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Art et architecture

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Art et architecture

Tous les éléments sont ici réunis pour couvrir l’histoire de l’art des origines, c’est-à-dire depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, en faisant des étapes de siècle en siècle dans les églises romanes, les cathédrales gothiques, les châteaux Renaissance du Val de Loire. Sans omettre de faire un séjour chez le Roi-Soleil à Versailles, ou de prendre le temps d’observer les impressionnistes peindre « sur le motif »…


Préhistoire

Si l’outillage apparaît dès le paléolithique inférieur, l’art n’est pas attesté avant le paléolithique supérieur (35000 à 10000 av. J.-C.) et trouve son apogée au magdalénien, notamment en Dordogne, aux Eyzies-de-Tayac. Le Périgord, les Pyrénées, l’Ardèche, le Gard et les Bouches-du-Rhône ont conservé de belles œuvres sur les parois des cavernes. Les peintures, exécutées avec des colorants d’origine minérale, sont parfois associées à des bas-reliefs ou des gravures. Les statuettes taillées dans l’ivoire devaient aussi avoir une signification : culte de la fécondité fonction rituelle

Lors de la révolution néolithique (vers 6500 av. J.-C.), l’homme se sédentarise. Les potiers inventent toutes sortes de récipients en terre cuite qu’ils ornent de figures géométriques. Le culte des morts implique la construction de tombes : ce sont les allées couvertes, les dolmens, près desquels se trouvent des alignements de menhirs, comme à Carnac, en Bretagne.

La découverte du métal introduit la civilisation préhistorique dans l’ âge du bronze (2300-1800 av. J.-C.) puis du fer (750-450 av. J.-C.). L’art celtique montre une parfaite maîtrise du travail du métal et un goût pour l’ornementation végétale ou géométrique : armes, torques, fibules et bijoux en or, monnaies et vaisselle constituent les trésors des tombes, dont l’un des plus beaux est peut-être celui de Vix, en Bourgogne.


De la Gaule romaine à l’an 1000

Dans les cités, le pouvoir central romain érige des bâtiments en pierre qui reflètent sa puissance, et impose sa culture : théâtre à Orange, temple à Nîmes, thermes à Saintes, porte à Autun… Cette présence romaine modifie le paysage français par le développement urbain et la construction de routes, de ponts et d’aqueducs (pont du Gard). À la fin du Bas-Empire, la reconnaissance officielle de l’Église chrétienne (380) génère l’apparition d’une architecture chrétienne avec des baptistères, dont celui de Poitiers.

Au 5 e s., les invasions barbares entraînent le recul de l’art figuratif au profit de motifs abstraits (entrelacs, rouelles) ou animaliers. L’orfèvrerie cloisonnée (trésor de Childéric découvert à Tournai) a produit des pièces précieuses très décoratives.

L’ art mérovingien (6 e -8 e s.) élabore une synthèse entre les apports antiques, barbares et chrétiens. Quelques exemples nous sont parvenus : l’hypogée des Dunes à Poitiers, l’église St-Pierre-aux-Nonnains à Metz.

La Renaissance carolingienne (9 e s.) est marquée par l’essor de toutes les formes artistiques et par un retour délibéré aux formes de l’art antique impérial. Les plus belles manifestations se trouvent dans les manuscrits, les fresques de St-Germain-d’Auxerre, les mosaïques de Germigny-des-Prés et les pièces d’orfèvrerie.


L’art roman

Après les troubles de l’an 1000, le rayonnement spirituel et la puissance de l’Église permettent l’éclosion de l’art roman (11 e -12 e s.).

L’architecture

La généralisation du système de voûtement en pierre, qui se substitue à la charpente, l’utilisation de contreforts, le retour au décor architectural caractérisent les premiers édifices romans (Saint-Martin-du-Canigou).

Le plan basilical (nef et bas-côtés, parfois précédés par un porche) prédomine. Le chevet révèle une grande variété formelle : plat, fréquent dans les abbayes cisterciennes, ou muni d’absidioles, il est souvent en hémicycle avec des chapelles échelonnées dans le sens de la nef ou avec des chapelles rayonnantes. Des plans plus complexes combinent chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes (Conques, Cluny).

Tympans, voussures, piédroits, trumeaux se couvrent de sculptures à thèmes religieux ou profanes (illustration du Roman de Renart à St-Ursin de Bourges). À l’intérieur, l’essentiel du décor est constitué par les fresques (St-Savin-sur-Gartempe, Paray-le-Monial) et les chapiteaux sculptés, dont l’iconographie est parfois complexe (Autun, St-Benoît-sur-Loire, églises de Poitiers).

Le style roman s’inspire de modèles orientaux (griffons, animaux fantastiques) véhiculés par les croisades, ainsi que de modèles byzantins (représentation du Christ en majesté, graphisme des drapés) et islamiques (végétaux stylisés, pseudo-coufique).

L’art roman conquiert l’ensemble de la France, avec cependant des disparités stylistiques et chronologiques. Apparu très tôt dans les zones méridionales et en Bourgogne, il ne s’impose que tardivement dans l’est. Le roman languedocien doit beaucoup au modèle de l’église St-Sernin de Toulouse. Les sculptures de la porte Miégeville sont caractérisées par un style graphique, des drapés bouillonnants, un canon allongé que l’on retrouve à Moissac et à St-Gilles-du-Gard.

Les écoles régionales

La Saintonge et le Poitou

En Saintonge et en Poitou, l’originalité des édifices est due à la hauteur des nefs latérales, dont la fonction est de renforcer les murs de la nef centrale, et d’assurer ainsi l’équilibre du berceau. Les façades, flanquées de lanternons, sont couvertes d’arcatures abritant statues et bas-reliefs (N.-D.-la-Grande à Poitiers).

L’Auvergne

En Auvergne, la croisée du transept est souvent couverte par une coupole, contre-butée de hautes voûtes en quart de cercle et soutenue par des arcs diaphragmes. L’utilisation de la lave, pierre difficile à sculpter, explique la pauvreté du décor (St-Nectaire, N.-D.-du-Port à Clermont-Ferrand, Orcival).

La Bourgogne

En Bourgogne, l’art roman a été influencé par le modèle de l’abbaye de Cluny (aujourd’hui détruite), caractérisé par l’importance du chœur aux chapelles rayonnantes, un double transept et l’amorce d’un éclairage direct de la nef par de faibles ouvertures à la base du berceau ; Paray-le-Monial en dérive.

Au nord du Morvan, la Madeleine de Vézelay représente un parti simplifié et un couvrement en voûte d’arêtes qui exerceront leur influence dans la région.

L’Est

Dans les zones du Rhin et de la Meuse, le respect des formules héritées de l’époque carolingienne définit une architecture qui relève de l’art ottonien : permanence du plan à double chœur et double transept (Verdun), reprise du plan centré et de l’élévation intérieure de la chapelle palatine d’Aix (Ottmarsheim).

La Normandie

En Normandie, l’architecture est restée longtemps fidèle à la charpente (Jumièges, Bayeux). L’adoption du voûtement en pierre entraîne l’utilisation de nervures décoratives (St-Étienne de Caen).

L’ampleur et la monumentalité des édifices, les façades harmoniques à deux tours sont caractéristiques du style roman anglo-normand.

La Provence

Nombre d’édifices romans ont été construits en Provence, mais parmi les plus célèbres et les plus beaux, on trouve les «trois sœurs provençales», les abbayes cisterciennes de Sénanque, de Silvacane et du Thoronet, édifiées dans des lieux isolés propices à la méditation. Leur sobriété et leur rigueur architecturales viennent rappeler les idéaux de la règle de saint Benoît: simplicité, pauvreté, humilité. Le monastère de Ganagobie possède quant à lui une des plus importantes mosaïques romanes d’Europe.

Outre ces traits régionaux, certains édifices doivent leur particularité à leur fonction. Le plan des églises de pèlerinage (chœur muni d’un déambulatoire, transept à collatéraux, nef centrale à double collatéral) facilite le culte des reliques ; Ste-Foy de Conques, St-Sernin de Toulouse constituaient les principaux édifices de ce type sur la route de St-Jacques-de-Compostelle.

Les objets d’art

Les trésors d’église se constituent, rassemblant objets liturgiques en orfèvrerie, manuscrits, étoffes précieuses et reliquaires. Une Vierge en majesté, en bois polychrome ou en métal repoussé et orné de pierreries, est souvent intégrée au trésor.

L’essor de l’émaillerie limousine est l’un des aspects majeurs de l’histoire des arts somptuaires à l’époque romane. Exécutée sur cuivre doré et champlevé (la plaque de métal est creusée pour recevoir l’émail), elle connut un exceptionnel développement et fut exportée dans toute l’Europe.


L’art gothique

Il s’épanouit du 12 e au 15 e s.

L’architecture

Dès 1140 environ, à St-Denis, des innovations architecturales importantes marquent les préludes du gothique : l’adoption dans l’avant-nef et le chœur de la voûte sur croisée d’ogives , associée à l’arc brisé.

Ogives et moulurations provenant du voûtement se prolongent en faisceaux de colonnettes sur les piles des grandes arcades ; le chapiteau, simplifié, s’amenuise et tend à s’effacer. En façade préside une nouvelle organisation du décor sculpté, au sein duquel apparaissent les statues-colonnes.

Le premier art gothique

Ces innovations se retrouvent dans un groupe d’édifices en Île-de-France et au nord de la France, dans la seconde moitié du 12 e s.

À la cathédrale de Sens, la voûte sexpartite, qui répond au plan rectangulaire des travées, entraîne l’alternance pile forte-pile faible au niveau des supports des grandes arcades. La pile forte reçoit trois éléments d’ogive, tandis que la pile faible ne supporte que la seule ogive intermédiaire. Voûte sexpartite avec alternance des supports et élévation à quatre étages – grandes arcades, tribunes, triforium, baies hautes – caractérisent ce premier art gothique (Sens, Noyon, Laon).

La cathédrale la plus célèbre du premier art gothique est Notre-Dame de Paris dont les travaux ont débuté en 1163. Dans les années 1180-1200, ses voûtes surhaussées sont renforcées à l’extérieur par des arcs-boutants . À l’intérieur, l’alternance des supports disparaît.

L’âge classique: les grandes cathédrales

Les règnes de Philippe Auguste (1180-1223) et de Saint Louis (1226-1270) voient l’apogée du style gothique en France.

La reconstruction de la cathédrale de Chartres (vers 1210-1230) donne un modèle, adopté par les édifices de Reims, Amiens, Beauvais : voûte sur plan barlong, élévation à trois étages (sans tribunes), arcs-boutants à l’extérieur. Le chœur à double déambulatoire et les transepts munis de collatéraux aménagent un volume intérieur grandiose. Les fenêtres hautes de la nef centrale sont divisées en deux lancettes surmontées d’une rosace.

Les façades se subdivisent en trois registres, par exemple à Laon ou à Amiens : la zone des portails, aux porches profonds unifiés par des gâbles, est surmontée d’une rose ajourée enserrant des vitraux. Sous l’étage des tours court une galerie d’arcatures.

Le gothique rayonnant

Le gothique rayonnant s’impose en France du Nord, de la fin du 13e s. aux années 1370 (le chœur de Beauvais, transept nord de la cathédrale de Rouen).

Le perfectionnement technique du voûtement, et notamment l’utilisation d’arcs de décharge, permet d’ouvrir les murs, comme à St-Urbain de Troyes où à la Sainte-Chapelle de Paris (1248) :

Dans le Centre et le Sud-Ouest, l’architecture gothique se développe à la fin du 13e s. avec des formules originales. Le maître d’œuvre de la cathédrale de Narbonne conçoit une architecture aux proportions massives, où l’élan vertical est brisé par l’aménagement de terrasses au-dessus des bas-côtés. À Ste-Cécile d’Albi, le recours à la brique et la fidélité au système des contreforts, hérités de l’art roman, dessinent un édifice d’une très grande indépendance par rapport aux modèles du nord de la France.

Tout au long du 14e s., la sculpture envahit l’intérieur des édifices : jubés, clôtures de chœur, retables monumentaux et statues de dévotion.

Le gothique flamboyant

Dès la fin du 14e s., les grands principes architecturaux n’évoluent plus, mais le vocabulaire décoratif multiplie flammèches, arcs lancéolés, pinacles, choux frisés, définissant le gothique flamboyant. La Sainte-Chapelle de Riom, construite pour le duc de Berry, en constitue un exemple précoce. Le gothique flamboyant caractérise en France de nombreux édifices civils (hôtel Jacques-Cœur à Bourges) ou religieux (façade de l’église St-Maclou à Rouen), et s’étend au mobilier liturgique (clôture du chœur et jubé de Ste-Cécile d’Albi). Durant toute la période gothique, les châteaux restent fidèles aux modèles féodaux (Angers, Cordes) et n’évolueront qu’à l’aube de la Renaissance.

La statuaire illustre les progrès du naturalisme et du réalisme. Les statues-colonnes des portails, encore hiératiques au 12e s., témoignent dès le 13e s. de plus de liberté et d’expressivité (Amiens, Reims).

De nouveaux thèmes s’imposent : le Couronnement de la Vierge, traité à Senlis pour la première fois (1191), devient un sujet privilégié.

L’art du vitrail

Au 12e s., les maîtres verriers mettent au point un bleu intense, devenu célèbre sous le nom de « bleu de Chartres ». Vers 1300-1310, l’invention du jaune d’argent permet d’obtenir des verres émaillés plus translucides, aux couleurs plus nuancées.

L’association du vitrail à l’architecture gothique a eu pour conséquence l’élargissement des baies. Les vitraux de Chartres, de la Sainte-Chapelle à Paris, en grande partie intacts, constituent de précieux témoignages de cet art caractéristique de l’esprit gothique.

Miniature et peinture

Il faut attendre le 14 e s. pour que des nouveautés apparaissent dans la miniature gothique (jusque-là influencée par la miniature romane) avec la découverte du modelé, la disparition du fond d’or remplacé par des éléments géométriques et les premiers pas du concept d’espace à trois dimensions (Jean Pucelle, les Heures de Jeanne d’Évreux ).

La peinture de chevalet n’est attestée en France que vers 1350 (portrait de Jean le Bon, musée du Louvre). Les influences italiennes et surtout flamandes sont sensibles dans les œuvres des grands artistes du 15e s., Jean Fouquet, Enguerrand Quarton, ou le Maître de Moulins, tant dans le traitement du paysage que dans le souci du détail.


La Renaissance

Les châteaux

La vallée de la Loire

L’art gothique se maintient en France jusqu’au milieu du 16 e s. Cependant, dès les années 1500, apparaissent dans la région de la Loire les signes d’une rupture avec les traditions médiévales.

L’esthétique de la Renaissance lombarde, connue en France depuis les campagnes militaires de Charles VIII et de Louis XII, à la fin du 15 e s., n’affecte dans un premier temps que le décor architectural, en y introduisant les motifs antiquisants de pilastres, rinceaux, coquilles. Peu à peu, l’architecture féodale, militaire et défensive laisse place à des demeures seigneuriales plus luxueuses. Le château de Chenonceau et celui d’Azay-le-Rideau témoignent de cette évolution, par le souci de régularité dans le plan et l’amorce d’un décor architectural. Ce sont cependant les grandes entreprises royales qui furent déterminantes pour l’essor de la Renaissance française.

Au château de Blois entrepris en 1515, si l’irrégularité des travées relève d’un archaïsme médiéval, le désir de s’inspirer des modèles italiens atteste la nouveauté capitale de cette entreprise. Le château de Chambord (1519-1547), mélange de traditions françaises (tours d’angle, toits irréguliers à lucarnes) et d’innovations (symétrie des façades, raffinement du décor, escalier monumental intérieur), inspire la réfection de nombreux châteaux de la Loire sous le règne de François I er (Chaumont, Le Lude, Ussé).

L’architecture bellifontaine

Après la défaite de Pavie (1525), François I er délaisse ses résidences du Val de Loire et privilégie l’Île-de-France. En 1527 débute la construction du château de Fontainebleau, sous la direction de Gilles Le Breton. La conception du décor intérieur, œuvre des artistes de la première école de Fontainebleau, aura une profonde influence sur l’évolution de la production artistique française.

À la fin du 16 e s., l’architecture des châteaux présente une ordonnance nouvelle, composée d’un corps de logis unique, centré sur un avant-corps et flanqué de pavillons aux extrémités. Les ailes en retour d’équerre sont supprimées et les façades allient parement de brique et chaînage de pierre.

Vers un nouvel urbanisme

Après les guerres de Religion (1560-1598), de nouvelles tendances viennent renouveler les arts et préludent au classicisme. L’intérêt du pouvoir monarchique pour les questions d’urbanisme conduit à l’aménagement rationnel de places (place des Vosges, place Dauphine à Paris) et à l’uniformisation des bâtiments qui les bordent (arcades au rez-de-chaussée, façades en brique et pierre). Imitées en province (Charleville, Montauban), ces réalisations préfigurent les places royales du Grand Siècle.

Le style maniériste

L’italien le Rosso (1494-1540) impose un système décoratif nouveau en France, combinant stucs, lambris, fresques allégoriques aux coloris acides, nourries de références humanistes et littéraires (décor de la galerie FrançoisI er à Fontainebleau). Le style maniériste, caractérisé par l’influence de la statuaire antique, l’allongement des proportions et la surcharge décorative, s’accentue avec l’arrivée à la Cour du Primatice (1504-1570), en 1532. Le décor de Fontainebleau se poursuit sous la seconde école de Fontainebleau, qui désigne l’ensemble des peintres actifs dans l’entourage de la Cour sous le règne d’Henri IV et sous la régence de Marie de Médicis.


L’art du 17e s.

Formation du classicisme

Trois architectes, Jacques Lemercier (vers 1585-1654), François Mansart (1598-1666) et Louis Le Vau (1612-1670), eurent un rôle essentiel dans la définition des normes de l’architecture classique en France.

Lemercier (château de Rueil, ville de Richelieu, église de la Sorbonne à Paris) se montre tributaire des influences italiennes, dominantes dans le domaine de l’architecture religieuse : façade à deux étages, avant-corps à colonnes, couronnement en fronton triangulaire.

Mansart innove davantage (aile Gaston d’Orléans à Blois) : le plan des châteaux (pavillon central avec avant-corps), la répartition du décor architectural établi pour accentuer les lignes verticales et horizontales, l’utilisation des ordres (dorique, ionique, corinthien) sont désormais des constantes de l’architecture classique française.

L’œuvre de Le Vau , qui débute sa carrière avant le règne de Louis XIV en concevant des hôtels particuliers pour la noblesse ou la haute bourgeoisie (hôtel Lambert à Paris), possède, par la recherche d’une architecture grandiose, d’apparat, les caractéristiques du classicisme sous Louis XIV (Vaux-le-Vicomte).

L’émergence d’une école picturale française

Le retour de Simon Vouet (1590-1649) en France en 1627 (après un long séjour romain), puis la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1648 permettent l’essor de l’école française. Les références italiennes, vénitiennes (richesse du coloris) ou romaines (dynamisme de la composition) sont présentes dans l’art de Vouet et de son élève Eustache Le Sueur (1616-1655), toujours tempérées par un souci d’ordre et de clarté.

Décors à sujets mythologiques, sujets religieux prônés par la Contre-Réforme, portraits constituent l’essentiel de leur œuvre.

Poussin (1594-1665) et Champaigne (1602-1674) pratiquent en peinture un art intellectuel, nourri de références philosophiques, historiques ou théologiques, emblématique du classicisme français.

D’autres courants picturaux se manifestent en France dans la première moitié du siècle. L’Italien Caravage influence par son réalisme l’école toulousaine, dont Nicolas Tournier (1590-ap. 1660) est la figure majeure. En Lorraine, le caravagisme affecte l’œuvre de Georges de La Tour (1593-1652) par la science du clair-obscur et le choix de sujets humbles.

Une sculpture entre baroque et classicisme

Dans les premières décennies du 17e s., la sculpture est marquée par les modèles italiens contemporains. Jacques Sarrazin (1588-1660), formé à Rome, adopte un vocabulaire classique, mesuré, dérivé de l’antique et des modèles picturaux de Poussin.

François Anguier et son frère Michel se montrent davantage sensibles au langage baroque par la mise en scène théâtrale des sculptures et la traduction du dynamisme. La sculpture française continue à osciller entre un langage classique mesuré et une emphase toute baroque, ainsi chez François Girardon, Antoine Coysevox ou Pierre Puget.

Le classicisme versaillais

L’architecture à la française

Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), la centralisation du pouvoir et la toute-puissance de l’Académie royale engendrent un art officiel, reflet des goûts et de la volonté du souverain. Défini à Versailles, le style Louis XIV s’impose en France dans le dernier tiers du 17e s., imité dans ses principes, mais avec moins de moyens, par l’aristocratie.

Les références à l’Antiquité, le souci d’ordre et d’apparat caractérisent cet art, en architecture comme en peinture ou en sculpture. L’échec des projets du Bernin pour le palais du Louvre symbolise la résistance française aux formules du baroque, qui ne l’atteignent que superficiellement. Le collège des Quatre-Nations (aujourd’hui Institut de France), réalisé par Le Vau, sur le modèle d’une église à coupole avec des ailes incurvées, en est l’une des rares expressions.

À Versailles, Le Vau puis Hardouin-Mansart (1646-1708) érigent une architecture grandiose : volumes rectangulaires scandés par des avant-corps à colonnes jumelées, toit plat, décor architectural inspiré de l’antique.

Le Brun (1619-1690), premier peintre du roi, supervise l’ensemble du décor intérieur et lui assure une remarquable homogénéité de style. Tissus foncés, lambris sombres, stucs dorés, plafonds compartimentés et peints, copies de statues gréco-romaines composent ce décor, qui s’allège cependant vers la fin du siècle.

En 1662, la création des Gobelins , Manufacture royale des meubles de la Couronne, assure l’essor des arts décoratifs. Peintres, sculpteurs, lissiers, marbriers, orfèvres, ébénistes travaillent sous la direction de Charles Le Brun et parviennent à une grande perfection technique. Le mobilier est massif, souvent sculpté et parfois doré. La marqueterie Boulle, qui associe laiton, écaille et bronze doré, est l’une des plus luxueuses productions de la période dans le domaine des arts décoratifs.

Le jardin à la française

Le parc, conçu par Le Nôtre (1613-1700), répond aux exigences de rigueur et de clarté du jardin « à la française ». Compositions végétales géométriques, grandes perspectives axiales, jeux d’eau, théâtres de verdure, bosquets et sculptures allégoriques donnent l’image d’une nature maîtrisée et ordonnée. Le décor de sculptures est omniprésent dans les jardins : les deux sculpteurs majeurs du règne, Girardon (1628-1715) et Coysevox (1640-1720), y contribuent, avec des œuvres inspirées de la mythologie antique. Puget (1620-1694), autre sculpteur important de la période, est l’auteur d’une œuvre beaucoup plus tourmentée, baroque.


L’art du 18e s.

Il est né en réaction contre l’austérité et le caractère imposant du grand style Louis XIV, inadapté à la vie luxueuse et aux plaisirs de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie sous la Régence (1715-1723), puis sous Louis XV (1723-1774).

L’art rocaille français (1715-1750)

Classicisme et rocaille en architecture

L’architecture reste fidèle, dans son ordonnance extérieure, à certains principes de composition classiques (volumes simples, symétrie des façades, avant-corps sommé d’un fronton triangulaire), mais le recours aux ordres antiques est moins rigoureux et moins systématique. Les hôtels particuliers sont les édifices les plus représentatifs de cette nouvelle architecture (hôtel de Soubise à Paris). Les appartements d’apparat pompeux sont abandonnés au profit de pièces plus petites, plus intimes. Les lambris, souvent blanc et or, couvrent la surface des murs (cabinet de la Pendule à Versailles).

Peinture: vers une multiplication des genres

La génération des peintres du début du siècle est marquée par l’influence de l’art flamand. Desportes (1661-1743), Largillière (1656-1746), Rigaud (1659-1743) traitent de somptueuses natures mortes décoratives ou des portraits d’apparat. Les thèmes profanes s’imposent : fêtes galantes, théâtre de la vie mondaine. Watteau (1684-1721), Boucher (1703-1770), Natoire (1700-1777) et Fragonard (1732-1806) peignent des scènes de genre, aimables ou bucoliques, parfois à prétexte mythologique.

Le portrait connaît un important renouvellement. Peintre officiel des filles de Louis XV, Nattier (1685-1766) exécute des portraits en travesti mythologique ou des portraits à mi-corps, moins pompeux que les traditionnels portraits de cour. Le pastelliste Quentin de La Tour (1704-1788) excelle dans le rendu du tempérament individuel et de la psychologie, en insistant sur l’étude du visage, moins chargé de signification sociale que le costume ou les accessoires.

Les petits genres (nature morte, paysage), méprisés par l’Académie mais appréciés en tant que décor dans les intérieurs bourgeois, connaissent un essor significatif. Chardin (1699-1779) peint de sobres natures mortes, ou des petites scènes de genre d’inspiration flamande, à la fois réalistes et pittoresques.

La grande statuaire

Les frères Adam (bassin de Neptune à Versailles), Coustou (1677-1746) ( Chevaux de Marly ) ou Slodtz (1705-1764) introduisent dans la sculpture le vocabulaire du lyrisme baroque, recherchant la traduction expressive du mouvement et du sentiment. Drapés animés ou flottants, goût pour la représentation des détails, poses instables caractérisent les principales tendances de cet art.

Bouchardon (1698-1762), formé à Rome au contact de l’archéologie antique, représente jusqu’au milieu du siècle une tendance plus classique.

Le style LouisXV

Le répertoire ornemental combine enlacements végétaux, courbes, coquilles, motifs naturalistes ; des peintures – paysages ou scènes champêtres – sont insérées dans les lambris au-dessus des portes, ou aux écoinçons des plafonds.

L’importance de la vie mondaine favorise la création d’un mobilier de luxe, dont le style s’harmonise avec celui des lambris. Naissent alors de nouveaux meubles : après la commode, ce sont les secrétaires – droit ou en pente –, bonheur-du-jour, chiffonnier et innombrables petites tables, et pour les commodités de la conversation : la bergère, la voyeuse et toutes sortes de canapés et sièges où s’alanguir (duchesse, dormeuse, divan…). Les lignes courbes sont privilégiées ; les matériaux rares et précieux – bois exotiques, panneaux de laque de Chine – sont associés aux marqueteries florales et aux bronzes dorés finement ciselés. Les grands ébénistes rocaille signent Cressent, Joubert, Migeon, et les menuisiers en siège Foliot, Sené, Cresson…

La manufacture de Vincennes, transférée à Sèvres en 1756, produit des pièces somptueuses, certaines décorées d’un bleu profond (bleu de Sèvres). La dorure est théoriquement réservée aux services royaux. L’orfèvrerie rocaille se distingue par des motifs de roseaux, vagues, cartouches, coquillages, souvent agencés de façon dissymétrique. Thomas Germain (1673-1748) fut l’un des plus prestigieux fournisseurs de modèles pour les tables princières.

La réaction néoclassique

Dès le milieu du siècle, une réaction à la fois morale et esthétique se dessine contre le style rocaille. Les modèles classiques – ceux du 17e s. et de l’Antiquité – apparaissent alors comme un recours absolu.

Architecture: l’Antiquité comme modèle

La nouvelle architecture s’astreint à plus de rigueur et de monumentalité. Les façades sont marquées par la discrétion du décor sculpté, et l’utilisation de l’ordre dorique se généralise. Certains édifices dérivent de modèles antiques, comme par exemple l’église Ste-Geneviève (actuel Panthéon) à Paris, due à Soufflot (1713-1780). Victor Louis (1735-1807), qui donne les plans du théâtre de Bordeaux, Brongniart (1739-1813) et Bélanger (1744-1818) bénéficient de la majorité des commandes architecturales sous Louis XVI.

L’influence de la philosophie des Lumières engendre un intérêt accru pour l’architecture publique et fonctionnelle, dont on a un exemple fameux aux salines d’Arc-et-Senans, par Claude Nicolas Ledoux (1736-1806).

Un nouveau naturalisme en sculpture

Les sculpteurs recherchent un rendu naturaliste de l’anatomie, éloigné des excès de l’art rocaille. Ils s’inspirent de modèles gréco-romains. Houdon (1741-1828) est l’un des sculpteurs majeurs de la seconde moitié du siècle. Ses bustes constituent une véritable galerie de portraits de ses contemporains, aussi bien français (Voltaire, Buffon, Madame Adélaïde) qu’étrangers (B. Franklin, G. Washington). Très réalistes, sans perruque ni vêtement, « à la française », ils représentent l’apogée du portrait sculpté en France. Houdon fut l’auteur de tombeaux et de statues mythologiques. Pigalle (1714-1785) se montre encore tributaire des formules du début du siècle (tombeau du maréchal de Saxe, dans le temple St-Thomas de Strasbourg), que la réaction néoclassique ne parvint pas à effacer en sculpture.

Peinture: entre nature et antique

Dès les années 1760, les tentatives de l’Académie royale pour restaurer le Grand Genre conduisent à favoriser de nouveaux thèmes : histoire antique, héroïsme civique ou tragédies constituent le répertoire des peintres comme David (1748-1825). Le style est inspiré des bas-reliefs et de la statuaire antiques, les principes de composition se réfèrent aux œuvres de Poussin et des grands maîtres du 17e s.

Une tendance plus souple, représentée par les œuvres de Greuze (1725-1805), accorde davantage d’importance à la sensibilité et au sentiment, prémices du romantisme qui s’épanouira après la Révolution.

Le style LouisXVI

Le mobilier Louis XVI conserve certaines caractéristiques héritées du début du siècle (utilisation de matériaux précieux, décor de bronze doré ciselé), mais le galbe et la courbe laissent place à la ligne droite. Le décor, quoique conservant les motifs de fleurs et de rubans, adopte volontiers la frise d’oves, les grecques, les faisceaux. René Dubois (1738-1799) est, avec Louis Delanois (1731-1792), l’initiateur du style « à la grecque », inspiré du mobilier antique révélé par les fresques d’Herculanum et de Pompéi. À ce genre se rattachent des artistes prestigieux comme Œben, Riesener et, pour les meubles ornés de plaques de porcelaine peinte, Carlin, puis par la suite, Beneman et Levasseur.

À la fin du siècle, les motifs importés d’Angleterre – épis, lyres, corbeilles de vannerie, montgolfières – sont introduits dans le vocabulaire décoratif.

La porcelaine dure – dont la technique n’est connue en France qu’au début des années 1770 – domine la production de la manufacture de Sèvres. Les biscuits (statuettes en porcelaine non émaillées et laissées blanches), reproduisant des modèles de Fragonard et de Boucher, connaissent un vif succès. Enfin, l’ouverture du musée du Louvre en 1793 prélude à la création de nombreux musées dans l’Hexagone.


L’art du 19e s.

L’Empire

Après le sacre (1804), Napoléon favorise un art officiel par la commande de décors (Fontainebleau) ou de tableaux relatant les grands événements de l’Empire. Des artistes formés au 18 e s., comme David ou ses élèves, Gros (1771-1835) et Ingres (1780-1867), bénéficient de la faveur de l’Empereur. Ingres s’impose comme le défenseur du néoclassicisme, en digne successeur de David. Les thèmes nouveaux du romantisme inspirés par la littérature contemporaine, l’orientalisme, le goût pour les anecdotes de l’histoire nationale chez les peintres troubadours définissent les nouvelles orientations de la production picturale.

Dans le domaine de l’architecture, l’art est moins novateur. Napoléon commande de grandes réalisations commémoratives à la gloire de la Grande Armée : arc de triomphe du Carrousel, colonne Vendôme, église de la Madeleine. Les architectes officiels, Percier (1764-1838) et Fontaine (1762-1853), supervisent l’ensemble des entreprises architecturales, et donnent des modèles aussi bien pour les édifices que pour les décors de fêtes ou les arts décoratifs.

Les palais royaux sont remeublés. Le mobilier dérive du mobilier néoclassique : commodes et serre-bijoux aux volumes massifs, quadrangulaires, en acajou plaqué de bronze doré aux motifs antiquisants. Jacob-Desmalter (1770-1841) est le principal ébéniste de la cour impériale. La campagne d’Égypte introduit le style dit « retour d’Égypte » (sphinx, lotus) dans les arts décoratifs.

De 1815 à 1848, deux grandes tendances traversent la production artistique en France. D’une part, l’épuisement de la veine néoclassique ; d’autre part, l’éclosion de l’historicisme. Ce dernier style multiplie les références à l’architecture du passé, notamment médiévale (église N.-D. de Boulogne-sur-Mer, cathédrale de Marseille par Vaudoyer). La création des Monuments historiques en 1830 et les débuts de la carrière de Viollet-le-Duc (1814-1879) en sont le prolongement.

Le Second Empire

Avec l’avènement de Napoléon III, l’éclectisme domine dans l’ensemble des arts. L’achèvement du Louvre par Visconti (1791-1853), puis par Lefuel (1810-1880), et la construction de l’Opéra de Paris par Garnier (1825-1898) comptent parmi les plus vastes entreprises du siècle. Les références aux styles du passé (16 e , 17 e et 18 e s.) sont omniprésentes. Toutefois, l’introduction de nouveaux matériaux comme le fer, le verre et la fonte (gare du Nord par Hittorff, église St-Augustin par Baltard à Paris) témoigne de l’apport des doctrines rationalistes et du progrès technologique.

Le baron Haussmann (1809-1891), préfet de la Seine, établit les règles d’un urbanisme qui modernise la capitale.

En peinture, l’académisme triomphe. Cabanel (1823-1883), Bouguereau (1825-1905) ou Winterhalter (1805-1873) s’inspirent aussi bien de la statuaire antique que des grands maîtres vénitiens du 16 e s. ou des décors rococo. Cependant, Courbet (1819-1877), Daumier (1808-1879) et Millet (1814-1875) forment l’avant-garde du réalisme en peinture, avec des sujets privilégiant la vie urbaine ou rurale. Ingres (1780-1867), qui représente la tendance classique, et Delacroix (1798-1863), le grand peintre romantique du siècle, sont au faîte de leur carrière.

Les chantiers architecturaux favorisent l’essor de la sculpture. Carpeaux (1827-1875), auteur du haut-relief de La Danse sur la façade de l’Opéra, transcende l’éclectisme par un style très personnel, qui se réfère sans plagiat à l’art flamand, à la Renaissance et au 18 e s.

Le goût du pastiche prévaut dans les arts décoratifs. Mobilier et objets d’art reproduisent les formes et les motifs ornementaux de la Renaissance, du 16 e ou du 18 e s.

la III République

Architecture officielle et décor Art nouveau

Sous la III e République, les créations architecturales suivent le rythme des Expositions universelles à Paris : tour Eiffel, Grand Palais et pont Alexandre-III.

Dès les années 1890, les architectes de l’Art nouveau, influencés par l’Angleterre et la Belgique, se démarquent du style officiel. Décor des façades et décor intérieur sont harmonisés, et l’architecte conçoit l’ensemble des éléments : vitraux, carrelage, mobilier, papier peint…

Tiges végétales, motifs floraux stylisés et japonisants, asymétrie prévalent dans le nouveau vocabulaire décoratif. Guimard (1867-1942) est le principal représentant de cet art (Castel Béranger à Paris, décor d’entrée des bouches de métro parisiennes). Les arts décoratifs sont intégrés au mouvement de l’Art nouveau, grâce à l’ébéniste Majorelle (1859-1929) ou au verrier-céramiste Gallé (1846-1904) à Nancy.

Peinture et sculpture: le refus de l’académisme

Les impressionnistes exposent, dès 1874, en dehors du Salon officiel. Monet (1840-1926), Renoir (1841-1919), Pissarro (1830-1903) renouvellent la technique et les thèmes du paysage, par l’étude de la lumière et le travail en plein air, et imposent des sujets nouveaux, inspirés par la vie contemporaine. Manet (1832-1883) et Degas (1834-1917) se joignent temporairement au groupe. Ils marquent une première rupture avec l’art officiel.

Dans les années 1885-1890, les néo-impressionnistes – Seurat (1859-1891), Signac (1863-1935) – portent à son paroxysme la technique de la touche fragmentée. Peintre néerlandais, Van Gogh (1853-1890) arrive en France en 1886. Sa technique (couleurs pures, touche visible) ainsi que sa conception de l’art, où la vision intérieure prévaut sur l’étude du réel, auront une grande influence sur les peintres du début du 20e s. Cézanne (1839-1906) et Gauguin (1848-1903), influencés par l’art japonais, rejettent en partie l’héritage de l’impressionnisme pour s’attacher davantage au volume. En 1886, Gauguin vient chercher un renouvellement de son inspiration à Pont-Aven, près de Concarneau, déjà fréquenté par Corot dans les années 1860. Les artistes qui travaillent alors à ses côtés, Émile Bernard et Paul Sérusier, forment l’école de Pont-Aven, caractérisée par des recherches synthétiques et symbolistes, et ouvrent la voie aux nabis . Ces derniers, parmi lesquels Denis (1870-1943), Bonnard (1867-1947) et Vuillard (1868-1940), prônent la supériorité de la couleur sur la forme et le sens.

En sculpture, la fin du siècle est dominée par le génie de Rodin (1840-1917) qui la libère des conventions formelles académiques.


L’art du 20e s.

Jusqu’en 1945, les mouvements d’avant-garde se définissent comme une réaction contre les courants issus du 19e s.

Les avant-gardes

Le fauvisme

Le fauvisme crée l’événement en peinture au Salon d’automne de 1906. Derain (1880-1954), Marquet (1875-1947) et Vlaminck (1876-1958) décomposent le paysage en couleurs arbitraires et ouvrent la voie à l’art non figuratif. Matisse (1869-1904), après des débuts fauves, développe un art indépendant des grands courants, fondé sur l’étude de la couleur.

Le cubisme

L’autre manifestation majeure de l’avant-garde en peinture se traduit dans l’œuvre de Braque (1882-1963) et de Picasso (1881-1973), qui poursuivent l’étude de la décomposition des volumes amorcée par Cézanne (1839-1906). Ces recherches conduisent au cubisme (discontinuité dans la représentation de la réalité, monochromie, illisibilité des sujets), qui domine leur production entre 1907 et 1914. Les cubistes du groupe de la Section d’or (Gleizes et Metzinger, Léger à ses débuts) pratiquent un art moins révolutionnaire, plus figuratif.

Le dadaïsme

De Zurich, où il naît en 1916, en réaction contre l’absurdité de la guerre, le dadaïsme atteint rapidement Paris, rassemblant des personnalités très différentes. Parmi leurs points communs, un même désir de contestation culturelle, mêlant provocation et dérision. Dada a touché écrivains et poètes (André Breton, Robert Desnos), musiciens (Erik Satie) et artistes (Robert et Sonia Delaunay, Francis Picabia, Marcel Duchamp avec les premiers ready-made). 1921 marque la fin du mouvement.

Le surréalisme

Dans les années 1920-1930, le surréalisme renouvelle l’inspiration des artistes. Art subversif, il crée un univers non logique, onirique ou fantastique. Le hasard, les messages de l’inconscient sont intégrés pour la première fois au processus de création. Duchamp (1887-1968), Masson (1896-1987), Picabia (1879-1953) et Magritte (1898-1967) participent à ce mouvement.

La sculpture

Dans une production d’une grande richesse se côtoient anciens cubistes et héritiers de la tradition classique. Chez Bourdelle (1861-1929), la pureté et la rigueur des formes en font l’un des précurseurs de la sculpture monumentale du 20 e s. (Héraclès archer) . Maillol (1861-1944), de son côté, simplifie les volumes, parfois jusqu’à la schématisation, en contraste avec l’esthétique de Rodin.

Après 1950

La seconde moitié du 20 e s. se caractérise par un foisonnement des tendances et des écoles picturales : abstraction, pop’art, nouveaux réalistes, etc. Paris n’est plus le foyer des avant-gardes et laisse sa place à NewYork. Mais la création française reste tout aussi active.

L’abstraction

L’abstraction s’impose en France dans le domaine de la peinture après la Seconde Guerre mondiale. Herbin conçoit l’art abstrait à la manière d’un triomphe de l’esprit sur la matière. Il exerce une grande influence sur les jeunes artistes du mouvement de l’abstraction géométrique. Les peintres de l’abstraction lyrique axent leurs recherches sur le chromatisme et la matière, comme Riopelle qui applique la couleur au couteau, ou Mathieu qui travaille la peinture directement extraite du tube.

L’art d’Extrême-Orient influence Soulages, dont le lyrisme méditatif est une variation sur les noirs.

Nicolas de Staël crée un lien entre abstraction et figuration, ses compositions abstraites dérivant d’une observation d’objets réels, parfois encore lisibles dans l’œuvre finale.

Certains artistes tels que Fautrier travaillent la peinture en pâte épaisse, ou lui adjoignent d’autres matériaux comme le sable.

Le nouveau réalisme

Dans les années 1960, le nouveau réalisme, dont le théoricien est Pierre Restany, tente d’exprimer la réalité quotidienne de la vie moderne et de la société de consommation. Il se développe une réflexion critique sur les objets industriels, symboles de cette société : en les accumulant, en les cassant (Arman), en les compressant ou en les assemblant (César), en les piégeant sous verre…

Yves Klein (1928-1962), au-delà de son appartenance aux nouveaux réalistes, tente dans ses Monochromes de capter et d’exprimer l’espace, l’énergie ou l’essence universelle des choses. Il travaille la couleur pure.

Art brut

Le rejet du formalisme et du traditionalisme caractérise l’œuvre de Dubuffet (1901-1985). En 1968, il publie Asphyxiante Culture , un pamphlet qui prône la révolution permanente, la dérision, l’inattendu. Dans ses dernières œuvres, il compose peintures et sculptures à partir d’un puzzle d’unités colorées ou noir et blanc.

Support-Surface

Le mouvement Support-Surface (Claude Viallat, Pagès, Daniel Dezeuze…), au cours des années 1970, réduit la peinture à sa réalité matérielle en jouant sur le support ou sur le mode d’application des couleurs : la toile, hors châssis, est découpée, suspendue, pliée.

Depuis 1980

La création contemporaine de ces dernières années offre toujours une diversité de styles et de courants. Parallèlement, tous les supports sont utilisés comme moyen d’expression par les artistes d’aujourd’hui: peinture, sculpture, photographie, cinéma, vidéo, nouvelles technologies numériques… Certaines personnalités émergent, proposant un travail plus personnel (Sophie Calle, Christian Boltanski, Annette Messager…). Les installations de Daniel Buren et son «outil visuel» (les Deux Plateaux ou «colonnes de Buren», dans la cour du Palais-Royal à Paris, 1985-1986) ou celles de Claude Lévêque mettent en avant le travail in situ , cherchant à montrer le réel autrement.

En peinture, Robert Combas s’inspire de la culture populaire et se rapproche des artistes graphistes, tandis que l’œuvre de Gérard Garouste, empreinte de références à la tradition, marque un retour à la figuration, comme chez Jean-Charles Blais. La photographie n’est pas en reste avec Jean-Luc Moulène ou Valérie Jouve.

Architecture moderne et contemporaine

De l’entre-deux-guerres à « L’Esprit nouveau »

Le « retour au style » est caractérisé en architecture par des volumes géométriques simples, parfois animés de sobres bas-reliefs. Robert Mallet-Stevens (1886-1945) occupe en son temps une place aussi importante que Le Corbusier. Peu nombreuses, ses constructions raffinées, aux proportions et aux lignes étudiées, ne sont pas sans évoquer le cubisme (villa Noailles, Hyères, 1923). Les réalisations d’Auguste Perret (1874-1954) imposent un nouveau matériau, le béton, dans un «style sans ornement» et une maîtrise parfaite des structures (reconstruction du Havre entre 1947 et 1954). L’architecture connaît un renouveau important avec Le Corbusier (1887-1965), qui respecte à la fois les exigences fonctionnalistes et rationnelles et le purisme dans l’esthétique des façades (Cité radieuse à Marseille, chapelle de Ronchamp).

Une période de réflexion

Les grands chantiers de reconstruction de l’après-guerre ont suscité un questionnement à la fin des années 1960 sur l’architecture et l’urbanisme et ont notamment amené à reconsidérer le rapport entre architecture et sculpture, pour une meilleure intégration des deux arts.Claude Parent et Paul Virilio s’orientent vers cette architecture-sculpture.

Une politique de grands travaux

Les grands projets initiés par l’état français à l’aube des années 1980 et 1990 vont stimuler la création architecturale et permettre à une grande variété de tendances et de styles de s’exprimer.

Cette volonté politique correspond aussi à un besoin réel, notamment à Paris. Parmi ces nouvelles réalisations, on trouve la Cité de la musique (Christian de Portzamparc, 1990), l’Institut du monde arabe et le tout récent musée du quai Branly (Jean Nouvel, 1987 et 2006), le parc de la Villette (Bernard Tschumi, 1995), le ministère des Finances à Bercy (Paul Chemetov, 1988), ou encore les «livres ouverts» de la Bibliothèque nationale de France (Dominique Perrault, 1996).

La plupart de ces architectes poursuivent une carrière internationale.

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