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Art et architecture

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Art et architecture

Si la géographie a ici influé sur l’art, la culture et les constructions, si variées, c’est pour leur transmettre les multiples tonalités véhiculées par ce lieu de passage, lié à la grande Rome de l’Antiquité, au séjour des rois de France, à l’omniprésent Paris de la période moderne, et peut-être, dans l’avenir, à l’inexorable accélération du mélange des cultures du monde.


Les grandes étapes de la création

Au carrefour entre le nord de l’Europe et la Méditerranée, les diverses influences contribuent à la richesse du patrimoine artistique de la région, au même titre que les vestiges des civilisations antiques ou les créations contemporaines.

Les monuments romains

Fondées après la conquête de la vallée du Rhône par les légions romaines une centaine d’années av. J.-C., les cités de Lyon et de Vienne sont au faîte de leur splendeur au 2 e s. apr. J.-C. Elles déclinent à partir du 4 e s., puis les troubles et les incursions barbares occasionnent des ravages multiples.

Au Moyen Âge, les grands monuments servent de carrière. Rares sont les vestiges gallo-romains encore visibles. À partir de 1922 à Vienne et de 1933 à Lyon, sur les chantiers des sites archéologiques, des ensembles monumentaux remarquables (théâtres, odéons) sont exhumés.

Les théâtres

Ils se composent de gradins ceinturés par une colonnade, d’un orchestre réservé aux personnes de marque, et d’une scène surélevée par rapport à l’orchestre.

Les acteurs jouent en avant d’un mur percé de portes par où se font leurs entrées. Derrière le mur de scène richement décoré se trouvent les loges des acteurs et les magasins. Au-delà encore, un portique donnant sur des jardins reçoit les acteurs avant leur entrée en scène. Les spectateurs viennent s’y promener pendant les entractes ou s’y abriter de la pluie. L’acoustique des théâtres romains étonne encore dans ces édifices pourtant à moitié détruits, ce qui peut se vérifier à Fourvière (notamment lors des Nuits de Fourvière) et à Vienne.

Les temples

Demeures des dieux et non lieux de culte, les temples se composent d’un sanctuaire fermé contenant une effigie divine – qui peut être également celle d’un empereur divinisé – et d’un vestibule ouvert. Les temples sont entourés partiellement ou totalement d’une colonnade. Le temple d’Auguste et de Livie à Vienne, comparable à la Maison carrée de Nîmes, est l’un des derniers temples romains dans la région ; seules les grandes cités en possèdent un. À l’image des temples romains d’Italie, celui de Vienne est construit sur un podium auquel on accède par un escalier frontal ; le portique est profond, la colonnade avec ses chapiteaux à feuillage enroulé est d’ordre corinthien. De dimensions imposantes et majestueuses, ces temples reflétaient, de par leur architecture, la grandeur d’un règne et l’importance de la cité.

Les thermes

Les thermes romains, gratuits, sont à la fois bains publics, établissements de culture physique, clubs, casinos, centres de conférences. Le fonctionnement des thermes prouve une grande maîtrise des problèmes d’adduction d’eau et de chauffage. L’eau arrive par un aqueduc, elle est accumulée dans des citernes, puis distribuée par un circuit de canalisations en plomb et en mortier ; l’évacuation se fait par un réseau d’égouts. Le chauffage de l’eau et des pièces est assuré par un système de foyer et d’hypocaustes en sous-sol.

Dans ces très vastes bâtiments, la décoration est somptueuse : colonnes et chapiteaux rehaussés de couleurs vives, parements de mosaïques, revêtements de marbres de couleur, voûtes à riches caissons, fresques sur les murs. Les fouilles de St-Romain-en-Gal ont exhumé quelques vestiges de décorations luxueuses, le site lui-même, grâce aux proportions du musée et à l’emprise au sol des ruines, donnant une idée plus concrète de l’importance de ces établissements au sein des cités romaines.

L’amphithéâtre

L’élément principal est l’arène, de forme ovale généralement, où se donnent les spectacles : combats de fauves ou de gladiateurs, exécutions de condamnés non citoyens romains qui sont livrés aux bêtes ou au bourreau. Le cri « aux lions, les chrétiens » est resté tristement célèbre. Autour de l’arène s’ordonnent les gradins qui reçoivent les spectateurs. Lyon, centre du culte officiel de Rome en Gaule, se devait d’avoir un amphithéâtre : c’est l’amphithéâtre des Trois-Gaules.

Le cirque

Il attire les foules passionnées de courses de chars. Au milieu de la piste se trouve une longue construction rectangulaire, la spina , marquée au centre par une « pyramide » et limitée à chaque extrémité par de grosses bornes semi-circulaires. Les chevaux et les cochers portent les couleurs blanches, bleues, rouges ou vertes des factions rivales qui organisent la compétition. Le cirque est construit en grande partie en bois, ce qui explique qu’on en trouve si peu de traces.

L’art roman

La vallée du Rhône n’est pas à l’origine d’une grande école comme la Bourgogne ou l’Auvergne. La diversité de ses régions, de ses reliefs et de ses paysages se retrouve dans la floraison d’églises romanes qui reprennent, mêlent, et parfois subliment des influences artistiques très différentes.

Lyonnais et région de Vienne

Les églises romanes de ces régions assurent la transition entre la Bourgogne, la Provence et le Velay. Elles témoignent aussi quelquefois de la diffusion de découvertes artistiques. Ainsi, les absides à bancs et colonnettes de marbres des cathédrales de Lyon et de Vienne relèvent d’une technique décorative d’inspiration orientale dont on trouve le premier exemple à Ste-Sophie de Constantinople et qui a gagné la vallée du Rhône par l’intermédiaire de l’Italie (St-Marc de Venise). Elle caractérise l’art viennois-lyonnais.

Parmi les monuments majeurs de la région lyonnaise, la basilique St-Martin-d’Ainay à Lyon est reconnaissable à la toiture de son clocher-porche (pyramide encadrée d’acrotères) ; l’influence bourguignonne se retrouve surtout dans la composition intérieure et le décor des chapiteaux.

Plus en aval sur le Rhône, l’église St-Pierre de Vienne présente également un imposant clocher-porche à trois niveaux d’arcades. Mais la présence d’arcs trilobés évoque déjà le Velay ou la Provence.

Forez-Velay

La Loire et le Forez ont largement bénéficié du rayonnement artistique de l’école de Cluny. Souvent fortifiées, les églises sont d’une sobre élégance comme en témoigne le portail de l’église de Bourg-Argental. Le contraste est frappant avec le Velay où la pierre rouge donne un ton très différent aux églises et prieurés, qui dépendaient souvent de monastères auvergnats. L’école auvergnate y est bien présente, mais est associée à des influences orientales très marquées, dont les styles s’intègrent parfaitement à l’architecture romane française. La richesse, voire l’exubérance de certains décors byzantins, triomphe dans le portail de la chapelle St-Michel-d’Aiguilhe ou dans la cathédrale du Puy.

Vivarais-Tricastin

En Vivarais, l’église romane est remarquable par l’équilibre de ses volumes et la sobriété de ses formes. L’exemple le plus abouti en est certainement l’abbatiale de Cruas.

Dans le Bas-Rhône, les traditions antiques persistent dans certaines églises : portail à fronton triangulaire, chapiteaux à feuilles d’acanthe, frise sous le faux triforium. Le plan présente aussi des particularités : les absides de l’église de La Garde-Adhémar sont opposées.

La période gothique (13 e -15 e s.)

Dans la vallée du Rhône et les régions voisines, l’époque gothique est loin d’être aussi riche que la période romane. L’emploi systématique de la croisée d’ogives et de l’arc brisé constitue le caractère essentiel de l’architecture religieuse. Désormais, l’architecte dirige les poussées de l’édifice sur les quatre piliers déterminant une travée au moyen des arcs, ogives, formerets et doubleaux. Il suffit alors d’épauler les piliers par des contreforts et des arcs-boutants. L’église ainsi soutenue, on peut évider les murs et garnir les baies de vitraux. Avec le style flamboyant, illustré à Bourg-en-Bresse par un chef-d’œuvre, l’église du monastère royal de Brou, apparaissent des arcs purement décoratifs, dits liernes et tiercerons.

Monuments religieux

La vallée du Rhône n’a subi que des influences méridionales, discernables dans la largeur des édifices et l’horizontalité de leurs toits. Les cathédrales de Lyon et de Vienne, amples monuments aux lignes austères et rudes, sont intéressantes dans leurs détails. L’abbatiale de St-Antoine (12 e -15 e s.) permet de suivre l’évolution du style gothique de sa naissance à son déclin. L’église St-Nizier de Lyon et celle d’Ambierle offrent de bons exemples du style flamboyant, sans les outrances habituelles du genre.

Monuments civils

L’architecture militaire issue de la féodalité rhodanienne et vellave est abondamment représentée en cette marche-frontière entre le « Royaume » et « l’Empire » : châteaux ruinés de Rochemaure, de Tournon, de Crussol ou de Polignac.

La Renaissance (16 e s.)

L’architecture

Sous l’influence de l’Italie, l’architecture Renaissance suit une orientation nouvelle marquée par le retour aux formes antiques.

La Renaissance italienne a trouvé dans le sillon rhodanien son principal chemin d’accès vers le nord de la France. Elle a laissé son empreinte à la maison des Chevaliers à Viviers, au château de la Rochelambert dans le Velay, dans certaines maisons lyonnaises des quartiers St-Jean et St-Nizier et, près de Feurs, au château de la Bastie-d’Urfé.

Poètes humanistes et gens de lettres

Dans le domaine littéraire, Lyon connaît au 16 e s. une intense activité culturelle. Des ateliers de nombreux imprimeurs partent des ouvrages de poètes italiens, dont les chantres de la Renaissance, Pétrarque et Dante.

C’est dans ce contexte que se succèdent au cours du siècle les tenants de la poésie emblématique, néo-latine et amoureuse, écrivant en latin puis en langue française. Rabelais rencontre à Lyon Symphorien Champier, auteur et éditeur ; Maurice Scève, soucieux du renouveau de la langue littéraire, participe à un concours de poésie organisé par Clément Marot et organise à Lyon les fêtes en l’honneur du séjour de François I er . Les femmes ne sont pas exclues de cette recherche esthétique, avec des poétesses comme Pernette du Guillet et Louise Labé, surnommée la Belle Cordière, dont les œuvres tranchent sur le formalisme ambiant par leur ardeur et la sincérité des sentiments exprimés.

Cette grande période humaniste de Lyon s’éteint dans la seconde moitié du 16 e s. avec le déclin des foires de Lyon, l’écroulement d’un emprunt d’État, la crise financière qui s’ensuit et l’austérité militante des débuts de la Réforme.

Période classique (17 e -18 e s.)

Tantôt sobre et relevant de la manière antique, tantôt surchargé et s’inspirant de l’esprit baroque, l’art classique a laissé maintes traces dans la vallée du Rhône, mais on ne découvre d’ensembles majeurs qu’à Lyon.

Au 17 e s., l’urbanisme classique trouve son principal champ d’action dans le quartier des Terreaux et, au 18 e s., dans les quartiers de Bellecour et Perrache : la place Bellecour, tracée sous Louis XIV et encadrée d’immeubles Louis XVI, en est l’élément capital. L’architecte lyonnais Germain Soufflot (1710-1783), auteur du Panthéon à Paris, fait figure de chef d’école à l’égard du style Louis XVI par son souci de remettre l’Antiquité à l’honneur.

Période moderne (19 e -20 e s.)

La peinture

Au cours du 19 e s., de nombreux artistes de la région sont formés à la peinture de fleurs à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Ils composent minutieusement des motifs pour les fabricants de soieries. L’un des plus réputés sera Simon Saint-Jean .

Durant la même époque éclot l’école lyonnaise de peinture, partagée entre le réalisme et l’idéalisme, alliant une certaine austérité allant parfois jusqu’à la mélancolie, sensible dans les portraits, les paysages, les natures mortes. Dans la première moitié du siècle s’imposent des artistes réalistes, tels Berjon (1754-1808), auteur attentif de natures mortes et de portraits, puis Jean-Michel Grobon (1770-1853) qui se consacre surtout au paysage. Vers 1840, la peinture lyonnaise est marquée par un fort courant mystique dont le chef-d’œuvre est certainement le célèbre Poème de l’âme de Louis Janmot (1814-1892).

La seconde moitié du siècle voit régner le triumvirat composé d’ Auguste Ravier (1814-1895), Louis Carrand (1821-1899) et François Vernay (1821-1896). Ces peintres prolongent le mouvement des paysagistes installés à Barbizon. Après avoir arpenté la région, Ravier s’installe à Crémieu, puis Morestel.

Après la Seconde Guerre mondiale, le groupe Témoignage de Lyon s’inspire du surréalisme.

L’architecture

L’art des architectes et des ingénieurs s’est exercé à Lyon lors de la construction en 1872 de la basilique de Fourvière, élevée dans un style byzantin-médiéval original, et sur le Rhône dans le lancement, à partir de 1825, de ponts suspendus en fer qui, après la Seconde Guerre mondiale, furent remplacés par des ouvrages en béton.

Quant au début du 20 e s., il reste marqué par l’audacieuse charpente métallique de la halle Tony-Garnier classée, en 1975, monument historique. Depuis 1945 ont été édifiés des monuments religieux d’une conception neuve comme le couvent d’Éveux, l’église de Pouzin ainsi que des ensembles urbains comme Firminy (Le Corbusier) et le quartier de La Part-Dieu à Lyon. L’œuvre la plus spectaculaire de la fin du 20 e s. est l’aéroport de Lyon-St-Exupéry, anciennement Lyon-Satolas (Calatrava).


Les maisons rurales traditionnelles

En marge de l’architecture de prestige, les maisons rurales expriment-elles la culture régionale ? Adaptées au travail des champs et subissant l’influence des régions voisines et des nouveaux procédés de construction, elles montrent comment les hommes ont su intégrer les particularités géographiques et climatiques de leur province.

Les maisons du Forez et du Lyonnais

La ferme forézienne – Elle ordonne ses hauts murs autour d’une cour fermée. Certaines sont pourvues d’une galerie de bois à balustrade. La couverture est en tuiles. Sur les hauteurs du Forez et du Pilat, les jasseries sont des annexes éloignées de la ferme où, durant l’été, le berger dispose du matériel nécessaire à la fabrication des fromages et, au-dessous, d’une cave à fromages.

La maison Beaujolais – Couverte de tuiles romaines, la demeure beaujolaise, bâtie sur plan rectangulaire, est en pierre grise au nord, brune ou rousse dans la montagne, dorée au sud. Robuste et simple, elle comporte au rez-de-chaussée une cave ou un caveau à l’entrée en anse de panier. Un escalier extérieur couvert d’un avant-toit formant auvent, soutenu par des colonnes de bois ou de pierre, donne accès au logement. Les bâtiments annexes ferment rarement la cour.

La ferme de la Dombes – Allongée et pourvue d’un étage, elle présente extérieurement un crépi protégeant les murs en brique (terre cuite) ou en pisé (terre crue). Le toit en tuiles rondes soutenu par des étais forme auvent.

La maison du Velay

Au sud et au sud-est du Velay sur les flancs du Mézenc, la ferme est sans étage. Vers le nord, en descendant des plateaux, l’habitation tend à devenir plus haute et plus confortable. En terre plus riche, la maison possède un étage percé d’étroites fenêtres. Dans les vallées du nord et de l’est, la maison est adaptée au travail ancien de la dentelle ou du ruban : de hautes fenêtres éclairent la chambre du métier. La maison vellave est originale par sa maçonnerie en moellons bruts.

Les maisons rhodaniennes

Dans les plaines de Valence et de Montélimar, l’habitat n’est pas très individualisé, les caractères les plus constants étant sa petite taille et un mur aveugle côté nord, d’où souffle le mistral. De grosses exploitations isolées ressemblant à des maisons fortes groupent leurs bâtiments autour d’une cour.

La maison du Bas-Dauphiné

Entre Bourbe et Isère, les maisons sont en cailloux roulés, abondants dans cette région de dépôts morainiques et alluviaux. Les cailloux sont placés de chant, sur un lit de mortier, en arêtes de poisson. Dans la région de Morestel, à Creys, Brangues, Mérieu, le « pignon à mantelure » ou à escalier de pierre est un mode de couverture emprunté aux Préalpes. Le toit, en tuiles plates, prend appui sur les pignons des murs latéraux dont les rampants présentent des décrochements ; les marches ainsi constituées sont couvertes d’une grosse dalle de pierre débordante.

Les maisons vivaroises

La maison du Haut-Vivarais – Aux confins du Velay, dans le massif du Mézenc et sur les hauts plateaux dominant l’Ardèche et l’Eyrieux naissants, la maison de montagne, basse et trapue, au toit de lauzes paraît écrasée sous cette carapace conçue pour résister aux intempéries : « Qui bien lauze, pour cent ans pose », rappelle un vieux dicton. Cette maison aux murs de granit ou de basalte, aux ouvertures rares, est une habitation d’éleveurs. Dans la région de Vernoux, les bâtiments de ferme s’ordonnent en fer à cheval autour de la cour.

La maison du Coiron – Elle présente un aspect assez confus en raison des multiples bâtiments accolés autour du corps de logis initial. Les constructions sont, en général, en basalte et les toits sont presque plats. Les villages sont établis sur les versants ensoleillés.

La maison du Bas-Vivarais – C’est une maison à étages sur plan carré, de type méridional. Le toit, en tuiles romaines, présente une faible pente ; le haut des murs est orné d’une génoise (frise constituée d’un double ou triple rang de tuiles prises dans le mortier).

La magnanerie avait souvent son entrée directe sur le couradou, la terrasse couverte ; réservée à l’élevage du ver à soie, ce fut, jusque vers 1850, un élément essentiel de la vie vivaroise. Au corps de logis, des bâtiments annexes s’ajoutent souvent : four à pain, grange et, dans la zone du châtaignier, le séchoir à châtaignes (clède ou clédo). Dans la moyenne vallée de l’Ardèche, la maison en pierres calcaires est de règle. À l’ouest et au nord de Joyeuse, dans la zone du châtaignier, la maison de schiste domine.

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