l’ancêtre du peuple inuit moderne, vivait de la pêche et de la chasse et employait les matériaux qu’il avait sous la main comme l’ivoire (de morse), l’os (entre autres de baleine), le bois et la pierre pour sculpter des petits objets (peignes et figurines humaines ou animalières). Associés à leurs croyances religieuses animistes, ils protégeaient l’individu qui les portait, conjuraient la force maléfique des animaux.

Les Inuits troquèrent dès le 19e s. ces sculptures miniatures contre des produits de base (sel, armes à feu) introduits par les Européens. Leurs contacts répétés avec d’autres cultures entraînèrent le déclin de leur mode de vie traditionnel, faisant progressivement perdre leur signification magique aux divers objets d’art et d’artisanat, mais prodiguant aux Inuits une nouvelle source de revenus.

L’art contemporain inuit

Dès les années cinquante se développa un véritable commerce de cet art inuit qui s’adapta dans le choix de ses sujets aux demandes des touristes. Aux représentations animalières s’ajoutent désormais des petits personnages dans des scènes de la vie quotidienne : chasse à la baleine, chasse à l’ours, pêche et kayak… Des comptoirs commerciaux établis dans les cités inuit en favorisent le commerce.

Des images de pierres gravées viennent à l’esprit lorsque l’on évoque l’art inuit, qui utilise la stéatite, roche tendre abondante dans les régions septentrionales qui apparaît sous toutes les nuances du gris-vert au marron. Il exploite également d’autres roches plus dures, comme la serpentine verte, l’argilite, la dolomite et le quartz. L’artiste tisse des tapis, sculpte et grave les bois de caribou ou la pierre, trouvant son inspiration dans la faune, la flore et le mode de vie des régions arctiques. Certaines de ces œuvres peuvent atteindre des dimensions impressionnantes.

Les villages de Puvirnituk, Inukjuak, ­Salluit et Ivujivik dans le Nunavik québécois, ainsi que Cape Dorset , Iqaluit et Pangnirtung dans le territoire du Nunavut sont les centres de l’expression sculpturale inuit moderne, profondément influencée par les trois artistes du Nunavik, Joe Talirunili (1893-1976), Davidialuk­ (1910-1976) et Charlie Sivuarapik (1911-1968). ­Joanassie et Peter Ittukalak de Puvirnituk­, Eli Elijassiapik­, Lukassie Echaluk et ­Abraham Pov d’Inukjuak sont les tenants de la génération actuelle. Le territoire du Nunavut est particulièrement bien représenté par les graveurs Osoetuk Ipeelie , Kiawak Ashoona et Pauta Saila , tous trois de Cape Dorset. John Tiktak , originaire de l’anse de ­Rankin, se distingue par ses œuvres très personnelles. Kenojuak Ashevak et Lucy ­Qinnuayuak, de Cape Dorset, sont réputés pour leurs oiseaux. Les graveurs du lac Baker, parmi lesquels William Noah et Simon Tookoome, conservent un style extrêmement individualiste.


Peinture et sculpture

Comme les villes anglophone à l’égard de la langue anglaise, si Québec et Montréal sont devenues les porte-drapeaux du français au Canada, elles refusent l’assimilation à la culture française : la peinture et, plus généralement, l’art, témoignent en effet depuis toujours des écahnges culturels complexes entre émigrants et populations autochtones.

17e et 18e s.

Les premiers colons français et britanniques introduisirent au début du 17e s. une esthétique européenne dans le paysage artistique.

Un art avant tout religieux

La vie quotidienne de la Nouvelle-France étant dominée par la religion, l’art s’attacha alors à la décoration des édifices religieux. D’abord importés de France, tableaux et sculptures sortent bientôt des ateliers canadiens. Les arts décoratifs utilisés dans la liturgie abondent, les commandes des sculpteurs en vue (comme les frères Noël et Pierre-Noël Levasseur ) touchent aussi bien la décoration de navires de la Marine française que celle des églises. Au Québec, trois générations successives de Baillairgé accèdent ainsi à la notoriété.

L’émergence de l’art profane

Il prend le pas sur l’art religieux après la victoire des Britanniques aux plaines d’Abraham (1759). Les artistes, d’abord formés en Europe, s’intéressent alors à des sujets populaires : paysages et portraits sont commandés par une toute nouvelle bourgeoisie prospère. Antoine Plamondon (1802-1895), qui s’illustre particulièrement dans cette discipline, produit également des œuvres d’inspiration religieuse ( Portrait de sœur Saint-Alphonse , 1841).

L’art est utilisé pour topographier le territoire : des officiers de l’armée britannique stationnés au Québec ont pour mission d’effectuer des relevés de la colonie. De minutieuses aquarelles inspirées par les idéaux romantiques anglais de la fin du 18e s. sont dues aux talents de l’officier Thomas Davies (1737-1812), de George Heriot (1766-1844) et de James Cockburn (1778-1847).

19e s.

Le début du siècle voit fleurir l’art ­profane , illustré par les œuvres néo­classiques de William Berczy (1744-1813) : La Famille Woolsey , ou le portrait qu’il exécute du chef mohawk Joseph Brant. La classe moyenne croissante ­commande indifféremment des portraits de sa famille, de ses animaux de compagnie ou de ses chevaux, et des instantanés de ses distractions et entreprises commerciales : la famille Gilmour commande à Robert Clow Todd (1809-1866) une description de son chantier naval ( Wolfe’s Cove , Québec , 1840).

Influencée par l’Europe

La peinture canadienne est profondément marquée par l’arrivée, durant tout le siècle, d’artistes européens. Paul Kane (1810-1871), né en Irlande, immigré enfant, parcourt le Canada en tous sens ; ses portraits d’Indiens revêtent aujourd’hui un intérêt historique considérable ( Mort d’Omoxesisixany , vers 1856). Renommé pour ses paysages et ses scènes de genre, le peintre d’origine hollandaise Cornelius Kreighoff (1815-1872) a su capturer la vie rurale colorée des environs de Montréal comme aucun ne l’avait encore fait ( The Habitant Farm ,1856).

Montréal devient, vers le milieu du 19e s., une ville sophistiquée et prospère qui se tourne vers les arts. L’ Association artistique de Montréal voit le jour en 1860. Cette galerie d’art, la plus ancienne du Québec, est l’ancêtre du musée des Beaux-Arts. Le gouverneur général, le marquis de Lorne, crée en 1880 l’ Académie­ royale canadienne des beaux-arts à Ottawa, qui devient ensuite la Galerie nationale. La plupart des artistes de l’époque reçoivent leur enseignement à Paris, capitale ­mondiale des arts, bien que le sujet de leurs tableaux et sculptures soit typiquement canadien.

La peinture au début du 20e s.

L’influence de l’école de Paris est évidente, ainsi qu’en témoignent les œuvres du Québécois Wyatt Eaton (1849-1896) et de l’un des premiers Canadiens à étudier à l’étranger, William Brymner (1855-1925), qui enseigne à Montréal : toutes les techniques françaises figurent dans sa Guirlande de fleurs (1884). L’impressionnisme subsiste dans les œuvres de peintres plus tardifs, comme Marc Aurèle de Foy Suzor-Côté (1869-1937), Clarence Gagnon (1881-1942) et James Wilson Morrice (1865-1924). Robert Harris (1849-1919) quitte l’île du Prince-Édouard pour Paris, mais ­exécutera la commande probablement la plus prestigieuse du Canada, Les Pères de la Confédération (1883), pour devenir ensuite un de ses plus éminents portraitistes. Originaire de l’Ontario, Paul Peel (1860-1892) étudie et demeure à l’étranger, bien qu’il expose au Canada. Son œuvre controversée ( A Venetian Bather et After the Bath ) le fait accéder à une reconnaissance internationale.

L’émergence du nationalisme

La Première Guerre mondiale affecte profondément les artistes qui, refusant dorénavant de se référer à l’Europe, envisagent le Canada comme une jeune nation fière de son particularisme­. Le publiciste Tom Thomson (1877-1917), véritable homme des bois, parcourt l’Ontario qu’il peint à grands traits intrépides. Ses couleurs vives et sa facture intense insufflent à son œuvre une vitalité qui jaillit de la toile, ainsi que le démontrent deux de ses tableaux les plus célèbres : The West Wind et The Jack Pine .En 1920, le groupe des Sept , première école véritablement canadienne, naît à Toronto grâce à d’autres artistes de la même sensibilité, parmi lesquels se retrouvent Lawren Harris (1885-1970), J. E. H. MacDonald­ (1873-1932) et A. Y. Jackson­ (1892-1974). L’impressionisme français les marque profondément de même que la peinture des pays nordiques. La figure humaine ne les intéresse plus en tant que telle mais comme un élément appartenant aux vastes paysages de l’Amérique du Nord. L’expressionnisme austère des paysages de Harris (en particulier North Shore, Lake Superior , 1926) inspire les nouveaux modernistes canadiens. Carl Schaefer, influencé par le groupe des Sept, imprègne ses paysages des années 1930 d’un symbolisme psychologique et sociologique ( Ontario ­Farmhouse , 1934). Autre peintre profondément attaché aux ­paysages canadiens, ceux de la Colombie-­Britannique surtout, Emily Carr (1871-1945), première Canadienne à accéder à la notoriété, est née à ­Victoria ; son respect pour la nature ainsi que pour l’art et la culture des Indiens transparaît dans son style inimité. David Milne (1882-1953), originaire de l’Ontario­, privilégie la forme et la facture par rapport aux sujets d’inspirations très diverses ( Water Lilies and the Sunday Paper ,1929).

À Montréal, dans les années 1930, un mouvement de réaction s’amorce contre le « nationalisme des grands espaces » du groupe des Sept. Un critique, John Lyman (1886-1967), tente de réorienter l’art canadien vers les préceptes de la pensée de l’école de Paris. Il crée la Société d’art contemporain en 1939 et le mouvement des modernistes, qui compte Marc-Aurèle Fortin (1888-1970), Goodridge Roberts (1904-1974) et Paul-Émile Borduas (1905-1960).

Et la sculpture

Le début du 20e s. voit s’élever une pléthore de monuments commémoratifs. Napoléon Bourassa (1827-1916), ­architecte et sculpteur, et Louis-­Philippe Hébert (1850-1917) figurent parmi les plus célèbres sculpteurs ­québécois.

Art déco et Art nouveau

La fluidité du style Art nouveau transparaît dans les œuvres d’ Alfred Laliberté (1878-1953), bien que le sculpteur conserve une approche académique. Suzor-Côté, ami proche de Laliberté, utilise des techniques identiques pour sa série de bronzes. L’Art déco influence de nombreux artistes canadiens dans les années 1930, parmi lesquels Elizabeth Wyn Wood (Passing Rain) de Toronto .

Renouveau et invention

Les nouveaux matériaux de l’après-guerre, autorisant toutes les expérimentations techniques et formelles, régénèrent la sculpture canadienne. Le cubisme et le constructivisme n’apparaissent qu’au début des années 1950, où ils émergent dans les œuvres d’ Anne Kahane et Louis Archambault . Le structurisme, né dans les années 1950, se répand surtout dans les provinces des Prairies à la suite d’Eli Bornstein. Dans les années 1960, la notoriété des peintres Michael Snow et Les Levine est davantage due à leurs œuvres sculptées : formes en aluminium pour Michael Snow et modules en plastique pour Les Levine. Yves Trudeau et Gerald Gladstone se tournent quant à eux vers le soudage de l’acier, tout comme Otto Rogers, à Saskatoon, et John Nugent, à Regina. Les bronzes caractéristiques de Sorel Etrog laissent deviner une influence cubiste. Les grandes structures métalliques et colorées de Robert Murray le font connaître à travers le monde entier. Ed Aelenak et Walter Redinger exploitent la fibre de verre, tandis que Michael Hayden conçoit ses œuvres cinétiques à partir de tubes de néon. Méthodes et matériaux nouveaux permettent de relancer l’évolution de la sculpture canadienne.

L’après-guerre

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans l’évolution de l’art canadien. À son retour de France en 1940, Alfred Pellan (1906-1988) expose au Québec ses toiles influencées par le cubisme et particulièrement par Picasso. Paul-Émile Borduas , accompagné entre autres par Jean-Paul Riopelle (1923-2002), fonde le mouvement automatiste , dont les œuvres reflètent l’ambition surréaliste : transcrire sur la toile les impulsions créatives de la psyché. En réponse à la spontanéité des automatistes, Guido Molinari et Claude ­Tousignant fondent en 1955 le mouvement plasticiste afin de libérer la peinture du surréalisme par l’utilisation de formes géométriques abstraites, formes et couleurs devenant des éléments-clés de l’œuvre. Après la Seconde Guerre mondiale, aucune école de pensée ne domine néanmoins l’effervescence créative de l’art contemporain, bien que plusieurs artistes de Montréal, comme les peintres Yves Gaucher et Ulysse Comtois ou les sculpteurs Armand Vaillancourt, Charles Daudelin et Robert Roussil, expriment une vision personnelle. Les artistes s’efforcent de développer leur propre style, comme le démontrent l’expression figurative d’ Alex Colville , né en 1920 ( To Prince Edward Island ,1965) ou les souvenirs des plaines ukrainiennes de William Kurulek (1927-1977).

L’époque contemporaine

Prenant ses distances avec la peinture traditionnelle, l’art canadien a suivi, ces dernières années, les courants internationaux majeurs ; il s’est davantage tourné vers des factures et des techniques plus diversifiées, dont « l’installation », langage artistique d’abord sculptural, et qui intègre dorénavant d’autres formes d’art comme la peinture et la photographie. On retrouve, parmi ses adeptes, Betty Goodwin , Barbara Steinman, ­Geneviève Cadieux, Jocelyne Alloucherie et ­Dominique Blain. Rita McKeough met en scène sa vision de la société moderne destructrice en construisant des répliques de maisons de Calgary avant de les détruire ( Defunct ,1981). Les artistes canadiens exploitent l’apparition des nouvelles technologies (laser, ordinateur, hologramme) pour s’exprimer dans des genres et des contextes différents. En marge des mouvements contemporains, le public demeure fidèle au réalisme des toiles animalières de Robert Bateman .


Architecture et urbanisme

Une architecture récente

L’Amérique du Nord n’a pas, comme en Europe, une architecture qui ­remonte à la nuit des temps. Les Inuits et les ­Amérindiens vivaient dans des igloos, des tentes, des cabanes en bois et en peaux qui n’ont guère laissé de ­traces.

Styles français et anglais

Au Canada, tout commence lorsque les premiers colons décident de s’installer vraiment, de créer des villages et des villes. Au 17 e s., ils se contentent de reproduire les modèles de style français qu’ils connaissent bien. Au fil des ans cependant, les architectes s’imprègnent de la nature qui les entoure et modifient progressivement leur façon de faire : c’est la naissance de l’architecture canadienne, plus sobre, dans laquelle le bois est très présent. Elle subit au 18 e s. l’influence anglaise : plus d’élégance, et une avancée pour marquer l’entrée. Au 19 e s., inspirées par les édifices européens de l’Antiquité, les grandes demeures ont désormais des colonnes et un fronton.

Innover au 20 e s.

Désormais, l’architecture canadienne ne cesse d’évoluer. L’Europe séduit avec le néogothique ou l’Art déco. Les nouveaux matériaux (acier, béton) ouvrent des horizons exaltants. Les gratte-ciel envahissent les villes. Les architectes rivalisent d’audace en créant des tours (comme celle de Toronto haute de 553 m), des ponts, des musées, des universités aux lignes extraordinaires et surprenantes. Aujourd’hui, l’architecture canadienne prend un tour nouveau. Elle se plonge davantage dans son passé et tente d’en exprimer l’essence même. Elle observe la nature dont elle emploie les ressources, obtenant une harmonie des formes avec ­l’environnement.

Vers un urbanisme contrôlé

La ville la plus peuplée du Canada est Toronto avec 5 210 000 hab. Viennent ensuite Montréal (3 490 000 hab.), Vancouver (2 100 000 hab.), Ottawa (1 100 000 hab.), Edmonton (870 000 hab.) et Calgary (830 000 hab.). Les villes ont souvent poussé comme des champignons au moment de l’exploitation des mines, sur les grands axes routiers. Au développement anarchique des premiers temps a succédé une volonté d’urbanisme dont tiennent compte les architectes d’aujourd’hui. La qualité de vie en milieu urbain est une des priorités du moment. Ainsi, la ville de Vancouver qui abrite plus de 2 millions de personnes, a été élue ville la plus agréable à vivre du monde par la société d’expertise Mercer du fait de sa bonne planification urbaine, de ses vastes espaces verts et de sa prospérité économique.

Préserver le patrimoine

Outre les parcs naturels nationaux, provinciaux et territoriaux, le Canada a créé 158 Sites ou Lieux historiques nationaux du Canada (LHN) pour sauvegarder la mémoire du pays, de ses monuments et de ses plus somptueux édifices. Cette appellation s’applique à des sites historiques (LHN Bataille de Fisch Creek), à des personnages importants (LHN Alexander Graham-Bell), à des architectures particulières (LHN Auberge du ski Skoki), à des objets (LHN S.S. Keno , ancien bateau à vapeur), à un passé archéologique (LHN Barrages de pêche Mnjikaning), etc.

Quatorze sites parmi les parcs nationaux et les Lieux historiques du Canada sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco (qui compte plus de 850 sites culturels ou naturels répartis dans le monde entier). Ces sites extra­ordinaires sont uniques au monde.


Littérature

La littérature canadienne est le plus souvent issue de l’essence même du pays. Les auteurs (explorateurs des 17e ou 18e s., immigrants du 19e s., écrivains des 20e ou 21e s.) se sont impregnés de l’âme canadienne, qu’ils aient écrit un journal de bord, un roman, un journal intime ou un poème.

Premières œuvres

À l’époque des explorations et de la colonisation, la littérature de la ­Nouvelle-France se limite à des comptes rendus de voyages (Cartier, Champlain), à des anecdotes, des descriptions (Sagard, Charlevoix), ainsi qu’aux célèbres ­ Relations , missives des missionnaires jésuites retraçant leur vie quotidienne dans le Nouveau Monde. Philippe Aubert de Gaspé publie en 1837 le premier roman franco-canadien, L’Influence d’un livre , essentiellement fondé sur des légendes. Les premiers romans de fiction subissent l’influence des traditions rurales, comme le montre Les Anciens ­Canadiens (1863) du même auteur. Les romans historiques s’inspirent de l’ Histoire­ du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours de ­ François-Xavier Garneau paru en 1840. Le public manifeste un véritable engouement pour cette œuvre qui raconte l’histoire des Canadiens français. Les poèmes romantiques d’Octave Crémazie (1827-1879) et Louis-Honoré Fréchette (1839‑1908) rencontrent un immense succès au milieu du 19e s. Les colons anglais comme Susanna ­Moodie dans Roughing It in the Bush en 1852 racontent leur difficile installation au sein d’un environnement sauvage.

Émergence de la littérature canadienne

Avec la création de la Confédération canadienne en 1867 vient la confiance : le Canada, devenu nation, ouvre enfin la voie à ses auteurs. Les « poètes de la Confédération » que sont Duncan Campbell Scott (particulièrement attaché au Québec et à la culture indienne) et Archibald Lampman célèbrent ses paysages. Charles G.D. Roberts produit des œuvres anthropomorphiques à la Beatrix Potter, alors que son contemporain Ernest Thompson Seton envisage la vie sauvage d’un point de vue nettement plus scientifique. La littérature enfantine fleurit à la fin du 19e s. avec, entre autres, Beautiful Joe de Margaret ­Marshall ­Saunders puis, en 1908, le premier tome de la longue série Anne of Green Gables de Lucy Maud Montgomery . Le début du 20e s. connaît les poèmes humoristiques du « Kipling canadien », Robert Service , du Yukon.

Le monde littéraire canadien du début du 20e s. est dominé par les écrits nationalistes de Lionel Groulx (1878-1967), meneur de « l’Action française », ainsi que par la poésie d’Émile Nelligan (1879-1941). Louis Hémon , né en France, n’aura qu’une parution posthume (1916) de son roman Maria Chapdelaine , qui dépeint la vie rurale au Québec (œuvre aujourd’hui traduite en huit langues !). Le roman Un homme et son péché , de Claude-Henri Grignon , est écrit en1933 . Il est à nouveau question de survie (dans les Prairies cette fois) dans le roman As for Me and My House (1941) de Sinclair Ross ; quelques années plus tard, Gabrielle Roy choisit de situer Where Nests the Water Hen (1951) dans le nord du Manitoba .

Interrogations de l’après-guerre

Les écrivains canadiens passent par une période d’introspection et de mise en question de l’ordre établi. Le romancier Robert Charbonneau se détourne de ses contes ruraux pour les romans psychologiques. Le groupe McGill (qui compte, entre autres, F. R. Scott et A. J. M. Smith) travaille sur la poésie, parallèlement au groupe des Sept en peinture. Les auteurs féministes ( Madge Macbeth ) étudient l’effet social de l’urbanisation et de la réalité de l’après-guerre sur les femmes. D’autres s’intéressent au racisme, à l’immigration et aux bouleversements sociaux comme Frederick Philip Grove , dans Le Maître du moulin . Il s’attache également à décrire la domestication des Prairies par des immigrants suédois dans Settlers of the Marsh . Mazo De La Roche écrit la série des Jalna , chronique de la vie d’une famille du sud de l’Ontario dans les années 1927-1960. Depuis Victoria, les autobiographies d’ Emily Carr ouvrent le monde à l’art indien de la côte occidentale.

À Montréal, les modernistes Irving Layton , Milton Acorn et Al Purdy révolutionnent la poésie canadienne dans les années 1950 ; leur truculence libérée des tabous du sujet et du langage influencera des générations de poètes, dont Gwendolyn MacEwen ( The ­Shadow-Maker , 1969).Les poètes Gaston Miron (1928-1996), Gatien Lapointe et Fernand Ouellette revitalisent la littérature québécoise pendant les années 1960. De nouveaux romanciers émergent, et certains auteurs acquièrent une renommée particulière, comme Anne Hébert ( Kamouraska ,1973) et Yves Thériault (Agaguk) . Le romancier de Nouvelle-Écosse Hugh MacLennan (1907-1990), professeur à l’université McGill de ­Montréal, se consacre à la vie contemporaine et devient le premier auteur anglophone majeur à forger un caractère national. Son best-seller Two Solitudes (1945) traite du problème des relations du Québec avec le reste du pays. Le célèbre romancier québécois anglophone Mordecai Richler né en 1931 (The Apprenticeship of Duddy ­Kravitz) a obtenu de nombreux prix, dont le prestigieux prix du Gouverneur général. Leonard Cohen , auteur-compositeur interprète, écrit dans les années 1960 et 1970 des chansons sur la révolution sexuelle et la guerre du Viêtnam. L’époque se caractérise par un éventail stylistique très large ; extrêmement prolifique, elle produit des auteurs comme Louis Hamelin (La Rage) et Monique Larue (Copies conformes) . Pierre Berton , dans sa chronique de la construction du chemin de fer transcontinental (The National Dream : The Great Railway 1871-1881) , insuffle aux œuvres historiques un style entièrement nouveau et rencontre un succès commercial immédiat. Grâce à ses états des lieux de l’effet destructeur de l’humanité, Farley Mowat (Never Cry Wolf, Sea of Slaughter) , auteur à succès,demeure le champion canadien de la protection de l’environnement­.

Courants littéraires contemporains

Des années 1960 à aujourd’hui, la littérature a produit une moisson de talents qui tentent de comprendre la conscience et la mosaïque culturelle du pays : parmi eux Margaret Laurence (The Stone Angel, The Diviners) , Timothy Findley (The Wars) , Robertson Davies (The Deptford Trilogy) , Joy Kogawa (Obasan) et Rudy Wiebe (The Temptations of Big Bear) . Margaret Atwood (The Handmaid’s Tale) est passée avec Survival du rang d’auteur mondialement reconnu à celui de gourou. D’autres ont su conquérir les honneurs internationaux, comme Michael Ondaatje (Le Patient anglais) ,Alice Munro (Lives of Girls and Women) et Antonine Maillet , du Nouveau-Brunswick.


Musique et danse

Musique

La vie musicale canadienne, quel que soit son style, bouillonne de créativité. Chaque région possède sa musique traditionnelle , des rythmes celtiques de l’île du Cap-Breton aux violons irlandais, écossais et français du Québec et de l’est de l’Ontario, en passant par les chants de gorge inuit du Nunavut. Aujourd’hui, Susan Aglukark et le duo Tudjaat perpétuent les chants inuit. Le spectacle du Cirque du Soleil , du Québec, enchante le public à travers le monde par un mélange détonant de musique traditionnelle, de numéros de cirque, de théâtre et de danse.

L’amour du jazz

Les plus grands artistes ont joué au Canada. Au moment où cette musique prenait son envol, les cabarets de jazz de Québec restaient ouverts tard dans la nuit. Après un passage à vide dans les années cinquante, le jazz repartit de plus belle. La renommée du Festival international de jazz de Montréal et celle de l’immense jazzman Oscar Peterson (qui débuta à 17 ans au Canada), décédé en 2007, ont franchi les frontières. Le jazz canadien s’est enrichi des talents du trompettiste Maynard Ferguson, du be-bopper Moe Koffman, de Claude Ranger et du classique James Galloway. Le Festival de ­Montréal, créé en 1979, attire aujourd’hui des milliers d’amateurs pendant une dizaine de jours.

Une tradition classique

Dès 1751, les journaux annonçaient les concerts de musique classique. Québec possède sa propre salle de concerts en 1764 et le public de Halifax écoute ­Haendel, Bach et Mozart. Dans les années 1840 s’organisent des tournées de musiciens, comme la cantatrice Jenny Lind. Des sociétés musicales locales et régionales, ancêtres de nos orchestres philharmoniques modernes, voient le jour à travers l’ensemble du pays. Durant l’entre-deux-guerres, Sir Ernest ­Macmillan (1893-1973), unique musicien canadien anobli, se fait une carrière nationale. Il fonde l’un des premiers quatuors à cordes, et l’une de ses ­compositions, Two Sketches for Strings , est un classique au Canada. D’autres comme le chanteur Rodolphe Plamondon, le pianiste Léo-Pol Morin et la violoniste Kathleen Parlow sont également reconnus. Le chef d’orchestre ­Wilfrid Pelletier (1896-1982) a un style très dynamique tandis que Claude ­Champagne (1891-1965) compositeur de la Symphonie gaspésienne ouvre la voie à de nombreux autres compositeurs. Le pianiste Glenn Gould (1932-1982), après avoir renoncé à se produire sur scène en 1964, se consacre exclusivement à ­l’enregistrement en studio avec, en particulier, sa célébrissime interprétation des Variations Goldberg de Bach . La guitariste Liona Boyd (née en 1950) s’illustre de son côté avec Persona , son disque New Age de 1986. Les orchestres symphoniques de Montréal (dirigé par Kent Nagano), de Toronto et de Québec ont acquis une renommée mondiale.

Côté lyrique, de nombreuses voix se distinguent, parmi lesquelles figurent la contralto Maureen Forrester ou les barytons Louis et Gino Quilico, se produisant aussi bien sur la scène internationale (Milan, Paris, Londres, New York) qu’à Vancouver, Toronto et Montréal. En 1983, la première de Ra , de R. Murray ­Schafer (d’une durée de 11 heures), laisse le souvenir de la représentation la plus expérimentale que le pays ait connue. Il existe de nombreuses compagnies lyriques à travers le Canada : Canadian Opera Company à Toronto, l’Opéra du Québec, l’Opéra de Montréal, et d’autres à Vancouver, Calgary ou Edmonton. La compagnie Opera Lyra est installée dans la capitale, Ottawa.

La musique populaire

Elle s’est d’abord développée chez les colons. Elle contait leur vie, leurs espoirs et leurs déboires ; dans les années trente, la Bolduc (Mary Travers) conquit le cœur des Québécois puis ce fut le tour de Félix Leclerc qui marqua les générations suivantes avec des textes évocateurs sur les gens, la vie, le pays lui-même. La musique populaire compte de nombreux auteurs-compositeurs reconnus : Ian et Sylvia Tyson, Anne Murray , Stan Rogers (1949-1983) et ­ Gordon Lightfoot­ (sa Canadian Railroad Trilogy est un classique), la chanteuse de folk-jazz Joni Mitchell , la chanteuse celtique Loreena McKennitt, ainsi que le « chansonneur » Gilles Vignault , dont la chanson Gens de mon pays sera l’hymne du mouvement séparatiste dans les années 1960. Les auteurs de l’hymne national, Ô Canada , sont deux Franco-Canadiens, l’auteur Adolphe-Basile Routhier (1839-1920) et le compositeur Calixa Lavallée (1842‑1891).

La musique rock de Robert ­Charlebois traduit un point de vue plus critique sur la société, typique des années 1960. La scène musicale canadienne acquiert une nouvelle dimension grâce aux spectacles à gros budget et à une industrie du disque très largement influencés par la culture américaine. La contre-culture californienne trouve un écho dans la musique de groupes tels que ­Harmonium et Beau Dommage. Au début des années 1970, le morceau American Woman du groupe Guess Who devient l’hymne du mouvement contre la guerre du Viêtnam. Sylvain Lelièvre est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs auteurs-interprètes canadiens. Le groupe rock québécois ­Offenbach accède également à la célébrité pendant les années 1970 ; Ginette Reno est considérée comme l’une des chanteuses les plus adulées de la province. Diane Dufresne séduit par ses textes qui évoquent la liberté. Le chanteur Robbie Robertson se sépare en 1976 de son groupe pour entamer une carrière en solo d’auteur-interprète. Les années 1980-1990 voient l’ascension de Fabienne Thibault, Diane Tell, Roch ­Voisine et surtout Céline Dion . Aujourd’hui, le rock canadien compte les groupes Bare Naked Ladies , Men Without Hats et Maritime’s Great Big Sea, Arcade Fire, Bran Van 3000, Hot Hot Heat, The Stills. Le monde de la chanson inclut Bryan Adams, K.D. Lang , Colin James, la chanteuse country Shania Twain et l’interprète de jazz Diana Krall . Ritchie Hawtin, DJ et fondateur du label Plus 8 en 1989, est considéré comme l’un des papes de la musique Techno, aujourd’hui largement diffusée dans le pays.

Danse

Les premiers explorateurs européens, comme Jean Cabot, mentionnent déjà les danses aborigènes . Puis, au début du 19e s., Edmond Curtis photographie les peuples autochtones de la côte occidentale ; son remarquable cliché d’Indiens dansant dans leurs canoës de guerre est inoubliable.

Le ballet ne parvient au Canada qu’au début du 20e s. (fin des années 1920), avec les tournées d’Anna Pavlova. Les troupes de ballet se multiplient alors sous la direction des Américaines June Roper à Vancouver et Gwendolyn Osborne à Ottawa, qui forment de nombreux danseurs. La première troupe professionnelle canadienne sera le célèbre Ballet royal de Winnipeg fondé en 1949. En 1951, la Britannique Celia Franca crée à Toronto le Ballet national du Canada, les Grands Ballets canadiens de Montréal suivent en 1958 ; toutes ces troupes continuent avec succès à émerveiller les publics canadien et étranger. Les ballerines Karen Kain et Evelyn Hart ont su se faire aimer de leurs compatriotes, et les chorégraphes Brian Macdonald et James Kudelka ont acquis une belle renommée.

Ce sont les danseurs européens et américains qui, créant des écoles et des troupes, permettent à la danse moderne canadienne de voir le jour. La troupe du Toronto Dance Theatre (1968) est créée par Patricia Beatty, Peter Randazzo et David Earle, disciples de Martha ­Graham. Rachel Browne, ancien membre du Ballet de Winnipeg, fonde au début des années 1970 la troupe Winnipeg’s Contemporary Dancers (WCD). Toujours dans les années 1970, Montréal se tourne davantage vers la danse, avec la création de la troupe expérimentale du Groupe de la Place royale. Karen Jamieson (installée à Vancouver) et le chorégraphe Conrad Alexandrowicz explorent de nouvelles formes d’expression. La danse moderne canadienne poursuit aujourd’hui son évolution en se démarquant des influences extérieures à l’origine de son essor.


Théâtre, médias et cinéma

Le théâtre

Dès les années cinquante et jusqu’à aujourd’hui, le théâtre a passionné les Canadiens. Tom Patterson instaure à Stratford (Ontario) le Festival annuel Shakespeare . Son succès est tel qu’il est aujourd’hui l’un des plus importants festivals culturels au Canada. Pendant 6 mois, les acteurs s’illustrent dans des pièces contemporaines, dans des œuvres de Shakespeare et dans des comédies musicales. Un autre festival du même style, créé une dizaine d’années après celui de Stratford se déroule à Niagara-on-the-Lake. Des salles se sont ouvertes dans les grandes villes et les metteurs en scène n’hésitent pas à faire jouer les pièces des nouveaux dramaturges (Carol Bolt, John Murrell, George Walker…).

Les médias

Comme partout ailleurs, radio et télévision font partie de la vie quotidienne des Canadiens. Aujourd’hui, le Conseil des Arts, financé par l’État, sélectionne les programmes audiovisuels. Les médias et les divertissements américains dominent, mais les différents programmes du gouvernement fédéral et les lois tentent de soutenir des initiatives culturelles locales. La Canadian Broadcasting Corporation (CBC) propose un choix d’émissions télévisées et des reportages radio qui s’étend à l’ensemble du pays. La National Film Board trouve les financements et organise la distribution commerciale des films. Vancouver rivalise désormais avec les États-Unis pour la qualité de ses équipements audiovisuels et de ses studios.

Le cinéma

Bien que les salles du pays passent une majorité de films en provenance des États-Unis, les Canadiens figurent au générique d’un nombre étonnant de films importants aussi bien comme acteurs que comme réalisateurs. Les Américains tournent souvent au Canada en raison de ses coûts de production inférieurs et de sa ressemblance avec les États-Unis. Vancouver et Toronto, avec leurs florissantes maisons de production, emploient de nombreux acteurs dans des films internationaux. Le cinéma québécois, toujours actif, vend aussi ses films francophones à l’étranger. L’animation n’est pas en reste, grâce au Festival international du film d’animation d’Ottawa (créé en 1976), le deuxième plus important du genre au monde.

Fondé en 1939, l’ Office national du film du Canada (ONF), institution fédérale, s’est taillé une réputation mondiale dans le secteur de l’animation, notamment avec Crac ! (1982) et L’homme qui plantait des arbres (1987) de Frédéric Back (qui recevra dans sa carrière deux fois l’Oscar du meilleur film d’animation). When the Day Breaks de Wendy Tilbyobtient à Cannes la Palme d’or 1999 du meilleur court-métrage. L’ONF possède également une importante collection de documentaires et de films de « cinéma-vérité », qu’illustre l’œuvre de Pierre Perrault ( Un pays sans bon sens , 1970) et de Michel Brault ( The Moontrap , 1964 ; Les Ordres , 1974).

Le Canada produit environ 40 grands films par an avec un budget minimum de 3,5 millions de dollars. Près de 40 % des films en langue anglaise et 80 % des films en langue française sont financés par le gouvernement.

Metteurs en scène et acteurs

Le metteur en scène Claude Jutra est connu internationalement depuis Mon oncle Antoine (1971) et Kamouraska (1973). Denys Arcand a su captiver Américains et Européens avec Le Déclin de l’empire américain (1986) Jésus de Montréal (1989, sélectionné à Cannes et à Hollywood) et Les Invasions barbares (2002, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004). La façon dont David Cronenberg (considéré comme un ennemi public et vilipendé un jour par le Parlement) traite ses sujets noirs déroute le public, de Scanners (1981) à La Mouche (1986), Crash (1996), Spider (2002) ou Une histoire de violence (2005). Le cinéma d’ Atom Egoyan (installé à Toronto) relève davantage de l’art que de l’industrie ; De beaux lendemains (1997) lui a donné l’occasion de jouer dans des films américains plus commerciaux et Ararat a obtenu la Palme d’or à Cannes en 2002. The Statement (2004) est la plus récente des œuvres primées de Norman Jewison : The Russians­ Are Coming (1966), Un violon sur le toit (1971) et Moonstruck (1987). Sans oublier que James Cameron­ , illustre metteur en scène de Titanic (1997), a également tourné des films de science-fiction : Terminator (1984), Aliens (1986) et Terminator 2 (1991). Men with Brooms (2002), qui marque les débuts de Paul Gross dans la mise en scène, est le film canadien de langue anglaise le plus rentable de ces vingt dernières années. Les nombreux prix reçus par Gary Burn pour son Waydowntown (2002) font suite au succès critique remporté par Kitchen Party (1998).

Parmi les acteurs canadiens connus internationalement, citons Jim Carrey qui a joué dans des films comiques tels que Mask , Ace Ventura ou Truman Show et Michael J. Fox dans Retour vers le futur et les séries Family Ties et Spin City . La pulpeuse actrice Pamela Anderson célèbre dans Alerte à Malibu a plus d’une fois défrayé la chronique !

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