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La France aujourd’hui

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La France aujourd’hui

La France, qui a rayonné pendant plusieurs siècles à travers le monde, bénéficie d’un « capital image » unique : son patrimoine exceptionnel, son histoire, son statut de « patrie des droits de l’homme », son art de vivre expliquent, au même titre que ses paysages d’une extraordinaire variété, qu’elle soit le pays le plus visité de la planète. Certes, elle n’a plus la même aura qu’autrefois. Les derniers à l’admettre sont peut-être les Français eux-mêmes. Tout comme ils ont du mal à reconnaître leurs propres atouts d’aujourd’hui ! Pourtant, ces derniers ne manquent pas. Sixième puissance économique mondiale, l’Hexagone compte de grands fleurons industriels, y compris dans des domaines de haute technologie. Sur la scène diplomatique européenne et internationale, la France sait encore faire entendre sa voix. Et sa société, qui affiche une fécondité parmi les plus élevées du Vieux Continent, est riche de sa diversité culturelle et communautaire.


Vue de l’étranger…

L’essayiste Pierre Daninos (1913-2005) brossait ainsi le portrait de ses contemporains : « La France est le seul pays du monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition mais vingt divisions. » Individualistes, indisciplinés, râleurs, mais également attachés à des corporatismes, à des acquis sociaux défendus par le recours aux grèves, les Français s’expriment sur tout et adorent débattre de leurs divergences, tout en rêvant du miracle du consensus ! Bref, les paradoxes ne leur font pas peur, d’où le caractère contradictoire des stéréotypes qui leur sont attribués par le reste du monde : les Français sont tout à la fois considérés comme mal éduqués, suffisants, amoraux, routiniers, novateurs, impatients, courageux, charmants et insupportables !

Une voix qui porte

Bien qu’elle n’ait plus la même puissance économique et culturelle qu’autrefois, la France a réussi à conserver jusqu’ici une certaine aura internationale et un rôle diplomatique important. Dotée de l’ arme nucléaire , elle fait partie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ ONU . Au sein de l’ Union européenne dont elle a été l’une des fondatrices, elle continue à jouer un rôle important… quitte à se transformer en trouble-fête, comme en 2005, lorsqu’elle a été le premier pays à rejeter par référendum le Traité constitutionnel européen (avec près de 55 % de « non »). Deux ans auparavant, l’opposition du président Jacques Chirac à l’invasion américaine en Irak avait eu, à l’échelle mondiale, un plus grand retentissement encore.

De manière générale, la France reste un sujet d’intérêt, voire de perplexité, pour la presse étrangère, qui se fait également l’écho des grands remous intérieurs du pays. Ainsi, les émeutes qui ont secoué les banlieues françaises durant plusieurs semaines en octobre-novembre 2005 ont été abondamment relayées. Plus récemment, les médias internationaux ont suivi avec attention la candidature d’une femme, Ségolène Royal , aux élections présidentielles de 2007. Aujourd’hui, ils continuent à observer avec une certaine curiosité le déroulement de la présidence de Nicolas Sarkozy et, de manière plus générale, s’interrogent sur l’avenir du « modèle social » tricolore – une question qui, en premier lieu, taraude les Français eux-mêmes .

Quel avenir pour la culture

Début décembre 2007, l’édition européenne de l’hebdomadaire américain Time titre en couverture sur « la mort de la culture française ». À l’intérieur du magazine, l’auteur de l’article, Donald Morrison, décline sur 7 pages l’idée suivante : « Autrefois admirée pour l’excellence de ses écrivains, de ses artistes et de ses musiciens, la France d’aujourd’hui est une puissance qui s’étiole sur le marché culturel global. » L’article fait grand bruit en France et déclenche moult réactions indignées.

Au-delà de toute polémique, cette « une » met incontestablement le doigt sur une vérité qui fait mal… Au fond, le bilan de l’aura culturelle de la France dépend de la philosophie adoptée : celle du verre à moitié vide ou à moitié plein ! Si l’on prend l’exemple de la langue, les Français peuvent, au choix, se réconforter ou se désoler : d’un côté, on compte encore environ 200 millions de francophones répartis sur les cinq continents; de l’autre, on ne peut que constater le déclin de l’utilisation du français dans les organisations internationales et européennes.

De même, la France peut se targuer d’avoir depuis les années 1960 une politique culturelle publique qui a contribué pêle-mêle à la survie du cinéma d’auteur, à la protection des artistes et de la diversité culturelle, au développement du spectacle vivant, à la répartition de l’offre sur l’ensemble du territoire, à la présence d’un réseau culturel à l’étranger, etc. Dans le même temps, force est de reconnaître qu’aujourd’hui, ce modèle culturel peine à prendre le tournant de la modernité, à savoir celui de la mondialisation et des nouvelles technologies.

Mais ces dernières années, plusieurs initiatives d’envergure internationale ont été lancées. Ainsi, en 2007, le gouvernement a signé un accord avec les Émirats arabes unis pour la création du musée « Louvre Abou Dhabi », qui devrait ouvrir ses portes en 2012. Pendant trente ans, la France prêtera des œuvres d’art des musées français pour des périodes de six mois à deux ans. Avec, à la clé, des retombées financières pour ces musées, une manne d’autant plus précieuse qu’elle intervient dans un contexte de réduction des financements publics.

Autre phénomène encourageant : de plus en plus de grandes écoles et d’universités françaises s’exportent à l’étranger. Ainsi, en 2006, la prestigieuse Sorbonne a ouvert une antenne à Abou Dhabi et projette également de se développer en Grèce, au Japon et en Corée. Au total, environ 170 programmes issus de l’Hexagone sont implantés aujourd’hui à travers le monde. De quoi donner un regain d’espoir aux nostalgiques du rayonnement culturel français !


La population

Fécondité et vieillissement

Avec 63,7 millions d’habitants (estimation Insee au 1 er janvier 2008 pour la France métropolitaine et l’outre-mer), la France est le pays d’Europe ayant le plus fort taux de natalité après l’Irlande. La fécondité se maintient à un niveau parmi les plus élevés de l’Union européenne (1,96 enfant en moyenne par femme en 2007). Grâce à la forte croissance démographique de l’après-guerre due au baby-boom, à la baisse de la mortalité infantile et à l’immigration qui a représenté le quart de la croissance en moyenne, la France a rattrapé le niveau démographique de ses voisins.

Mais l’on assiste malgré tout à un vieillissement de la population dû à l’allongement de l’espérance de vie (75,6 ans pour les hommes, 84,2 pour les femmes). En 2005, un Français sur cinq avait 60 ans ou plus. En 2050, ce sera le cas d’un habitant sur trois, estime l’Insee, l’Institut national de la statistique. Ce phénomène – mais il n’est pas le seul – alimente les inquiétudes autour de la survie du système de Sécurité sociale, réputé comme l’un des plus protecteurs au niveau européen.

Une répartition inégale

La France est moyennement peuplée : la densité de 107 hab au km 2 la situe au 9 e rang de l’Union européenne, loin derrière les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie. Mais cette moyenne ne rend pas compte des disparités régionales. La moitié des Français vit sur un peu plus de 10 % du territoire , en premier lieu en région parisienne, et ce malgré un processus de décentralisation, tant au niveau administratif qu’économique.

Parmi les grandes aires urbaines, seule celle de Paris (environ 20 % des citadins du pays) peut rivaliser avec New York, Tokyo ou Londres.

Terre d’immigration

La France est une terre d’immigration depuis le 19 e s. On estime aujourd’hui qu’ un Français sur quatre a des racines étrangères . Par ailleurs, avec environ 6 % d’étrangers (c’est-à-dire de personnes d’une autre nationalité que française), le pays se situe au-dessus de la moyenne de l’Union européenne à quinze. Dans cette France multiculturelle, les élections présidentielles de 2002 ont été un coup de tonnerre , avec l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, parti d’extrême droite. En dépit de la victoire de son adversaire d’alors, Jacques Chirac (réélu à 82 %), ce scrutin a laissé un certain traumatisme dans l’opinion.


Une société en mouvement

Les Français et la famille

Les sondages le démontrent régulièrement : dans leur immense majorité, les Français considèrent que la famille représente quelque chose d’important dans leur vie. Une famille qui, durant les dernières décennies, a connu, comme dans beaucoup d’autres pays européens, d’importantes évolutions. On compte aujourd’hui moins de 300 000 mariages en France par an, contre plus de 400 000 dans les années 1950.

On se sépare beaucoup plus qu’avant : actuellement, pour 100 mariages, près de 50 divorces sont prononcés, contre 12 pour 100 en 1970. En toute logique, les naissances hors mariage ont progressé jusqu’à devenir majoritaires (50,5 % en 2007).

Aux côtés de l’union libre, le pacs (pacte civil de solidarité), qui a été instauré en 1999 pour donner un statut légal aux couples non mariés, connaît un succès certain (fin 2007, plus de 350 000 pacs avaient été signés).

Une France de plus en plus verte…

Lentement mais sûrement, les Français se tournent vers le tout-naturel, la lutte contre le gaspillage et la pollution, dans tous les secteurs, y compris celui de la santé, avec parfois certains paradoxes !

Ainsi, après l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics, cafés et restaurants ont résolu le problème en installant des terrasses chauffées… une pratique pas vraiment « écolo » !

Reste que, depuis les années 2000, les observateurs de la société notent l’émergence d’une véritable « classe moyenne verte » transgénérationnelle. Non seulement les Français dans leur majorité se montrent dans leurs gestes quotidiens plus soucieux de l’environnement (ils affirment trier leurs déchets ou réduire leur consommation d’énergie) mais en plus, un nombre croissant affirme être prêt à dépenser plus pour acheter des « produits verts ».

Religions

Les quatre cultes reconnus en 1905 lors de la séparation de l’Église et de l’État ( catholicisme, protestantisme réformé et luthérien, judaïsme ) côtoient aujourd’hui des religions d’origines géographiques ou historiques nouvelles.

Si le catholicisme reste majoritaire, l’ islam est devenu la deuxième religion en France, le bouddhisme est sorti de la marginalité et des formes de religion plus diffuses et individualisées se sont développées. En même temps, l’ agnosticisme progresse (plus de 25 % des Français ne s’identifient à aucune religion), particulièrement chez les jeunes.


Les grands défis

Niveau de vie

Interrogez n’importe quel Français sur son niveau de vie ou son pouvoir d’achat : il vous dira à coup sûr qu’ils n’ont fait que baisser ces dernières années, et surtout depuis le passage à l’euro en 2002. Les chiffres officiels ont beau, du moins jusqu’à présent, démontrer le contraire, ce sentiment d’appauvrissement est très ancré dans la population et se vérifie certainement pour certaines catégories sociales. Un sentiment renforcé par le fait qu’en France, les prélèvements sociaux représentent près de la moitié des revenus (44 %).

Certes, le pouvoir d’achat des Français a été multiplié par cinq en un demi-siècle, mais, soulignent certains observateurs, l’écart entre les Français les plus pauvres et les plus riches s’est creusé depuis les années 2000. La pauvreté, évaluée à 10 % de la population, n’a pas augmenté, notamment grâce à un système de protection sociale. Mais elle a changé de nature avec l’apparition du chômage de longue durée, surtout chez les jeunes peu qualifiés, les familles monoparentales ou nombreuses et les plus de 45 ans.

Travail et chômage

À la mi-2008, la France comptait environ 2 millions de chômeurs (soit 7,2 % de la population active), contre 2,7 millions en 2005 (9,8 %). Pas de quoi, cependant, crier victoire. D’autant que cette décrue s’accompagne d’un phénomène de précarisation, avec le développement de l’intérim, des contrats à durée déterminée, du travail à temps partiel qui paraît plutôt subi que choisi, contrairement à la situation constatée dans d’autres pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas.

Retraites

En France, le financement des retraites est basé sur le système de la répartition : pour payer ces retraites, des cotisations sont prélevées sur les salaires des actifs. Or, avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, ce système ne peut perdurer en l’état. Pour remédier à ce problème, la réforme des retraites en cours vise à faire passer de 40 à 41 ans la durée de cotisation d’ici à 2012 (et probablement à 42 ans en 2016), pour les fonctionnaires comme pour les salariés du privé. Une réforme qui n’est pas sans susciter de vives tensions sociales…

Habitat

Dans ce contexte d’incertitudes et de précarisation, le logement apparaît comme l’une des préoccupations majeures des Français. Il est devenu leur premier poste de dépense (près du tiers de leur budget, acquisition comprise). Pour accéder à la propriété, il n’hésitent pas à s’endetter sur le long terme.

La question de l’accès à un logement social pour les travailleurs pauvres et les chômeurs et celle de l’hébergement d’urgence pour les plus démunis ont été ravivées par les actions d’associations humanitaires telles que les Restos du cœur, créés en 1985 par Coluche (plus de 81 millions de repas servis aux plus démunis durant l’hiver 2007-2008) ou les Compagnons d’Emmaüs, mouvement fondé par l’abbé Pierre, militant pour les mal-logés et les exclus. L’entrée en vigueur en 2000 d’une loi sur la solidarité demandant aux communes la construction de 20 % de logements sociaux sur leur circonscription n’a pas suffi à résorber le problème : aujourd’hui, on estime à 1 million le nombre de demandeurs de logements sociaux, dont 40 % dans la région parisienne. Chez les jeunes actifs, une nouvelle tendance s’installe, celle de la colocation, longtemps considérée comme l’apanage de la vie estudiantine.


L’économie

La France est la sixième puissance mondiale en termes de produit intérieur brut (1 744 milliards d’euros, chiffres 2006). Elle représente également la cinquième force exportatrice de biens. Mais dans le contexte actuel de la mondialisation, la France s’est mise à douter fortement d’elle-même. Depuis l’an 2000, elle n’enregistre plus qu’une croissance moyenne de 1,7 % par an. Sont régulièrement agités les spectres du déclin et de la désindustrialisation. À cela s’ajoutent un très lourd déficit budgétaire (environ 3 % du PIB, soit la limite maximale fixée par l’Union européenne) et une énorme dette publique (1 300 milliards d’euros en 2007). Pourtant, dans chaque grand secteur d’activité, le pays ne manque pas d’atouts pour rebondir. Et depuis 2005, l’État tente de mettre en place une nouvelle politique industrielle, qui, entre autres, privilégierait les pôles d’innovation.

Les secteurs d’activité

Agriculture

La France agricole s’affiche comme la deuxième force exportatrice mondiale de produits agricoles et agroalimentaires et comme le premier producteur et exportateur au niveau européen. Les ventes de boissons, d’alcools et de céréales tiennent, en la matière, le haut du pavé. Le secteur, qui représente 3,5 % du PIB, a connu d’importantes mutations : s’il occupe toujours une grande partie du territoire (50,3 %), il a vu le nombre de ses agriculteurs divisés par quatre en 40 ans (ils sont actuellement entre 600 000 et 700 000).

Industrie

Plus exposée que par le passé à la concurrence internationale, à l’émergence de nouveaux compétiteurs tels que la Chine, aux crises économiques et à la flambée des prix du pétrole, l’industrie française est en recul depuis trente ans ; les estimations varient à ce sujet, mais selon certaines données, elle ne représentait plus que 13 % du PIB et 14 % de l’emploi en 2006 (chiffres Eurostat), alors qu’elle employait jusqu’à 40 % des actifs dans les années 1970. Ce recul de la part de l’industrie dans l’économie est un phénomène qui touche l’ensemble de l’Europe, mais la France fait partie des pays dans lequel il est le plus marqué.

Pourtant, l’Hexagone se distingue au niveau européen et mondial dans plusieurs grands secteurs industriels : ses fleurons s’appellent Alstom (industrie mécanique), Areva (énergie nucléaire), Bouygues et Vinci (travaux publics), Michelin (pneumatiques), PSA et Renault (automobile), Sanofi-Aventis (pharmacie), Total (pétrole), etc. Quant à l’industrie du luxe , héritière d’une longue tradition de créativité, de savoir-faire et de patrimoine culturel, elle occupe une place à part dans l’économie française. Ses grands noms sont connus dans le monde entier : LVMH, Chanel, Hermès International.

Services

En France, les services représentent 75 % du PIB, et trois actifs sur quatre travaillent dans ce secteur. Depuis les années 1980, les effectifs y ont augmenté d’un tiers.

Dans ce domaine, le tourisme fait partie des activités phare : il est le troisième secteur créateur d’emplois dans le tertiaire, après les services aux entreprises et la construction, et représente à lui seul 7 % du PIB. La France détient en effet la palme du pays le plus visité au monde, avec 82 millions de visiteurs étrangers en 2007 (la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Île-de-France, le Languedoc-Roussillon étant les régions les plus prisées). Mais d’ici à 2020, la Chine pourrait fort bien ravir à l’Hexagone ce titre de gloire. Second motif de préoccupation : en termes de recettes liées au tourisme, la France redescend au 3 e rang mondial, après les États-Unis et l’Espagne.

En réaction, le gouvernement a lancé en 2008 un plan qui vise à redynamiser le secteur. Parmi les mesures annoncées, la création d’une marque « France » destinée à attirer une nouvelle clientèle mondiale en provenance d’Inde, de Russie ou du Brésil, la mise en valeur des régions et la création d’une cinquième étoile « palace » dans la classification hôtelière. Sans oublier la recherche de l’amélioration de la qualité et des services en matière d’accueil, critères à propos desquels la France est souvent décriée !

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