MICHELIN Voyage Découvrez le monde avec LeGuideVert
Accueil > > > > > Religions Cuba

Partir à Cuba

Où Dormir ?

Voir les 1 Hôtels Cuba

Boutique en ligne MICHELIN

Voir toute la collection Guide Vert

Religions

Agrandir la carte

Religions

Cuba est un pays laïc qui reconnaît la liberté de culte . Cependant, les diverses religions présentes sur l’île ont longtemps été reléguées au second plan par la Révolution. Depuis quelques années, on assiste à des tentatives de récon­ciliation entre l’État et l’Église. À ce titre, le quatrième Congrès du Parti communiste, en 1991, a autorisé à nouveau la pratique d’un culte par ses membres. En cette période de difficultés économiques, le gouvernement semble admettre que la religion puisse apporter un certain réconfort à la ­population.


Le catholicisme

Après quatre siècles de colonisation espagnole, le catholicisme était naturellement la religion dominante à Cuba, bien que régulièrement pratiquée par seulement 10 % de la population à la veille de la Révolution.

Dès l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir, l’Église ne voit pas d’un œil favorable la reprise des relations diplomatiques avec l’URSS, le communisme étant incompatible avec l’Église. Certains membres du clergé s’engagent dans des activités contre-révolutionnaires­, et des prises de position contre la politique du nouveau gouvernement conduisent à des vagues d’arrestations, des fermetures d’églises, des expulsions du pays ainsi que des départs volontaires. Bien que les relations entre l’Église et l’État n’aient jamais été officiellement interrompues, les pratiquants ne pouvaient être membres du Parti communiste et se voyaient automatiquement écartés de certaines fonctions.

À l’heure actuelle, l’Église n’a toujours pas accès aux médias et aucun enseigne­ment religieux ne peut être dispensé. Cependant, les signes de détente se multiplient depuis l’autorisation de l’importation de 30 000 bibles en 1988, puis la venue à Cuba d’hommes d’Église étrangers. Le 19 novembre 1996, Fidel Castro a été reçu par le pape Jean-Paul II au Vatican. Le nombre de publications catholiques a par la suite considérablement augmenté et la célébration d’une grand-messe en plein air a été autorisée sur le parvis de la cathédrale de La Havane­, en juin 1997. La visite du Saint-Père sur l’île en janvier 1998 a été un événement majeur de l’histoire de l’île ces dernières années.

En marge de la religion catholique, Cuba compte environ 100 000 protestants­ , issus de la présence nord-américaine au début du siècle, ainsi qu’une petite ­ communauté juive .


La santería

Dans le salon d’un vieil homme, le portrait de la Virgen de Regla surmonte un autel chargé de cierges, de poupées, de fleurs, de statuettes de saints, d’images pieuses. Au pied d’un ceiba , une mère de famille dépose des offrandes pour attirer sur sa maison les bonnes grâces des esprits. Au milieu d’une foule bigarrée se détache une silhouette toute de blanc vêtue dont le costume immaculé, symbole de pureté, est égayé par des rangées de colliers de perles de couleur. Leur point commun : la santería­ .

Les origines

Proche du vaudou haïtien ou du candomblé brésilien, la santería (culte des divinités) – terme générique pour désigner l’ensemble des cultes afro-cubains – fait généralement référence à la Regla de Ocha , la religion yoruba (Sud-Ouest du Nigeria).

Dès leur arrivée à Cuba, les esclaves africains étaient aussitôt christianisés par les Espagnols. Ils parvinrent cependant à préserver leurs rites, en dissimulant leurs ­divinités africaines derrière les saints catholiques. Grâce à un jeu subtil de correspondances entre les deux religions, la santería est née de l’union du culte des dieux africains et du catho­licisme. La frontière entre les deux religions est parfois ténue : dans un même lieu de culte, les fidèles adressent indifféremment leurs prières aux saints catholiques ou aux divinités africaines correspondantes.

Discrète pendant les premières années de la Révolution, la santería revient en force, surtout depuis la fin des années 1980. Les autorités ne peuvent que reconnaître l’importance d’une religion qui touche ­désormais toutes les couches de la société. Le roi des Yorubas a été reçu officiellement par Fidel Castro à La Havane en juin 1987.

Depuis la crise économique que traverse Cuba, la santería connaît un engouement sans pareil. Proche du quotidien, elle apporte des solutions aux multiples problèmes rencontrés en ces temps troublés ; retrouver un travail, faire revenir l’être aimé, recouvrer la santé, se débarrasser des mauvais esprits, tenir la police éloi-gnée, etc.

Ce domaine n’a pas été épargné par la fièvre du dollar comme en témoignent les cérémonies organisées pour les touristes, afin de faire entrer des devises dans les caisses de l’État par l’intermédiaire des diplobabalaos (néologisme signifiant littéralement « prêtres pour diplomates »).

Le panthéon yoruba

Sur les 400 orishas (divinités) yorubas, les Cubains en honorent une vingtaine. Il existe des équivalences entre chaque dieu africain et un ou plusieurs saints catholiques. À chaque orisha sont associés des couleurs, des facultés, des traits de caractère, des attributs déterminés par la mythologie yoruba.

Les participants aux cérémonies commencent toujours par invoquer Eleguá (saint Antoine de Padoue), le maître des chemins de la vie, désigné par le dieu suprême Olofi pour être son intermédiaire. Ses couleurs sont le rouge et le noir. L’une des divinités les plus importantes de la mythologie yoruba est Ochún (Vierge de la Charité du Cuivre), patronne de Cuba. Déesse de la sensualité, de la maternité, des eaux douces et de l’or, elle est symbolisée par la couleur jaune. Elle épousa Orula (saint François d’Assise), devin de son état, exerçant son pouvoir grâce à l’Ékuele (collier magique). La déesse de la sensualité ne se contenta pas de son vieux mari, et l’on compte parmi ses nombreux amants le terrible Changó (sainte Barbe ou Santa Barbara en espagnol). Dieu du tonnerre, des éclairs, de la guerre et des tambours, il est souvent représenté en rouge et blanc, portant un sceptre terminé par une hache à deux têtes. Son frère, Oggún (saint Pierre), dieu des métaux, de la force et de la virilité, fait également partie des divinités guerrières yorubas.

Yemayá (Vierge noire de Regla), patronne de La Havane, fait l’objet d’un culte important chez les Cubains. Elle constitue en quelque sorte l’homologue d’Ochún. Vêtue de bleu, la déesse des eaux salées est à l’origine de la création du monde. Citons également l’ orisha de plus haut rang en la personne ­d’ Obbatalá (Notre-Dame des Grâces). Vêtue d’un manteau blanc, cette divinité symbolise la paix, l’intelligence, l’harmonie et l’équilibre. Tête pensante de la religion, c’est elle qui fait régner l’ordre entre tous les orishas .

Babalaos et santeros

Environ 10 000 babalaos (la plus haute autorité religieuse), assistés de babalochas (hommes) et d’ iyalochas (femmes), officient à Cuba. Médecins de l’âme et du corps, ils utilisent l’art divinatoire et la magie pour apporter une solution aux personnes qui les consultent. Initié aux secrets d’Orula, le babalao peut interpréter les oracles grâce à des cauris (coquillages), des obbis (noix de coco) ou un Ékuele (collier), qu’il lance sur un tablero de Ifá (plateau en bois ou natte).

Ce même système divinatoire permet également au babalao d’attribuer un patron à certains fidèles qui deviendront alors santeros (initiés) à l’issue d’un rite initiatique. Pour devenir santero , une personne doit au préalable posséder des dispositions spirituelles pour vivre en accord avec les valeurs fondamentales de la santería – reposant sur la communion entre l’homme et la nature, le culte des divinités et des ancêtres – puis être « parrainée ». Hommes et femmes peuvent être santero , alors que la fonction de babalao est exclusivement masculine.

Une fois que le babalao a désigné l’ orisha du futur initié, ce dernier devra alors, pour se purifier, se vêtir de blanc de la tête aux pieds pendant un an – tenue obligatoire avec des aménagements possibles pour les professions qui nécessitent le port d’un uniforme­ !

Les cérémonies

À l’issue de cette période est organisée la cérémonie initiatique , au cours de laquelle l’ orisha va « entrer dans la tête » de l’initié. Des offrandes – fruits, légumes, herbes – sont dédiées aux divinités ; des poules, des colombes blanches ou des chèvres sont sacrifiées. Porté par le rythme des tambours et des chants rituels en yoruba, le futur initié entre peu à peu en transe, signe que l’ orisha prend possession de son corps. Les danses et les costumes correspondent chacun à une divinité appelée.

Chaque année, le santero organise une cérémonie en l’honneur de son orisha à la date anniversaire de son initiation.

Le calendrier

Certaines dates du calendrier chrétien revêtent une importance particulière pour les adeptes de la santería . Le 8 septembre (jour de la Nativité de Notre-Dame) connaît d’immenses rassemblements en deux endroits de l’île. Ceux qui se trouvent à La Havane pourront assister à la procession en hommage à Yemayá dans le quartier de Regla. Le même jour, dans l’Est, des Cubains affluent de toute part pour se rendre au pèlerinage de la basilique de la Caridad del Cobre en l’honneur d’ Ochún .

Le 17 décembre , un nombre croissant de fidèles effectuent un véritable chemin de croix – sur les genoux, boulets aux pieds – pour rejoindre l’église de San Lázaro del Rincón, un village au sud-ouest de l’aéroport de La Havane, pour honorer Babalú-Ayé (saint Lazare), le dieu des maladies.

Autres cultes

Il existe d’autres cultes afro-cubains comme la Regla de Palo Monte , religion animiste importée par les tribus bantoues (Sud de l’Angola), ou le Ñañiguismo pratiquée par la société secrète Abakuá , originaire de la région de Calabar (actuels Nigeria et Cameroun). Cette confrérie, dont les membres sont exclusivement des hommes, fut d’abord une société d’entraide entre esclaves, puis s’est ouverte aux Blancs au milieu du 19e s. Elle était essentiellement concentrée dans les ports de La Havane, Matanzas et Cárdenas. À l’issue de son rite initiatique, le ñañigo , qui est tenu à un code d’honneur très strict, se doit d’aider moralement et économiquement ses ekobios (frères), de pratiquer le culte des ancêtres et d’honorer Ekue, la voix du dieu suprême Abasí.

Haut de page