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La région aujourd’hui

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La région aujourd’hui

Riche de ses traditions, la région l’est aussi de ses différences qui ne s’atténuent guère avec le temps. Comment comparer l’ambiance de St-Jean-de-Luz à celle de Bilbao, le statut de la Navarre à celui du Pays basque français, le développement industriel d’Euskadi et le choix du tourisme vert du Labourd à la Soule Le principal lien reste la langue mais aussi cet art de vivre, de chanter, de faire la fête, de profiter des trésors gastronomiques de ces belles régions.


La vie culturelle aujourd’hui

Une intense activité culturelle se développe tout au long de l’année au Pays basque et en Navarre, même si l’été reste la saison la plus riche. Les manifestations sont tellement nombreuses qu’il serait impossible d’en faire ici un rapport exhaustif. Nous en présenterons donc à grands traits les principaux aspects.

Aux fondements, la langue basque

La langue basque, l’Euskara, est à la base de l’originalité de la culture basque. C’est pour cela que de nombreuses associations qui défendent cette langue sont à l’origine de nombreux événements festifs tout au long de l’année.

Le bertsu

Le bertsolarisme est une exception culturelle basque pas forcément très accessible aux touristes qui ne connaissent pas la langue : il s’agit en effet d’un chant versifié et improvisé en langue basque, dont les règles sont strictes. Selon le bertsolari biscayen Amuriza, le bertsu est le « sport national des mots ». Les écoles de bertsu ont fleuri partout en Pays basque ces dernières années, après une phase de désaffection.

Outre de nombreux tournois, tous les quatre ans, un concours général rassemble les meilleurs versificateurs des quatre coins de la région. La finale, télévisée, se déroule au vélodrome de St-Sébastien, et le vainqueur se voit remettre solennellement la txapela (béret).

Longtemps marqué par la ruralité, l’art du bertsolarisme est aujourd’hui porté par des jeunes générations très prometteuses.

Le chant, sous toutes ses formes

Très encadré en Espagne où les chorales sont nombreuses, le chant l’est de plus en plus en France, même s’il est encore fréquent d’entrer dans un bar où la sonorisation a été coupée pour laisser chanter à tue-tête les clients, toutes générations confondues.

La danse

Le répertoire de danses traditionnelles est extrêmement riche ; chaque vallée, chaque village parfois, a ses danses propres.

Du paloteado (danse avec bâtons) d’Ochagavía/Otsagabia aux couleurs de la mascarade souletine, en passant par l’ inguruntxo mixte dansé au rythme des castagnettes, le zortziko guipúzcoan dansé uniquement par des garçons, ou le kaskarotak féminin du Labourd, il est impossible de faire l’inventaire de toutes les danses existantes et de leurs variantes locales.

Les danseurs de toute la région se retrouvent régulièrement lors du Dantzari Eguna , journée en l’honneur de la danse. Chaque année, les enfants des écoles de danse du Pays basque français se rencontrent également lors du Dantzari Ttiki ou du Dantzari Gazte (pour adolescents).

Le théâtre en difficulté

Le théâtre populaire est un peu en perdition au Pays basque. Si elle résiste encore au nord, la grande tradition des tobera , théâtre joué sur la place publique où l’on dénonçait les problèmes du village, est en voie d’extinction. Quelques auteurs présentent encore leurs pièces, mais ils sont de moins en moins nombreux.

C’est en Soule que la pastorale (forme théâtrale très codifiée héritée du Moyen Âge, où bons et mauvais s’affrontent) connaît un regain d’intérêt depuis les années 1970. Les représentations, qui durent plusieurs heures, attirent des milliers d’amateurs chaque année en été dans une commune différente.

De nombreuses fêtes

La fête, un art de vivre en Pays basque et en Navarre, est parfois victime de son succès. Les fêtes patronales se succèdent toute l’année et s’intensifient l’été. Chants, danses, concours sportifs, txaranga (ensembles instrumentaux appelés aussi bandas ou peñas ), rien ne manque pour que les festivités soient réussies.

Bien entendu, rares sont ces festivités où le taureau ne tient pas une place de choix : de façon solennelle lors des corridas, plus ludique lors des courses landaises (au nord) auxquelles répondent les concours de recortadores au sud des Pyrénées. Et l’on n’hésite pas à se mesurer à l’animal roi lors des courses de vachette, quand on ne préfère pas vaincre sa peur en participant aux encierros de Pampelune, de Tudela ou d’ailleurs.

Fêtes locales

Chaque ville, chaque village, chaque quartier défend son originalité, même si, depuis aujourd’hui, certaines fêtes sont en voie de « pampelunisation ».

La renommée internationale des Sanfermines (fêtes de Pampelune) n’est plus à démontrer : des milliers de personnes se pressent chaque année dans la capitale navarraise pour huit jours de liesse, début juillet.

Les fêtes de Bayonne (ville jumelée avec Pampelune) attirent également la grande foule début août. Les couleurs rouge et blanche de Pampelune ont d’ailleurs été adoptées depuis des années par les Bayonnais… ainsi que par les villages voisins, au détriment parfois de l’ancienne « façon de faire la fête » du monde rural…

Certaines fêtes sont inaugurées par les personnages populaires. Ainsi Célédon , reconnaissable à sa blouse et à son parapluie, descend du clocher de l’église pour lancer les festivités de la Virgen Blanca à Vitoria-Gasteiz . À Bilbao , c’est Marijaia , une géante aux bras levés, qui inaugure la Semana Grande (Aste Nagusia) .

On compte aussi de nombreuses fêtes thématiques : carnavals à la fin de l’hiver, foires diverses, tamborradas ou alardes (défilés) à Irún, Fontarabie et St-Sébastien… tout, en Pays basque et en Navarre, est une occasion pour faire la fête.

Fêtes religieuses

Difficile de passer sous silence les nombreuses fêtes religieuses qui marquent le calendrier, surtout côté espagnol. L’excentricité des carnavals précède les solennités de la Semaine sainte qui peuvent être impressionnantes comme à Balmaseda ou Durango. D’autres manifestations traditionnelles sont réputées comme la procession du Corpus Christi ou Fête-Dieu (très beaux masques et danses) à Oñati, les fêtes de la Virgen del Carmen sur la Côte de Biscaye, la fête de saint Ignace (Azpeitia, Getxo), où le profane se mêle sans complexe au sacré.

Musique, festivals

Les instruments de musique traditionnels tels la gaïta , le txistu , la txirula , l’ alboka ou la txalaparta sont de tous les événements. Mais il existe aussi des festivals internationaux qui dépassent le cadre de l’expression culturelle basque. Ainsi, entre la fin juin et la mi-juillet, les festivals de jazz de Getxo (Biscaye), Saint-Sébastien et Vitoria attirent les mélomanes de toute l’Europe.

Vitoria dispose également de son festival de rock Azkena, qui a déjà accueilli des géants tels Iggy Pop ou les Pogues.

Enfin, le septième art n’est pas en reste avec le Festival de cinéma de St-Sébastien. De son côté, Biarritz organisera en 2011 son 20 e Festival de cinéma et culture d’Amérique latine.


Sports et jeux

La pelote basque

Chaque village possède son fronton ou son trinquet, où des parties de pelote ont lieu régulièrement. C’est un véritable sport régional, reconnu par le ministère de la Jeunesse et des Sports côté français. Vous pouvez tout aussi bien vous y initier qu’encourager les bons joueurs. En été , il est facile d’assister à un match.

Héritière de la pila pratiquée par les Romains, la pelote a connu bien des évolutions, surtout avec l’arrivée du caoutchouc au 19 e s.

Alliant la rapidité au coup d’œil, l’intelligence stratégique à la finesse, la pelote, si elle n’est pas vraiment née au Pays basque, y est devenue une véritable institution au point d’être une référence en France et dans le monde. La pelote basque se pratique en effet dans les onze ligues françaises mais aussi beaucoup en Amérique latine. Les règles du jeu et les compétitions internationales (notamment les Championnats du monde qui ont lieu tous les quatre ans) sont régies par la Federación Internacional de Pelota Vasca (FIPV, c/ Bernardino Tirapu, Pamplona, www.fipv.net) reconnue par le Comité international olympique, et qui regroupe 27 fédérations nationales… mais la pelote n’est plus, depuis les J O, de Paris en 1900, un sport olympique, encore qu’elle ait été invitée aux Jeux en certaines occasions comme sport de démonstration.

Principaux éléments

On reconnaît quatre types de terrains différents, chacun accueillant un certain nombre de spécialités. De forme très caractéristique, le « fronton place libre » , se retrouve sur les places de villages. Le mur, ou frontis , s’élève jusqu’à 10 m de haut pour 16 m de large. L’aire de jeu, ou cancha , peut atteindre 120 m de long.

Souvent couvert, le « mur à gauche », ou « fronton 36 m », se distingue du précédent par la présence de murs sur la gauche et au fond.

Salle à quatre murs, complètement fermée, le trinquet a quelques spécificités : le xilo , un trou à droite sur le mur de face (à 1,20 m du sol), un toit incliné (sur la gauche et au fond), un filet…

L’équipement

La tenue – Traditionnellement, elle est constituée de tennis, d’un pantalon et d’une chemisette de couleur blanche. Seule tache de couleur, la ceinture, ou cinta , permet d’identifier les équipes. En pratique, et pour le haut niveau, la ceinture est abandonnée et les chemises sont de différentes couleurs, tandis qu’un casque est désormais de rigueur pour les spécialités pratiquées en intérieur avec une pelote de cuir.

Gants et raquettes – Même si la « main nue » est à l’origine de ce jeu, gants et raquettes ont fait leur apparition et déterminent différents types de spécialités. Le chistera est une prolongation du gant par une sorte de gouttière courbe en osier. Le rebot est une variante plus petite, tandis que la pala est une raquette en bois massif qui peut prendre différentes tailles et formes.

La pelote – Plus grosse qu’une balle de tennis, elle doit allier la dureté à l’élasticité. Elle comporte un noyau de caoutchouc serré et moulé, enrobé de coton et protégé d’une ou deux épaisseurs de cuir. Elle pèse un peu plus de 100 g et peut atteindre une vitesse de 300 km/h.

La pelote de gomme creuse est de plus en plus utilisée.

Les spécialités

Difficile, pour le profane, de s’y retrouver dans les quelque 22 spécialités dont nous ne présentons ici que les plus célèbres. Dans les grandes parties, les pelotaris , en chemise et pantalon blancs, se distinguent par la couleur de leur ceinture, bleue ou rouge. Ils bondissent d’un bout à l’autre de la piste et renvoient la balle d’un puissant moulinet de bras. Le txatxaria (crieur) chante les points d’une voix sonore.

Le grand chistera – Depuis 1900, la formule la plus appréciée des touristes est le jeu au grand chistera, qui ne se pratique qu’en France. Ce « grand jeu », très rapide, à deux équipes de trois joueurs, fut popularisé par les prouesses de Joseph Apesteguy (1881-1950), devenu célèbre sous le nom de Chiquito de Cambo. La pelote, lancée contre le mur du fronton, est reprise de volée, ou après un premier rebond, à l’intérieur des limites tracées sur le terrain.

La cesta punta – Cette variante du jeu de chistera est aussi spectaculaire qu’athlétique, d’où son succès actuel. Elle se joue sur le jaï-alaï et le but se marque sur le « mur à gauche », entre deux des lignes verticales numérotées.

Et autres variantes… – Les connaisseurs basques préfèrent d’autres jeux, plus anciens et plus subtils : le « jeu net » (joko-garbi) au petit gant (chistera de petit format), le jeu à main nue. Le jeu de rebot se joue à deux équipes se faisant face. Pour engager le point, le buteur fait rebondir la pelote sur un billot et la lance à la volée, vers le mur, dans le camp adverse.

On retrouve dans les jeux en trinquet, pratiqués en salle, le cadre des anciens jeux de paume. La pelote est lancée à main nue , avec une palette de bois ( paleta , de plus en plus utilisée) ou la raquette argentine (jeu de xare ). Dans le jeu de pasaka , pratiqué avec le gant, les murs sont utilisés comme les bandes d’un billard.

Les jeux de force

Il s’agit de mettre en concurrence des équipes de douze colosses venus défendre l’honneur de leur village. Chacun des équipiers a sa spécialité parmi huit épreuves, inspirées des activités quotidiennes à la ferme. Ces jeux animent de nombreuses fêtes locales, dont la plus connue est celle de St-Palais.

L’ orga joko (lever de la charrette) consiste à faire tourner à bout de bras une charrette de 350 kg sur son timon en faisant le plus grand nombre de tours possible, tandis que l’ aizkolari (bûcheron) doit couper à la hache des troncs de 35 à 60 cm de diamètre le plus vite possible, et que le segari (scieur de bois) scie dix troncs de 60 cm de diamètre, toujours le plus rapidement possible. Le zakulari (porteur de sac) court avec un sac de 80 kg sur les épaules.

Le lasto altxari (lever de bottes de paille) consiste à hisser à 8 m de hauteur une botte de paille de 45 kg le plus grand nombre de fois possible en deux minutes.

Pour le harri altxatzea (lever de pierres), on effectue une levée de pierres de 250 ou 300 kg le plus de fois possible. Les esneketariak (porteurs de bidons de lait) doivent parcourir la plus grande distance avec deux bidons de 40 kg.

Enfin, la soka tira (tir à la corde), épreuve reine, oppose deux équipes de huit hommes tirant chacune de son côté une corde afin que le milieu de celle-ci (marqué par un foulard noué) franchisse un repère au sol.

Courses de taureaux

Dans le moindre village, comme partout en Espagne (la Catalogne faisant seule exception), le taureau est le roi de la fête, quelle que soit la manière de l’approcher.

Universellement connues grâce à Ernest Hemingway, les corridas de la Sanfermines (St-Firmin) de Pampelune attirent la grande foule entre le 6 et le 14 juillet (réservation indispensable). Les taureaux qui combattent dans l’arène l’après-midi sont lâchés au petit matin dans la rue encadrés de bœufs dressés : c’est l’ encierro qui se déroule sur un trajet de 800 m encadré de hautes barrières. Des jeunes gens courent devant eux, templant (tempérant) la charge à l’aide d’un journal plié. Mais attention ! On ne s’improvise pas c orredor d’ encierro et les accidents, parfois graves, affectent surtout les profanes : restez donc spectateurs, de cette course (rendue encore plus dangereuse par la foule qui se presse sur le trajet dans le seul souci de se donner des émotions fortes), que ce soit derrière les barrières fermant les issues, ou sur les gradins des arènes où la course se termine.

Les vrais aficionados ne manquent sous aucun prétexte les corridas générales de Bilbao (une semaine autour du 15 août), un des sommets de la saison taurine espagnole. Tout aussi courues, les corridas de Bayonne (les week-ends de début août à début septembre) et de St-Sebastien (Semana Grande, avant le 15 août). Vous pourrez en outre (et entre autres de moindre réputation) assister aux ferias de Tudela (juillet), d’ Azpeitia (autour du 1 er août) et de Vitoria (feria de la Virgen Blanca, autour des 4-6 août).

Vous pouvez également suivre des courses landaises dans les arènes de Bayonne, écarts et sauts permettant d’esquiver les charges de la vache. Les concours de recortadores constituent un spectacle assez similaire et de plus en plus populaire en Espagne. Mais à la différence des courses landaises, le taureau sort cornes nues et n’est pas maintenu par une corde.

Pour connaître le programme détaillé des corridas de chaque feria, rendez-vous sur le site espagnol www.mundotoro.com , rubrique carteles . Les affiches sont rendues publiques environ un mois avant le début de l’événement. Vous pouvez généralement vous procurer des places à l’avance sur le site Internet de chacune des arènes ou au guichet le matin de la course.

Traînières

Comme pour les autres jeux de force, les courses de traînières ( traineras en espagnol) font revivre des gestes d’autrefois. Ces bateaux étaient autrefois utilisés pour pêcher les baleines ou pour le remorquage, à rames, des grands navires approchant des côtes. Aujourd’hui, le Kevlar et le carbone ont remplacé le bois et, au lieu de lutter pour être le premier à aborder le grand voilier (activité fort lucrative) ou revenir au plus vite au port pour vendre les poissons, les équipages (13 rameurs) se mesurent dans de mémorables courses dont la plus célèbre a lieu dans la magnifique baie de St-Sébastien, lors de la Bandera de la Concha.

Ballon ovale ou rond

Est-il besoin de rappeler que le Sud-Ouest est la patrie du rugby français D’ octobre à mai , chaque rencontre dominicale prend l’allure d’une épopée, souvent contée avec beaucoup de verve. L’équipe locale est l’objet de toutes les attentions et de discussions interminables, avivées par la subtilité des règles du jeu et les décisions de l’arbitre. En dehors des grands matchs nationaux et internationaux, vous pourrez vous procurer le calendrier des matchs d’amateurs auprès des offices de tourisme et aux adresses suivantes. Animé par de grands clubs comme ceux de Biarritz et de Bayonne, ce sport est très populaire en Pays basque. Celui-ci compte parmi ses clubs le prestigieux Biarritz Olympique . Créé en 1898, le club a pris ce nom en 1913 et a rapporté cinq fois le fameux Bouclier de Brennus (trophée attribué au champion de France) au Pays basque : 1935, 1939, 2002, 2005, 2006. Son grand rival local, l’ Aviron Bayonnais , également au Top 14, a quant à lui remporté trois fois le titre suprême (1913, 1934 et 1943), pour quatre finales perdues…

Au-delà de la frontière, c’est le football qui est le sport roi et l’ Athletic Bilbao s’enorgueillit de n’aligner que des joueurs basques. Ses duels avec la Real Sociedad de St-Sébastien sont épiques, tandis que l ’Osasuna de Pampelune défend les couleurs navarraises dans la « Liga ». Mais s’il n’y a pas de club de haut niveau au Pays basque français, celui-ci a néanmoins donné des joueurs de talent comme le Luzien Bixente Lizarazu et le Bayonnais Didier Deschamps , tous deux champions de l’équipe de France à la coupe du monde 1998.

Mus

Ce jeu de cartes, dont on trouve une première mention au 18 e s., serait originaire du Pays basque. Deux couples de joueurs s’opposent en faisant des paris ou mises, avec un décompte de points variables suivant les options choisies.

Le jeu se compose de 4 séries de 10 cartes chacune. Ce sont les ors, les coupes, les épées et les bâtons. Chaque série est constituée de trois figures (roi, cavalier, valet) et de sept cartes numérales.


Gastronomie

Le plaisir de manger

Du fait de l’abondance des produits et de leur qualité, il est facile de bien manger dans la région, que vous vous contentiez d’un simple poisson cuit à la braise sur le quai d’un petit port ou que vous préfériez vous adonner à des agapes plus formelles. Les gourmands auront du pain sur la planche et un séjour ne leur suffira pas pour découvrir et savourer l’éventail de spécialités régionales. Ces provinces ont fait de la gastronomie un art de vivre, et ce n’est sans doute pas un hasard si la région concentre de part et d’autre de la frontière une quinzaine de restaurants étoilés.

Les sociétés gastronomiques

La gastronomie est prise très au sérieux dans la région. En Espagne il existe, depuis le 19 e s., des sociétés gastronomiques. L’Euskadi en répertorie plus de 1 000, dont au moins 500 pour le seul Guipúzcoa, la palme revenant à St-Sébastien avec une centaine de sociétés, dont les plus prestigieuses et anciennes sont Gaztelubide et Euskal Billera. Jadis apanage des hommes (des sociétés féminines se sont créées plus récemment) qui se réunissaient pour faire le marché, cuisiner, se transmettre les recettes et se retrouver dans un local réservé, le txoko . Dans les plus traditionnelles de ces sociétés, un « tour de cuisine » est établi entre les membres et scrupuleusement respecté. Certes, il est douteux qu’en tant que touriste vous ayez accès à un de ces cénacles mais vous devez connaître leur existence car ils reflètent l’importance que les Basques accordent à l’art de bien manger.

Les grands chefs

La gastronomie basque a été portée au plus haut par quelques grands chefs, dont certains se sont formés au sein des sociétés gastronomiques. En voici quelques-uns :

St-Sébastien

Juan Mari Arzak et Elena – Les grands-parents de Juan Mari Arzak ont construit cette bâtisse en 1897, à la sortie de la ville, afin d’abriter une taverne-cave à vins. Ses parents prennent la suite et en font un restaurant fréquenté et réputé localement. C’est en 1966 que le jeune Juan Mari reprend l’affaire familiale et fait évoluer la cuisine traditionnelle basque en y incorporant de nouveaux éléments jusqu’à atteindre un niveau de cuisine exceptionnel et un style qui lui est propre. Reconnaissance et distinctions arrivent vite jusqu’à atteindre la consécration suprême dans le Guide Michelin en 1989. Juan Mari Arzak a été le précurseur de la nouvelle cuisine basque espagnole, ouvrant la voie à toute une génération de cuisiniers espagnols. Elena, sa fille, représentant la 4 e génération, apporte sa touche féminine et moderniste dans ses préparations personnelles. L’équipe père-fille fonctionne à merveille et est un gage de continuité dans la qualité.

Lasarte-Oria

Martín Berasategui – Certains se souviennent encore du Bodegon Alejandro, au cœur du vieux St-Sébastien, où le jeune Martín, après des stages en France et au Pays basque, bouscule les habitudes culinaires de ce restaurant tenu par sa mère et sa tante.

Martín se fait rapidement connaître ; il apporte ses idées récoltées de par le monde et revisite les recettes familiales. Il est rigoureux, travailleur et passionné, cherchant continuellement de nouveaux mariages de saveurs qui feront merveille. Il excelle aussi en pâtisserie. C’est en 1993 qu’il crée son restaurant de Lasarte et, à partir de ce moment, son ascension au firmament gastronomique sera rapide. Martín parle peu mais sait transmettre son art par l’exemple avec simplicité et gentillesse. Très enraciné dans son Pays basque, Martín Berasategui est un des cuisiniers les plus talentueux de sa génération.

Martín Berasategui, Loidi kalea 4 - (8 km de St-Sébastien) - tél: 943 366 471.

Bayonne

Jean-Claude Tellechea – La famille est installée depuis plusieurs générations au Cheval Blanc et l’actuel patron-chef Jean-Claude Tellechea y officie depuis plus de 20 ans. C’est dans cette typique maison basque, ancien relais de poste situé au cœur de la vieille ville dans le quartier du « Petit Bayonne », que l’on accueille toujours avec gentillesse et professionnalisme les nombreux habitués ainsi que les touristes de passage. Les clients se régalent d’une cuisine de terroir habilement revisitée par ce chef sympathique, passionné et modeste qui met aussi bien à l’honneur les produits de la terre que ceux de la mer. Le Cheval Blanc Une institution à Bayonne.

Bidart

Philippe Ibarboure – Philippe Ibarboure s’est « expatrié » il y a plus de 20 ans de l’affaire familiale de Guéthary, désormais reprise par son frère, pour créer son hostellerie de charme à Bidart.

Ayant longtemps œuvré avec son frère Martin, il y sert une cuisine classique élaborée qui privilégie les produits régionaux. Désormais, après un parcours dans les grandes maisons, le fils aîné a regagné le giron familial afin d’épauler son père au fourneau de cette belle demeure basque lovée dans son écrin de verdure. La pérennité de la dynastie Ibarboure semble assurée…

St-Jean-Pied-de-Port

Firmin et Philippe Arrambide – C’est dans un ancien relais de diligences au cœur de son village natal que Firmin Arrambide régale ses clients d’une cuisine basque gourmande. Il privilégie les nombreux produits régionaux qu’il adore glaner sur les marchés auprès de ses amis fournisseurs : fermiers, pêcheurs, viticulteurs ayant comme lui l’amour du pays, de ses gens, de ses richesses. La promotion du terroir et le talent du chef font merveille dans cet établissement situé sur la place centrale, face à la citadelle et à deux pas de la Nive. Chez les Arrambide, la fibre culinaire est héréditaire puisque Firmin a succédé à ses parents, installés ici en 1939, et que son fils Philippe règne désormais en maître au fourneau, tandis que le papa garde toujours un œil attentif en cuisine. Firmin Arrambide a mis son expérience au service de la profession, s’investissant beaucoup dans la formation de jeunes cuisiniers qui mettent aujourd’hui à profit les leçons apprises lors de leur passage dans les cuisines des « Pyrénées ».

Des produits très variés

Les poissons

Avec près de 200 km de côtes s’étalant depuis Bayonne jusqu’à l’estuaire du Nervión, il est normal que Labourd, Guipúzcoa et Biscaye aient tiré de la mer leurs principales ressources alimentaires. Autrefois, chaque saison apportait son poisson : au printemps, l’ anchois , à partir du 29 juin, le thon et, pendant l’hiver, la dorade , sans oublier les pêches plus lointaines qui ramenaient de Terre-Neuve la morue.

Aujourd’hui, grâce au commerce mondial ou à la congélation, on trouve de ces poissons toute l’année mais, si vous le pouvez, dégustez-les de préférence en saison, sur les nombreux ports de pêche de la côte.

La morue en risotto, en salade ou en ragoût n’en sera que meilleure. Le marmitako guipúzcoan ,ragoût à base de thon, de pommes de terre, de tomates et de poivrons en prendra plus de goût, et le ttoro , cette soupe de poissons préparée avec ail et piment à St-Jean-de-Luz, n’en aura que plus de saveur.

Fruits de mer et coquillages

Autres spécialités venues de la mer et tout aussi délectables : les chipirones , petits encornets apprêtés dans leur encre ou avec de l’huile d’olive et de l’ail sont des grands classiques que vous trouverez dans nombre de bars à tapas. En Guipúzcoa, les restaurants proposent également du crabe farci , tandis que ceux de Biscaye mettent à leur carte les palourdes d’Urdaibai et les araignées de mer .

Poissons d’eau douce

Plus à l’intérieur des terres, la truite occupe une place de choix dans les assiettes. Fraîche ou fumée, les recettes la mettant en valeur ne manquent pas.

Enfin, s’il est une spécialité aquatique incontournable et de plus en plus recherchée, c’est bien la pibale , alevin d’anguille qui remonte les cours d’eau à la recherche d’un endroit où grandir en paix. Mais la pibale se faisant rare, sa pêche est strictement réglementée aujourd’hui, ce qui en fait un mets de choix, notamment pour les fêtes. Frite dans l’huile et l’ail, elle se déguste dans une cassolette à l’aide d’une petite fourchette de bois.

Viandes et charcuterie

Outre la mer, les provinces basques et navarraises peuvent se prévaloir de vastes espaces montagneux où agneaux, veaux et porcs paissent en toute tranquillité. Leur viande se retrouve tout naturellement dans les menus des etxekoandreak (maîtresses de maison) ou des restaurants, qui vous proposeront de l’ axoa du côté d’Espelette (sorte de ragoût d’agneau ou de veau coupé en dés avec du piment), du boudin vers Laudio (Biscaye) et, partout, du jambon .

Jambons – Celui de Bayonne ne se présente plus. Côté espagnol, la gamme est très large, allant du savoureux jabugo à la viande de cochon sauvage ou de sanglier au serrano , en passant par le délicieux bellota , préparé avec de la viande de cochon ibérique (ibérico) pata negra nourri de glands et de châtaignes. Vous ne verrez pas un bar à tapas ou un restaurant sans son cuissot prêt à la coupe !

Gibier – Des deux côtés des Pyrénées, la chasse est aussi à l’honneur, offrant en saison gibiers à plume et à poil, dont les fameuses palombes , tirées à l’automne vers St-Jean-Pied-de-Port.

Fruits, légumes et épices

De par la surface importante de forêts et l’hygrométrie parfois élevée de certaines zones géographiques, les champignons sont à l’honneur dans la cuisine basque, et plus particulièrement le cèpe. Ainsi, il n’est pas une fête en Álava sans que ce mets ne figure au menu. Chanterelles, morilles, russules et girolles lui font parfois concurrence.

Rien ne manque dans le panier de la ménagère basque ou navarraise, et surtout navarraise puisque la vallée de l’Èbre constitue un véritable potager à ciel ouvert. On y produit de tout : asperges, fèves, bettes, artichauts, haricots verts, courgettes, betteraves, aubergines, petits pois, laitues, choux, poireaux oignons… Autant de produits qui entrent dans la composition des tapas, ou de plats comme la piperade, sorte de ratatouille relevée au piment avec œufs brouillés et jambon.

Certaines communes s’enorgueillissent d’une production bien particulière, comme Guernica pour le piment vert, Fontarabie pour le petit pois, Tolosa pour le haricot, Lodosa pour le piquillo , Espelette pour le piment (AOC depuis 2000) et Itxassou pour la cerise noire, dont la confiture accompagne si bien l’Ossau-Iraty. Vous ne vous déplacerez pas dans le pays sans goûter ou rapporter l’un de ces produits typiques.

Fromage

Culture pastorale oblige, les Basques et les Navarrais utilisent le lait des brebis pour produire des fromages. Le plus connu est l’Ossau-Iraty, AOC depuis 1980, produit dans les Pyrénées-Atlantiques, et plus spécifiquement aux abords de la forêt d’Iraty dont il tire son nom. Il se fabrique à partir du lait entier de brebis manech à tête noire ou rousse, brassé, moulé et pressé puis salé au gros sel et affiné au minimum trois mois. Sur le versant navarrais, le fromage de Roncal, obtenu grâce au lait entier des brebis latxa est travaillé puis salé et affiné entre les mois de décembre et juillet. Quant au délicieux fromage d’Idiazabal, il est produit à la frontière entre Navarre et Guipúzcoa. Il s’agit d’un fromage à pâte sèche, élaboré exclusivement avec du lait de brebis latxa et affiné au moins deux mois. Autre produit laitier que vous retrouverez sur les tables des deux côtés de la frontière hispano-française : le mamia , du lait caillé de brebis que l’on déguste avec du miel liquide.

Douceurs

Impossible de repartir du Pays basque sans avoir goûté à son chocolat ! Les meilleurs se dénichent à Bayonne, St-Sébastien ou Tolosa, selon une tradition remontant au 16 e s. Les amateurs de sucreries apprécieront également les vasquitos et nesquitas de Vitoria, ou les spécialités à base d’œufs et d’amandes produites par les différentes congrégations religieuses du sud des Pyrénées. Côté pâtisseries, les gourmands se régaleront des macarons de St-Jean-de-Luz, de goxua (une sorte de baba au rhum nappé de crème pâtissière et de caramel) et, bien entendu, de gâteau basque au cœur de cerise ou de crème d’amande.

Vins

Pour accompagner tous ces plats, rien ne vaut un petit verre de vin. Or, Pays basque comme Navarre ne manquent pas de références. La carte des vins offre en effet une large gamme de saveurs issues de quatre principaux vignobles.

Cru côtier – Celui du txakoli demeure le plus confidentiel avec seulement 80 ha exploités du côté de Getaria et de Bakio, sur le golfe de Biscaye. Élaboré à partir d’un cépage local, il se caractérise par une légère acidité et une mousse à peine perceptible. Normalement blanc et sec, il se déguste aussi en vin rouge dans les alentours de Bakio, devenant alors txakoli ojogallo .

Irouléguy – En taille lui succède le vignoble d’Irouléguy avec 200 ha initialement plantés par les moines de Roncevaux au 13 e s. non loin de St-Étienne-de-Baïgorry. Déclaré AOC en 1970, il produit des vins rouges exclusivement à partir de tannat ( bordelesa en basque), de cabernet franc (acheria) et de sauvignon. Les blancs s’obtiennent quant à eux à partir de courbu (xuri cerratia) et de manseng (ixiriota xuri) .

Les vins de la Rioja alavesa – La Rioja alavesa couvre de son côté quelque 8 000 ha plantés essentiellement de tempranillo , un cépage qui donne un vin rouge généralement fruité et tannique, surtout s’il est complété par du graciano et du grenache. Les plus réputés sont produits dans les environs de Labastida. Côté blanc, le vignoble d’ Álava en produit à partir de viura.

La Navarre – Enfin, avec 13 000 ha de tempranillo et de grenache, la Navarre arrive en tête des productions, en volume comme en qualité. Les navarra produits autour de Tafalla, Tudela, Olite et Estella comptent en effet aujourd’hui parmi les meilleurs vins d’Espagne.

Cidre

Ceux que le vin ne tenterait pas pourront toujours se reporter sur le cidre (sagardoa) , dont les Basques se revendiquent les premiers producteurs, avant même les Bretons et les Normands. Ils dégustaient autrefois ce breuvage acidulé et pétillant directement au tonneau, ou kupela .

Actuellement, la tradition se perd un peu, mais les cidreries ne continuent pas moins à proposer du cidre maison en hiver.

Spiritueux

En revanche, pour le patxaran ou pacharán (parfois appelé en basque basarana ), point de saison. Cette liqueur de prunelles élaborée en Navarre, qui titre à 25 °C, peut se déguster à tout moment de l’année, tout comme l’ izarra , spécialité d’Hendaye. Élaboré à partir de plantes aromatiques, de graines, d’écorces et d’Armagnac, cet alcool peut être de couleur verte (à dominante de menthe poivrée) ou jaune (à dominante d’amandes amères).

L’art du « tapeo »

Mode d’emploi

Il n’est cependant pas besoin de restaurants étoilés ou de cercles privés pour goûter au meilleur des produits basques ou navarrais, surtout au sud des Pyrénées, et plus spécialement sur la côte. Il suffit pour cela de tapear , c’est-à-dire d’aller de bar en bar en fin de journée (c’est-à-dire vers 20h côté espagnol) pour vous délecter de tapas et de pintxos accompagnés d’un verre de vin ou d’une bière. À cette heure-là, les bars sont littéralement pris d’assaut par les jeunes, les retraités, les parents et les enfants. Chacun papote tout en se servant directement au comptoir, ou en désignant au serveur toutes les préparations dont on a envie avant de récupérer l’assiette qu’il aura composée. Le plus souvent, l’addition se règle après dégustation. Le serveur liste alors les consommations. Gare à celui qui essaierait de frauder : il a bonne mémoire et se souvient toujours de ce qui a été pris !

Au final, l’endroit est aux Basques ce que le pub est aux Anglais et le café aux Français : un pilier incontournable de convivialité. La gourmandise en plus ! En la matière, la réputation de St-Sébastien est inégalable, suivie de près par Fontarabie.

Tapas ou pintxos

Aujourd’hui connues un peu partout, les tapas sont des mises en bouche, qui, au terme de votre balade, auront constitué de véritables repas. Le choix est vaste pour ne pas dire infini et va des piquillos et des olives marinées jusqu’à l’assiette de jambon à la coupe en passant par les fameuses tortillas (omelettes), les patatas bravas (pommes de terre sautées avec une mayonnaise pimentée), les chipirones ou les tranches de pain garnies de thon, de crevettes, de poivrons, de champignons ou de tout autre produit dont le cuisinier aurait eu l’idée et la fantaisie.

Si les tapas sont d’origine médiévale, les pintxos sont apparus plus récemment, sans doute dans le premier tiers du 20 e s. à St-Sébastien. Certains vont même jusqu’à préciser que c’est au bar de La Espiga de la calle San Marcial que sont apparus les premiers pintxos (ou pinchos selon la graphie espagnole). Parfois présentés comme de mini-brochettes, tartinés sur des croûtons de pain ou servis dans de petites cassolettes, il s‘agit d’une déclinaison de la tradition culinaire basque sous forme miniature. Là encore, le choix est considérable, et vous aurez peut-être la chance de tomber sur une noix de St-Jacques assaisonnée à l’ail et au pesto ou un foie gras poêlé à l’émulsion de mangue et au vinaigre balsamique, voire un marmitako ou un ttoro lilliputien.


Musique

La musique et les chants font partie intégrante de la culture, comme en témoignent les sources les plus anciennes.

Histoire

De tradition orale, ce patrimoine musical n’a toutefois été recensé et mis par écrit qu’au 19 e s. sous l’impulsion de particuliers comme Antoine d’Abbadie, et surtout le père Donostia, Resurrección María de Azkue ou Salaberry. Ces derniers ont réalisé un colossal travail de compilation en parcourant les provinces basques pour noter et répertorier chants et mélodies. Leurs travaux ont ainsi permis d’identifier des morceaux remontant au 17 e s. Le risque était que cette retranscription figeât les harmonies et les textes en leur donnant un cadre écrit. Il n’en a rien été. Dès le début, ces passionnés d’ethnologie et de musicologie ont adapté les morceaux anciens qu’ils répertoriaient, et leurs disciples et lecteurs ont pris la suite. Aujourd’hui, les bibliothèques des archevêchés et avant tout le centre d’archives d’Eresbil offrent aux chercheurs et aux artistes des sources inépuisables d’inspiration.

Instruments

La musique basque s’appuie essentiellement sur les instruments à vent et les percussions.

Les plus répandus sont le txistu , flûte à trois trous déjà représentée il y a 22 000 ans dans la grotte d’Isturitz et dont l’une des variantes régionales est par exemple la txirula en Soule.

Vient ensuite la gaïta - dulzaïna d’origine navarraise, qui malgré son nom ( gaita signifie cornemuse), s’apparenterait à un hautbois à anche double, et dont le son ressemble à celui d’une flûte arabe. Quant à l’ alboka , c’est une corne dans laquelle on souffle pour produire une note continue. Le rythme est marqué par le txalaparta , formé de deux corbeilles et de planches sur lesquelles on frappe avec des bâtons. Sa version en métal se nomme la tobera . Signalons aussi un tambour au son très sec, l’ atabal . Enfin, le trikitixa , un accordéon diatonique très apprécié des artistes contemporains, complète l’ensemble.

Chants et mélodies

Chants

Chanter est une véritable institution en Pays basque. On chante partout, pour tout, avec ou sans accompagnement, avec ou sans livret, en amateur ou en professionnel. Vecteur de culture, le chant est omniprésent, depuis les offices religieux jusqu’aux fêtes patronales. Celles-ci donnent parfois lieu à des défis entre otxote (formation à huit voix) ou entre bertsolari , ces poètes qui improvisent en public des vers chantés. Des deux côtés de la frontière, chanter est une telle institution que même pendant les parties de pelote, les points sont psalmodiés ! On ne compte plus les festivals de musique et de chant, dont les principaux sont organisés au sud des Pyrénées.

Les chants les plus anciens se reconnaissent à leur caractère modal (à l’instar du grégorien), tandis que les musiques plus récentes sont au contraire tonales, et syllabiques pour les mélodies populaires, c’est-à-dire qu’à chaque note correspond une syllabe. L’une des formes mélodiques les plus répandues, le zortziko , adopte un rythme irrégulier de 5 croches par mesure pour accompagner les danses.

Au niveau du répertoire, chaque région a développé ses propres traditions musicales, comme celle des complaintes, en Soule, mais certaines mélodies sont connues de tous. Elles correspondent généralement à des poèmes épiques. Le plus répandu est le chant de Lelo , relatant la résistance des Cantabres (supposés être les ancêtres des Basques) face aux troupes romaines conduites par Auguste. Il provient d’un manuscrit du 16e s. Celui de Beotibar nous est parvenu par des fragments de textes datant eux aussi des 16e et 17 e s. et raconte la sanglante bataille de Beotibar qui eut lieu en 1321 entre Guipúzcoans et Navarrais. Autre chant arrivé jusqu’à nous, le chant « Jeiki jeiki » fait allusion à la rivalité qui opposa marins basques et hollandais à propos des zones de pêche à la morue à la fin du 18 e s. Quant au chant d’Altabizkar , il s’inspire certes de La Chanson de Roland , mais a été écrit au 19 e s.

La Navarre a une forte tradition musicale, surtout chorale. Incontournable, la « jota navarra » est apparue, semble-t-il, au début du 19e s. Ce chant, sensiblement différent de la jota aragonaise, est un bref poème très expressif sous forme de quatrains. Raimundo Lanas (1908-1939), surnommé « le rossignol navarrais », en est considéré comme le meilleur interprète. La jota est aussi une danse, distincte de la jota chantée en Navarre.

Chœurs

Aujourd’hui, le patrimoine musical est transmis et développé entre autres par le biais des sociétés chorales qui ont adapté les chansons populaires pour l’orphéon. Dans le nord, on n’en compte pas moins d’une cinquantaine dont les plus renommées sont Oldarra de Biarritz , le chœur d’hommes d’ Arcangues , Adixkideak, celui d’ Hendaye , Gaztelu Zahar, et le chœur mixte Xaramela de Bayonne . Elles s’inspirent pour beaucoup du répertoire folklorique, contrairement à leurs homologues d’Euskadi et de Navarre, de plus grande ampleur, mais qui interprètent pour la plupart du classique lors de festivals comme celui de Tolosa.

C’est le cas du très réputé orphéon de St-Sébastien (140 chanteurs des deux sexes), du Coro Caso de St-Sébastien aussi, qui regroupe quatre chœurs (l’un de 45 hommes, un autre de 70 garçons, un troisième de chant grégorien et un dernier mêlant hommes et enfants), du chœur mixte d’Andra Mari de Renteria et de la société chorale de Bilbao avec ses 140 chanteurs.

Interprètes

En plus de ces ensembles choraux, des interprètes contemporains se font le relais de la tradition en arrangeant ou en créant textes et musiques à partir des mélodies d’antan. C’est ainsi que le groupe Oskorri adapte les chansons populaires en s’inspirant du folk. Beñat Achiary est connu pour pour la virtuosité de ses improvisations vocales. Amaia Zubiria prête quant à elle sa voix grave et chaleureuse à des textes aussi bien anciens qu’actuels. Native de St-Palais, Anne Etchegoyen , qui a débuté en compagnie du groupe Oldarra, se fait l’ambassadrice de la chanson basque en France. Enfin, l’auteur-compositeur Benito Lertxundi est l’un des rares artistes contemporains à être chanté par tout le Pays basque de son vivant. Et la liste ne s’arrête pas là. Le basque chanté a aussi trouvé de nouvelles expressions, dans le rock notamment.

Rock basque

Des groupes comme Kortatu , fondé au sud des Pyrénées par les frères Muguruza au début des années 1980 et devenu Negu Gorriak en 1990, E. H. Sukarra, Sustraia ou Akelarre marchent tous sur les traces d’ Anje Duhalde et Niko Etxart qui ont choisi, dans les années 1970, de faire du rock en langue basque. Le premier forme avec un autre guitariste, Mixel Ducau, un duo appelé Errobi qui fera la passerelle entre folk et rock, tandis que le second tournera pendant près de 20 ans avec son groupe Minxoriak . Dans un genre différent, plus axé sur la musicalité, le groupe Itoiz (1978-1988) est devenu la formation culte des amateurs de musique pop. Revendicatif sur fond de crise économique en Euskadi dans les années 1980, le rock basque a su s’inspirer de courants extérieurs comme le courant punk, puis le rap, le reggae, et aujourd’hui le hip-hop, la techno, etc.


La population

Ce territoire compte aujourd’hui près de 3 millions d’habitants. Ceux-ci sont cependant très inégalement répartis : avec 262 000 habitants, le Pays basque français fait figure de nain démographique, comparé aux 2,6 millions d’habitants côté espagnol.

En France

Concentration sur le littoral

Les principaux traits démographiques du Pays basque se sont accentués tout au long des 19e et 20 e s. Aujourd’hui, le littoral du Labourd concentre plus des deux tiers des habitants. La croissance constante de la population (plus 15 % en 25 ans) est principalement due à l’attractivité touristique exercée par la côte. Le solde migratoire, largement positif, permet de couvrir et même dépasser le déficit du solde naturel. Les nouveaux arrivants sont principalement des familles jeunes avec enfants, même si la part des retraités attirés par le cadre de vie reste importante. Ce phénomène qui s’amplifie ne va pas sans poser des problèmes de logement : l’offre est insuffisante et, comme dans de nombreuses régions françaises, certaines villes (St-Jean-de-Luz, Biarritz) connaissent une flambée des prix inquiétante pour les familles à revenus moyens et la jeunesse locale. La crise s’étend peu à peu vers l’intérieur des terres…

Évolutions dans les terres

La Basse-Navarre et la Soule voient leur population se stabiliser (respectivement 26 000 et 14 000 habitants) après une longue phase d’exode rural. Certains cantons sont néanmoins toujours en crise, la part des plus de 50 ans représentant souvent 40 à 50 % des habitants. En revanche, les migrations pendulaires prennent de l’ampleur, entraînant l’installation des populations actives en périphérie de l’espace urbain (en Labourd intérieur et Basse-Navarre), le long des voies menant au BAB (ensemble Bayonne-Anglet-Biarritz).

En Espagne

La Navarre

Hégémonie de Pampelune – Plus de 190 000 personnes (près d’un Navarrais sur trois) vivent aujourd’hui dans l’agglomération pamplonaise dont l’emprise sur le territoire prouve le dynamisme. Ces dernières années, les banlieues résidentielles sortent de terre à grande vitesse, englobant les villages proches dans une large ceinture périurbaine. La Navarre connaît depuis plus de quarante ans une forte augmentation de la population liée à l’industrialisation. Les migrations internes ont été importantes, favorisant le développement des espaces urbains : en trente ans, la population de Tudela (métropole du sud navarrais) est passée de 16 000 à 26 000 habitants quand celle de Pampelune doublait. La capitale navarraise affiche aujourd’hui sa volonté hégémonique, se dotant d’un réseau autoroutier qui fait d’elle un carrefour de voies de communication.

Au sud, la vallée de l’Èbre reste une zone densément peuplée (environ 120 000 habitants) grâce à son agriculture productiviste et à sa proximité avec ses voisins d’Aragon et de Rioja.

Désertification des vallées pyrénéennes – Ces vallées, principalement au nord-est, subissent de plein fouet la crise du monde rural : l’attraction de Pampelune y est très forte et la désertification succède à l’exode rural : populations vieillissantes, activités déclinantes, villages abandonnés, plus rien ne retient les jeunes actifs dans les vallées d’Arce, d’Aezkoa et de Salazar. En revanche, la vallée du Baztan, plus dynamique, est parvenue jusqu’à aujourd’hui à conserver ses jeunes générations. À défaut de devenir la deuxième couronne de banlieues-dortoirs de Pampelune, les vallées du nord espèrent trouver leur salut dans une route à grande capacité qui relierait le sud de la France à Pampelune, faisant de ce territoire une zone de passage du transit international. Néanmoins, ce projet suscite de vives réactions de la part des associations écologiques et une opposition massive des populations et élus de Basse-Navarre, très concernés aussi par cette affaire.

La Communauté autonome basque (CAB) ou Euskadi

Un foyer de peuplement du Pays basque – L’Álava, le Guipúzcoa et la Biscaye sont inégalement peuplés. La suprématie biscayenne (1 140 196 habitants en 2006) est un phénomène assez récent : jusqu’à l’orée du 19 e s., c’est le Guipúzcoa qui, des trois, est le plus peuplé. À partir de 1860, le processus d’industrialisation qui touche tout le littoral affecte plus particulièrement la région de Bilbao qui connaît alors une véritable explosion démographique. Ce phénomène est dû à la conjugaison de deux éléments : d’une part, le fort taux de natalité des campagnes biscayennes et, d’autre part, l’arrivée massive de main d’œuvre d’autres régions espagnoles (d’Estrémadure et d’Andalousie) pour travailler dans le secteur industriel. En quarante ans, la population augmente de 168 % ; en 1900, un Basque sur deux vit en Biscaye.

Le Guipúzcoa connaît aussi une forte augmentation de sa population, mais la croissance y est moins spectaculaire qu’en Biscaye. L’Álava reste à l’écart du processus d’industrialisation jusque dans les années 1950, ce qui se ressent du point de vue démographique (304 325 habitants aujourd’hui). Ce territoire a longtemps gardé sa vocation agricole traditionnelle (il a joué pendant des siècles le rôle de grenier à blé de la Biscaye et du Guipúzcoa), même si Vitoria-Gasteiz se développe rapidement à partir de 1960 (en 40 ans, elle passe de 75 000 à 229 000 habitants).

Aujourd’hui, la Communauté autonome connaît les problèmes des pays industrialisés : une population vieillissante et un taux de fécondité parmi les plus bas d’Europe. L’immigration a aussi nettement ralenti dans les années 1980, sous le coup de la récession industrielle. La croissance démographique de ces territoires est donc négative sur ces vingt dernières années.

Enfin, le littoral touristique (de St-Sébastien à Mundaka) est victime de son succès : il souffre, comme la Côte labourdine, d’une flambée des prix rendant les logements inaccessibles aux jeunes actifs.

Émigration, diaspora

L’émigration n’est pas un fait basque. Au 19 e s., elle touche toute la population européenne. Cependant, si l’on rapporte l’ampleur du phénomène à la population, on se rend compte qu’il fut extrêmement important au Pays basque, concernant quasiment toutes les familles. L’écrivain souletin Lhande ne dit pas autre chose lorsqu’il annonce que pour être un véritable Basque, il faut notamment « avoir un oncle en Amérique ».

Outre les départs traditionnels vers les régions parisienne ou bordelaise, le Nouveau Monde est la principale destination des Basques qui quittent leur terre : des étendues immenses s’offrent à eux ; ils y seront bergers, producteurs de lait ou encore commerçants. Beaucoup s’enrichissent et retournent ensuite au pays, mais nombre d’entre eux restent.

Les Basques ont joué dès le 16 e s. un rôle prépondérant dans l’ histoire de l’Amérique latine : les Biscayens Mendoza et Zabala fondent respectivement Buenos Aires en 1533 et Montevideo en 1726. Iturbide , héros de l’indépendance mexicaine, est originaire de la vallée navarraise du Baztan. La famille du Libertador Bolívar, tout comme celle du Che Guevara , est originaire de Biscaye.

Argentine, Uruguay, Cuba, Chili et Mexique sont les destinations favorites des Basques en Amérique du Sud. Autre grande terre d’accueil, le nord-ouest des États-Unis (Californie, Idaho, Montana, Nevada, Utah et Wyoming), très prisé au début du 20e s.

Partout où ils s’installent, ils s’organisent en communauté : des frontons sont construits, des « maisons basques » (centres de retrouvailles et de fêtes), fondées, pour regrouper tous les Basques, quelle que soit leur origine. La diaspora nord-américaine compte aujourd’hui quelques personnalités de renom telles que Paul Laxalt, ex-sénateur du Nevada et Robert, son frère écrivain, ou enfin, Peter Cenarrusa, sénateur de l’Idaho.


Organisation politique et administrative

EUSKADI : Communauté Autonome Basque

La fin du franquisme et les premières années qui la suivent voient le pluralisme politique se remettre en place, dans un cadre institutionnel nouveau, celui d’une monarchie parlementaire. C’est ainsi que le statut d’autonomie de Guernica , adopté par référendum en 1979, s’applique à un territoire appelé Communauté autonome basque ou d’Euskadi, qui regroupe les trois provinces de Guipúzcoa , Biscaye (Vizcaya) et Álava . Chaque province est administrée par une diputación , et est représentée au parlement autonome de Vitoria-Gasteiz par 25 députés.

Ce parlement est investi de compétences très larges, qui font de lui l’autonomie la plus étendue d’Europe, même si toutes les compétences prévues par le statut de 1979 ne lui ont pas encore été totalement transférées par le gouvernement espagnol. Depuis les premières élections libres, le gouvernement qui dirige la Communauté est aux mains du Parti nationaliste basque (PNV) .

Trois présidents s’y sont succédé : Carlos Garaikoetxea, José-Antonio Ardanza et, actuellement, Juan-José Ibarretxe .

La Communauté Forale de Navarre (Navarra)

La Navarre reste un cas particulier, extrêmement sensible. À l’origine intégrée aux premiers projets de statuts d’autonomie des années 1930, elle choisit de ne pas s’y associer lorsque le statut est finalement adopté en 1936. Très attachée à son passé foral, elle est également très religieuse et refuse tout lien avec les nationalistes basques qui soutiennent la République espagnole laïque, et qui, en outre, s’apprêtent à faire entrer des communistes au gouvernement. La Navarre est tellement hostile à la République qu’elle se soulève aux côtés de Franco, et s’éloigne toujours plus des autres provinces basques durant la dictature. Lorsque le statut de 1979 est voté, c’est presque naturellement que la Navarre choisit sa propre voie. Elle négocie en 1982 son régime de communauté forale .

Le Pays basque français

Au Pays basque français, le découpage administratif hérité de la Révolution française est resté inchangé : les trois provinces du Labourd , de la Basse-Navarre et de la Soule sont intégrées au département des Pyrénées-Atlantiques (anciennement Basses-Pyrénées). En parallèle à la naissance du nouveau nationalisme basque sous le franquisme durant les années 1960, le mouvement Enbata se crée au nord. Pour lui, l’avenir du Pays basque passe par un fédéralisme européen et la revendication du département Pays-Basque. En 1973, une nouvelle branche clandestine apparaît, Iparretarrak, qui privilégiera l’objectif d’un statut d’autonomie. En 1981, l’espoir d’une avancée significative naît avec l’avènement au pouvoir de François Mitterrand, qui s’était déclaré favorable au département et à l’officialisation de la langue basque. Mais il ne donnera jamais suite à ces propositions. La question du département reviendra au centre des débats à la fin des années 1990.

En Espagne, ces vingt dernières années…

Une situation complexe

Le statut d’autonomie exceptionnel obtenu en 1979 par la Communauté autonome basque (Euskadi) ne règle pas le problème du nationalisme.

Confronté à des demandes d’autonomies de plusieurs régions (Andalousie, Catalogne, Galice, etc.), l’État espagnol affirme sa vision d’une nation espagnole unique composée de provinces aux statuts différents. Le problème est particulièrement complexe au Pays basque où le terrorisme d’ETA envenime un dialogue difficile avec les nationalistes.

Le passif humain s’alourdit rapidement : plus de 800 crimes sont commis par l’ETA au cours des dernières décennies. Pour sortir de cette crise, l’État espagnol utilise tous les moyens, alternant négociations et tractations secrètes, ouverture et fermeté ; au cours des années 1980, une « guerre sale » est menée par les Groupes antiterroristes de libération (GAL).

Des moments de grande tension et de forte mobilisation antiterroriste ont régulièrement agité toute l’Espagne. Un des points culminants de ces événements restera certainement les manifestations géantes dans tout le pays contre le terrorisme après l’assassinat du jeune conseiller politique basque Miguel Angel Blanco en juillet 1997.

Les forces en présence

On peut schématiquement distinguer les trois composantes suivantes dans la vie politique basque en Espagne :

- une frange espagnole représentée par le Partido Popular (PP) , de droite, et le Partido Socialista (PSOE) de gauche ;

- une frange nationaliste basque radicale ou « gauche abertzale », autour d’ ETA et de sa vitrine politique Herri Batasuna (Unité populaire) aujourd’hui interdit ;

- enfin une frange nationaliste modérée autour du PNV (Parti nationaliste basque) qui gouverne la Communauté autonome basque (Euskadi) depuis sa création.

La vie politique basque est marquée par une alternance d’accalmies, de trêves et de reprises de tension entre les séparatistes et le gouvernement espagnol.

L’espoir suscité par l’ouverture au dialogue du président Zapatero s’évanouit avec l’attentat à l’aéroport de Madrid qui fait deux morts le 30 décembre 2006. Les tensions s’avivent encore lors des élections de mai 2007. ETA annonce la rupture du cessez-le-feu permanent le 5 juin 2007, laissant planer, malgré l’arrestation de plusieurs de ses membres, la menace de nouvelles violences.

Une question d’identité

L’identité basque est fièrement revendiquée aujourd’hui par de nombreux Basques espagnols. Elle n’est cependant, pour la majorité d’entre eux, nullement antinomique avec un fort sentiment d’appartenance à la nation espagnole. En cela, les Basques sont proches des habitants de la plupart des autres provinces espagnoles qui assument et revendiquent également leur double identité, nationale et régionale.

Cette fierté d’appartenance permet, pour le plus grand bonheur des touristes, de maintenir aussi vivaces des traditions et une culture parmi les plus fortes et les plus originales d’Europe.


Activités économiques

Des ports de pêche aux barques colorées, des promenades et des plages de sable fin, des campagnes verdoyantes où paissent les brebis tandis que dans les villages, le piment sèche en grappes aux fenêtres. L’autre face de la carte, moins exotique, c’est la Biscaye industrialisée à outrance, avec ses mines, ses usines aux hautes cheminées crachant des nuages de suie…

Agriculture et pêche en difficulté

Agriculture : entre résistances et modernité

En France, l’agriculture est en perte de vitesse : le nombre d’exploitations agricoles a chuté de 11 353 à 5 939 en 40 ans. Activité agricole et pêche reculent devant les progrès de l’urbanisation et de l’activité touristique. Les quelques résistances sont liées à un fort attachement culturel à la terre et à l’exploitation familiale, qui fait que l’un des descendants finit par accepter de prendre la succession de manière à ce que le patrimoine ne soit pas démembré. Ainsi, alors que le taux d’agriculteurs français de plus de 55 ans ayant une succession atteint 27 %, il monte jusqu’à 41 % en Pays basque.

Même en recul, l’activité agricole en Pays basque présente des permanences anciennes. Sur les franges les plus septentrionales, c’est la production de maïs qui domine, ainsi qu’un élevage à viande et à lait. Vers les zones plus montagneuses de Cize, Baïgorry ou de Soule, c’est l’élevage ovin d’estive ou de petites exploitations encore consacrées à la polyculture. Sur toute la zone méditerranéenne, c’est-à-dire en Navarre et en Álava, le paysage plus aride est propice à la culture du blé, de l’orge, de la vigne et de l’olivier. L’agriculture y est moderne et riche, et se permet même de tenter la riziculture irriguée aux portes du désert des Bárdenas. En Guipúzcoa et Biscaye enfin, zones côtières à forte influence océanique et largement industrialisées, l’agriculture est marginale.

Pêche : une situation contrastée

La pêche est également en grande difficulté, alors qu’il s’agit d’un des secteurs d’activité traditionnels majeurs du peuple basque au cours de son histoire. La raison principale en est l’appauvrissement de la ressource. En outre, les relations entre pêcheurs se sont considérablement dégradées à cause des différentes pêches pratiquées (la guerre, parfois ouverte, oppose schématiquement pêcheurs traditionnels et chalutiers pélagiques). La pêche du Pays basque espagnol peut heureusement profiter de subventions européennes, et si les grands ports de pêche y sont moins nombreux que par le passé (les principaux sont Ondarroa, Lekeitio, Bermeo et Pasaia), ils sont florissants et modernes. On ne peut en dire autant de la pêche en France qui est en grande difficulté. Aussi n’y reste-t-il qu’une seule criée, à St-Jean-de-Luz, dont la valeur des ventes a beaucoup baissé ces dernières années.

Poids inégal du secteur secondaire

Si la tradition industrielle est ancienne en Biscaye et en Guipúzcoa (milieu du 19 e s.), elle est récente en Álava et en Navarre et reste très peu développée en Basse-Navarre, Labourd et Soule.

En Euskadi – Au début des années 1980, le Gouvernement autonome de Vitoria doit redresser l’économie d’Euskadi qui connaît une crise sans précédent. Il se fixe alors trois axes majeurs : parier sur la technologie de pointe, renforcer la qualité du produit et internationaliser l’activité. En 1990, le secteur sidérurgique traditionnel est intégralement reconverti : Euskadi reste le premier producteur d’acier d’Espagne, tandis qu’il consolide le secteur automobile et crée ex nihilo une nouvelle industrie aéronautique. Cette politique économique est fondée sur le système des clusters : réseaux regroupant les entreprises d’un même secteur industriel ainsi que les représentants du gouvernement, dont le but est de travailler en commun dans la recherche et le développement de ce secteur pour le rendre toujours plus compétitif. C’est une véritable réussite, favorisant une croissance économique exemplaire ces quinze dernières années dans la Communauté autonome basque.

Le modèle coopératif est également en bonne santé : la MCC (Mondragón Cooperative Corporation, en Guipúzcoa), dont l’un des fleurons les plus célèbres est le groupe électroménager Fagor, emploie 83 000 personnes aujourd’hui.

En Navarre – Le développement industriel tardif (milieu du 20 e s.) est essentiellement tourné vers l’agroalimentaire (30 % des emplois industriels), la chimie et les matériaux de construction. Le secteur automobile y est également puissant puisque le groupe SEAT-Volkswagen, installé aux portes de Pampelune, représente à lui seul 25 % de la production industrielle navarraise.

En France – Le développement industriel ne semble pas aussi brillant de ce côté des Pyrénées : les quelques grandes entreprises de la Côte basque sont en difficulté, d’autres ont fermé leurs portes ces dernières années. L’industrie de l’espadrille en Soule connaît les mêmes problèmes. Quelques entreprises telles Turbomeca aux portes de Bayonne et Sokoa à Hendaye, affichent quand même leur dynamisme. D’autres ont un rôle de soutien comme la société de capital-risque Herrikoa (fondée sur l’actionnariat populaire) qui aide, avec un certain succès, à la création et au développement des entreprises en Pays basque.

Tourisme balnéaire, tourisme vert et surf

Le tourisme est une activité récente au Pays basque et en Navarre. Certes, dès l’époque romaine, les villes d’eaux y étaient prisées, mais le véritable envol de cette activité date du 19 e s., et est largement circonscrit au littoral labourdin. La vogue des bains de mer s’étend à la Côte basque par Biarritz, sous le Second Empire. C’est l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, qui en fait la promotion, puis l’accès vers les plages basques est facilité par la construction du chemin de fer jusqu’à Hendaye au milieu du siècle. Du côté espagnol, St-Sébastien a profité de l’intérêt de la reine Marie-Christine d’Auriche, qui y a séjourné et fait construire le palais de Miramar. Avec les congés payés, le tourisme se démocratise et prend de plus en plus de place dans les politiques locales. Actuellement, on estime à 15 % son poids dans l’activité économique du Pays basque français.

Le tourisme vert se développe également ces dernières décennies. Il est fondé sur trois piliers : la randonnée pédestre en montagne, la découverte de la gastronomie du Pays basque (organisée en labels, AOC) et l’accueil en gîte rural ou chez l’agriculteur. Il constitue un revenu complémentaire non négligeable pour le monde rural en quête d’un nouveau souffle.

Le surf – Le Pays basque a encore un autre atout dans sa manche depuis 1957 : le surf. Ce sport connaît une popularité grandissante, au point de compter aujourd’hui plus de 30 000 licenciés et 150 000 pratiquants, quand ils n’étaient respectivement que 5 000 et 100 000 en 1994. Le surf a même fait son entrée dans les épreuves physiques du baccalauréat. De l’avis des spécialistes, les meilleurs spots se trouvent vers Hendaye, Anglet et Guéthary ; Fontarabie, St-Sébastien, Mundaka, Orio ou Getxo en Guipúzcoa et Biscaye.

Cet engouement a généré une véritable manne économique pour la côte. Quelque 170 entreprises d’Aquitaine en vivent. En 2005, près de 65,7 % des salariés basques de l’habillement travaillaient pour le surfwear, et en 2007, Anglet a inauguré une ZAC (Baia Park) dédiée aux sports de la glisse. La même année, Biarritz a célébré les 50 ans de ce sport en lançant la construction d’une Cité du surf. Elle organise aussi chaque année la Quiksilver Cup. C’est ainsi que surf rime avec Pays basque !

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