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Arts et traditions populaires

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Arts et traditions populaires

Dans toute l’Espagne méditerranéenne, les traditions sont restées bien vivantes et l’on participe intensément aux fêtes, qui surprennent par leur variété et leur originalité. Aux fêtes religieuses, patronales ou héritées des rites païens, s’ajoutent des coutumes ancestrales de danses et de chants, ainsi que des traditions culinaires et viticoles d’une grande richesse.


Un pays de fêtes et de traditions

Toutes les villes et tous les villages espagnols célèbrent, avec plus ou moins d’exubérance, leur plus importante fête en l’honneur du saint patron de la localité. Ces fêtes ont généralement lieu en été. Les habitants du village, mais aussi ceux des villages voisins venus profiter du spectacle y participent. C’est en effet l’occasion de danser jusqu’à l’aube, de contempler les processions, les corridas, de se divertir dans les foires.

Les « romerías »

Ce sont des pèlerinages à un sanctuaire ou à un ermitage isolé où l’on se rend en procession, groupés par confréries, par quartiers ou par villages. De nombreux pèlerins revêtent le costume régional et scandent leur marche de chants folkloriques. C’est l’occasion de se retrouver, de déjeuner sur l’herbe, de danser.

L’Assomption

Patronne de nombreux villages et villes, la Vierge est célébrée avec une ferveur particulière dans tout le pays. Le 15 août, l’Assomption donne lieu à des festivités aux formes très variées, qui s’inscrivent généralement dans des traditions très anciennes. L’une des plus originales manifestations de cette ferveur populaire s’observe dans la ville d’Elche, qui, depuis le Moyen Âge, célèbre la mort et l’Assomption de la Vierge au cours d’un drame sacré lyrique, le Misteri d’Elx , inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco au titre d’œuvre immatérielle.

La Semaine sainte

Les processions de la Semaine sainte, dont le caractère varie selon le tempérament de chaque région, sont une autre manifestation de cette foi catholique si profondément enracinée dans l’âme espagnole.

Dans de nombreuses localités, les gens accompagnent la Passion du Christ. La beauté des statues, qui sont pour la plupart de véritables œuvres d’art et que l’on mène en procession, la solennité des cortèges, et la ferveur des participants peuvent impressionner les croyants comme les non-croyants. C’est le cas notamment à Murcie , lorsque les pasos de Salzillo (groupes sculptés du 18 e s.) sont sortis en procession. À Lorca (région de Murcie), la Semaine sainte atteint des sommets de solennité et les festivités s’étirent sur dix jours, rythmées par des processions d’une grande beauté (chars ornés et costumes brodés).

Les fêtes de Noël

Les fêtes de Noël sont les fêtes familiales par excellence. Les cadeaux traditionnels sont les cestas de Navidad, grandes corbeilles d’osier, souvent à plusieurs étages, garnies de bouteilles, de jambons et de dragées, de turrón (nougat ou touron) et de massepain. Une autre tradition est le défilé des Rois mages le soir du 5 janvier. Ils parcourent la ville distribuant des sourires et des bonbons.


La corrida

Moins représentée dans les régions de l’Espagne méditerranéenne qu’en Andalousie ou en Castille, la corrida n’en conserve pas moins une place principale dans la culture espagnole.

Tauromachie

La lutte contre le taureau s’est pratiquée à cheval du Moyen Âge au 18 e s. Elle devint alors un spectacle populaire qui se pratiquait à pied. Les règles de la tauromachie actuelle furent élaborées au cours des 18 e et 19 e s. par la famille Romero , les toreros Costillares , Francisco Montes « Paquiro » et Juan Belmonte (1892-1962). Pepe Hillo (1754-1801) crée le style sévillan, spontané et gracieux, qui s’oppose à celui de Ronda grave et sobre. Après lui vinrent les Cordouans : Lagartijo (1841-1900), Guerrita (1862-1941), Joselito (1895-1920), Manolete (1917-1947) et El Cordobés . Aujourd’hui le jeune José Tomás est en train de devenir une figure mythique.

Les élevages – Les taureaux de combat sont élevés en quasi liberté sur d’immenses propriétés d’Andalousie et de Castille. Leur aptitude au combat est étudiée lors de la « tienta » , épreuve de bravoure que l’on fait subir à des taureaux d’environ 2 ans. Chaque élevage acquiert ses qualités propres qu’analysent les connaisseurs (aficionados) .

Le déroulement d’une corrida

La corrida a lieu à 17h et comporte la mise à mort de six taureaux (4 ans, 450 kg) répartis entre trois matadors. La course commence, au son des paso doble, par le paseo (défilé) des toreros (combattants de l’arène) précédés de deux alguazils (serviteurs du président de la course) à cheval et en costume du 17 e s. Les trois matadors , dans leur habit de lumière, marchent en tête de leur cuadrilla (équipe). Chaque combat, ou lidia , comprend trois tercios , actes soulignés par des sonneries de trompes, où l’homme doit progressivement assurer sa domination sur l’animal.

1 er acte : réception et étude du taureau – À l’aide de la cape, les péons attirent la bête. Puis le matador intervient et jouant de sa vaste cape rose fait virevolter l’animal pour étudier son comportement. Cet exercice comprend plusieurs figures dont la fameuse « véronique ». Ensuite les picadors, montés sur leurs chevaux caparaçonnés, attendent, le fer en arrêt, la charge du taureau pour lui planter leur lance dans le garrot, nœud de muscles qui domine les épaules.

2 e acte : les banderilles – Pour permettre à l’animal de reprendre son souffle et l’exciter, les banderilleros lui plantent dans le garrot les banderilles, bâtons enrubannés terminés en harpon, tout en esquivant prestement ses cornes.

3 e acte : la mise à mort – C’est le travail à la muleta , pièce de serge rouge écarlate tendue sur un bâton, plus petite que la cape. Après avoir salué le président et dédié la bête à une personnalité ou à la foule, le torero, l’épée dans la main droite, attire avec la muleta le taureau par des passes dont l’élégance ou la témérité peuvent lui valoir le triomphe. Finalement, c’est l’estocade ; le taureau s’immobilise et le matador, l’épée droite, s’avance, vise entre les omoplates et frappe, son corps frôlant la corne droite de l’animal fasciné par la muleta . Si le matador a bien combattu, il reçoit en récompense une oreille, voire deux, et parfois la queue de l’animal.

Autres formes de courses – Les capeas sont des fêtes populaires où les jeunes amateurs s’essayent sur la place du village.

Les novilladas voient s’affronter les novillos , jeunes taureaux de 3 ans, et les apprentis toreros, les novilleros .

Le « rejoneador » , lui, torée à cheval, en respectant les trois actes de la corrida.


Le pèlerinage de St-Jacques

Datant de presque un millénaire, le pèlerinage sur le chemin de St-Jacques-de-Compostelle a profondément marqué tout le nord de la Castille et León.

L’histoire

L’apôtre

Selon la légende, l’apôtre Jacques serait venu évangéliser l’Espagne. De retour en Palestine, il fut décapité et son corps, transporté par deux de ses disciples, aurait échoué sur la côte de Galice. Il aurait alors été enterré à Compostelle. Lors de la reconquête de l’Espagne, Jacques serait apparu dans un combat sur un cheval blanc, terrassant les Maures, d’où son surnom de Matamore (de matar : tuer et moros : maures). Sanctifié, l’apôtre devint le patron des chrétiens, symbole de la Reconquête.

Le chemin de la foi

Au Moyen Âge, le tombeau de saint Jacques le Majeur attire en Espagne une foule considérable de pèlerins. La dévotion envers « Monsieur saint Jacques » est si vivante que Santiago (Compostelle) devient un lieu de rassemblement exceptionnel. Depuis le premier pèlerinage français accompli par l’évêque du Puy en 951, des millions de jacquets, jacquots ou jacobits, ont pris la route pour aller vénérer les reliques de l’apôtre à partir des villes de regroupement que constituaient pour l’Europe entière Paris, Vézelay, Le Puy, Autun et Arles.

Une organisation très complète d’ hospices facilitait le voyage et pourvoyait, le long des principaux itinéraires, à l’hébergement des pèlerins et à leur bonne santé spirituelle. Les itinéraires convergeaient en Basse-Navarre avant le franchissement des Pyrénées, opérant leur jonction à Ostabat. St-Jean-Pied-de-Port représentait la dernière étape avant l’ascension vers le col frontière. Les pèlerins gagnaient Roncevaux par la route des hauteurs, section de l’ancienne voie romaine de Bordeaux à Astorga. Chaque pèlerin portait une croix de feuillage. Au terme de la première escalade, au col de Cize (Ibañeta), près de la « Croix de Charles », le jacquet priait, chantait et plantait sa croix.

Le pèlerin

Au Moyen Âge, la pratique des grands pèlerinages fit du pèlerin un personnage familier des villages qui ponctuaient le chemin. Il était accueilli avec respect, voire enthousiasme, car il contribuait à la vitalité du commerce local. Son costume ressemblait à celui des voyageurs de l’époque : une vaste cape et un mantelet court (esclavine), une panetière (musette), une gourde, un couvert et une écuelle. Il était aussi équipé d’un coffret en tôle contenant les papiers et les sauf-conduits, d’un gros bâton à crosse (bourdon) et des insignes du pèlerinage : coquille et médaille. Les confréries de St-Jacques avaient leur chapelle particulière dans les églises ; elles constituaient des fraternités (frairies) et conservaient les comptes-rendus de voyage.

Au cours des siècles, la foi des jacquets s’est émoussée. Lucre et brigandage rassemblaient des bandes de « coquillards », faux pèlerins, dont fit partie le poète François Villon . Avec les guerres de Religion, le protestantisme et le jansénisme, les mentalités changèrent et la méfiance populaire voyait volontiers sous la pèlerine un aventurier ou un escroc. Si au 16 e s., les pérégrinations se raréfient, au 18 e s., quiconque voulait se rendre à St-Jacques-de-Compostelle devait se munir d’un extrait de baptême légalisé par l’autorité de police, d’une lettre de recommandation de son curé, légalisée, et d’un formulaire, dûment rempli, de son évêque.

Le renouveau

Le pèlerinage de Compostelle connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Au 21 e s., les pèlerins prennent la route pour toutes sortes de raisons : démarche mystique, envie de culture historique, simple désir de randonnée. Ils partent avec le livret du pèlerin, « la credencial » en espagnol, qu’ils font tamponner à chaque étape. Arrivés à St-Jacques-de-Compostelle, ils peuvent se rendre à la maison du pèlerin et là obtenir le diplôme de la Compostela (il faut avoir parcouru au moins 100 km à pied pour l’obtenir).

Plusieurs itinéraires convergent vers St-Jacques :

Côté français

Partis de Paris, Vézelay, Le Puy, Autun et Arles, les itinéraires convergent en Basse-Navarre, à Ostabat, avant d’atteindre St-Jean-Pied-de-Port. Aujourd’hui encore, les pèlerins gagnent Roncevaux par la route des hauteurs. Certains portent encore une croix de feuillage pour la planter près de la « Croix de Charles », au col de Cize (Ibañeta).

En Espagne

Là aussi plusieurs itinéraires sont possibles. Celui des Asturies a souffert de sa mauvaise réputation, au 15 e s., suite aux incursions côtières barbaresques. Il est encore aujourd’hui le moins fréquenté. Le plus connu et le plus emprunté est le « Camino Francés » (Chemin des Français). Débutant au Somport et à Roncevaux, il est jalonné d’églises et de monastères. Ceux qui viennent du Somport passent par l’Aragon à Santa Cruz de la Séros, San Juan de la Peña, le monastère de Leyre et Sangüesa avant de rejoindre Puente-la-Reina. Le trajet est plus court pour ceux qui partent de Roncevaux, car l’unique et grande étape avant Puente-la-Reina est Pampelune.

Le trajet fait environ 800 km et il faut compter un bon mois pour parvenir à St-Jacques-de-Compostelle.

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