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Paysages et régions

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Paysages et régions

À l’extrémité occidentale du continent européen, l’histoire géologique a engendré une diversité de paysages – eux-mêmes liés à la nature des sols, à l’action des éléments, à l’étagement naturel de la végétation – qui offre un plaisir raffiné et sans cesse renouvelé à qui parcourt la France et sait l’observer.


À Paris et dans ses environs

Paris : vingt siècles d’urbanisme

Paris est née des îles qui facilitaient la traversée de la Seine sur la grande voie nord-sud croisant la route fluviale ; la Lutèce gauloise se limitait à l’île de la Cité. Elle doit son rôle politique au choix que firent d’elle les Capétiens pour leur capitale. Au milieu du 19e s., sous l’impulsion du baron Haussmann, le cœur de la ville et les villages ruraux qui la ceinturaient furent remodelés. Les lieux d’habitation, de travail, de loisirs, de commerce furent disposés selon une ordonnance raisonnée, plus harmonieuse et plus économique que par le passé ; quartiers nouveaux et grands axes furent créés en même temps que l’activité se différenciait par secteurs.

Le Second Empire et la III e République marquent de leur empreinte la Voie triomphale. Depuis 1945, l’esthétique architecturale connaît un renouveau : Unesco (1957), Palais de la Défense (CNIT) (1958), Maison de la radio (1963), tour Montparnasse (1973), Palais des Congrès (1974). Les années qui suivent verront cette tendance se confirmer avec la construction, au centre de Paris, de quelques monuments phares, œuvres des plus grands architectes du moment : le Palais omnisports de Bercy (1984), la Cité des sciences et de l’industrie ainsi que la Géode à la Villette (1986), l’Opéra Bastille (1989), la Grande Arche de la Défense (1989), la Pyramide du Louvre (1989), le ministère des Finances à Bercy (1990), l’aile Richelieu (1994), étape importante du projet « Grand Louvre » (1981-1998), la Cité de la musique (1995), la Bibliothèque de France (1996)...

Île-de-France, une ceinture de forêts et de rivières

De grands massifs forestiers (Fontainebleau, Rambouillet, qui comptent parmi les plus belles forêts de France) et de belles rivières dans des vallées verdoyantes (l’Oise tranquille, la Marne capricieuse, la Seine majestueuse) ornent les environs de Paris. Le Bassin parisien est un territoire agricole qu’illustrent les noms du Vexin, du Valois, de la Brie, du Gâtinais, de la Beauce, du Hurepoix et du Mantois.

En outre, la proximité du pouvoir politique a valu à l’Île-de-France ses admirables monuments dont bon nombre subsistent de nos jours. À côté des plus grands châteaux, la nature a été aménagée en parcs et jardins : Vaux-le-Vicomte, Versailles, Chantilly.


Au nord

Flandres, Artois, Picardie

Sous un ciel très doux, les plaines du Nord composent un pays agricole et industriel verdoyant, aux maisons de brique caractéristiques dont la diversité s’observe dans la Thiérache, le Hainaut, l’Avesnois et le Soissonnais. Les grands plateaux de Picardie, coupés d’étangs et de vallées bordées de peupliers, portent des champs de betteraves et de céréales. Au sud, le pays de Bray est échancré, à la manière d’une boutonnière, dans la craie du Bassin parisien. Le Boulonnais est connu pour ses plages immenses. Le « plat pays » de Flandre, coupé de canaux et agrémenté de moulins, oppose les hauts fourneaux et les terrils du « pays noir » au bocage de l’Avesnois et au pays d’élevage de la Thiérache aux originales églises fortifiées.

Aux portes de Compiègne s’étend une vaste et magnifique forêt, vestige de l’immense forêt gauloise qui s’étendait de l’Île-de-France aux Ardennes.


À l’est

Champagne-Ardenne

La côte de l’Île-de-France porte le célèbre vignoble champenois, en particulier de part et d’autre de la Montagne de Reims, sur les versants qu’y creuse l’entaille de la vallée de la Marne et, au sud d’Épernay, sur les pentes de la prestigieuse côte des Blancs aux bourgs caractéristiques (Cramant, Vertus).

La Champagne crayeuse (sèche), vaste plaine de Châlons-en-Champagne et de Troyes, est devenue l’un des grands terroirs agricoles de la France (betteraves, céréales, industries agroalimentaires).

La Champagne humide est la vaste dépression qui auréole à l’est la Champagne crayeuse. Au sud du massif forestier de l’Argonne s’étendent le Perthois, le Vallage et le Der. Les grands lacs artificiels de la forêt d’Orient (1966) et du Temple (1991) sont destinés à régulariser le cours de la Seine, celui du Der-Chantecoq (1974), jouant le même rôle pour la Marne.

À l’est et au sud, le paysage est plus accidenté. On distingue la côte des Bars, jalonnée par Bar-le-Duc, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine et le plateau de Langres, où les reliefs qui prolongent la côte bourguignonne se perdent sous les sédiments du Bassin parisien.

Alsace, Lorraine, les ballons des Vosges

Entre le Rhin et la chaîne des Vosges, l’Alsace, plaine affaissée par le contrecoup du plissement alpin, apparaît comme un immense verger bien doté par la nature. Elle présente des aspects différents liés à la variété des sols. Sur les cailloux et les sables déposés par le Rhin et ses affluents s’étendent de grandes forêts ; celle de Haguenau couvre près de 14 000 ha. Au pied des coteaux sous-vosgiens hérissés de tours et de châteaux en ruine s’installe la route du Vin.

La Lorraine présente un ensemble de plateaux inclinés vers le Bassin parisien, barrés par l’original relief des « côtes » ; les buttes de Montfaucon et de Monsec, la colline des Éparges qui domine la Woëvre, la Colline inspirée sont des buttes témoins des côtes de Meuse, la butte de Mousson étant l’une de celles des côtes de Moselle.

Le massif des Vosges, qui fait obstacle aux communications plus par son épaisseur que par son altitude, présente au nord des sommets gréseux, escarpés. Au sud, on trouve de hauts bombements trapus, arrondis, dénommés « ballons ». Les vallées abritent des lacs glaciaires, leurs versants portent la magnifique forêt vosgienne, et leurs hauteurs les riches pâturages des hautes chaumes.

La verdure du Jura

Le vert sombre des forêts de sapins (forêts de la Joux, du Massacre) et celui plus frais des immenses prairies enchantent l’œil. De même, l’abondance des eaux vives : torrents écumants, cascades en nappe ou en éventail (du Hérisson, du saut du Doubs), innombrables petites sources, puissantes résurgences (sources de la Loue, du Lison), réseau serré du Rhône, du Doubs, de l’Ain et de leurs affluents (Valserine, Loue, Bienne, Albarine).

Les nappes tranquilles de 70 lacs (Bonlieu, Nantua, St-Point…) contrastent avec ce ruissellement ; tout comme les retenues formées par les barrages (Vouglans), qui transforment la vallée de l’Ain en un gigantesque escalier d’eau.

De grands belvédères (Grand Colombier, Colomby de Gex, Mont-Rond…) dévoilent des paysages divers : vals parallèles séparés par des monts, réunis par des cluses qui font l’originalité du plissement jurassien ; grandioses reculées (cirque de Baume) révélant des structures géologiques si caractéristiques qu’on a donné le nom de « jurassique », en raison de son exceptionnel développement ici, à un étage important de la sédimentation de l’ère secondaire.

Bourgogne et Morvan

Le seuil de Bourgogne, entre les bassins de la Seine et de la Saône, et les pays qui l’avoisinent, Auxois, Bresse et Charolais, doivent pour une grande part leur unité à la réussite politique des grands ducs d’Occident au 15 e s. Leur richesse est liée aux 23 500 ha d’un vignoble qui passe pour l’un des plus beaux du monde. En altitude et à l’écart des grandes routes, la forêt du Morvan occupe une place prépondérante dans un paysage de physionomie bocagère. La forêt occupe le tiers de la superficie ; les parties inférieures des versants sont aménagées en pâturages. La dispersion des hameaux dans le paysage permet de mesurer la dissémination de la population imposée par les ressources naturelles.


À l’ouest

Bretagne : l’attrait de la mer

La zone maritime bretonne, l’Armor, offre l’infinie variété de la côte, déchiquetée par une mer « qui bouge » : une myriade d’écueils, des baies immenses et des anses étroites, d’admirables « bouts du monde », le cycle des marées réglant la vie des pêcheurs dans les estuaires. L’intérieur, l’Argoat, reste une terre de légendes et de foi. Les monts d’Arrée et les Montagnes Noires enserrent la région du lac de Guerlédan et le bassin de Châteaulin. Aux premiers se rattachent le Ménez (mont) Bré et les sites forestiers des rochers d’Huelgoat, la montagne St-Michel et le roc Trévezel ; aux secondes, le Menez-Hom qui domine la baie de Douarnenez et le plateau du Finistère. Partout, de beaux monuments de granit retiennent l’attention : menhirs, dolmens, châteaux, cathédrales, villes anciennes, calvaires, fontaines.

De l’embouchure de la Loire à la vallée de l’Aulne, le pays de Nantes, la Grande Brière, les marais salants et la presqu’île de Guérande, ainsi que la Cornouaille composent l’intérieur d’un littoral, la côte de l’Atlantique, dont les ports, les stations balnéaires, les bourgs pittoresques et les sites marins (golfe du Morbihan, presqu’île de Crozon) font l’originalité.

De Fougères et du bassin de Rennes au grand port de Brest et à l’île d’Ouessant, sur la côte de la Manche, le particularisme breton s’individualise dans les terroirs du Guildo, du Penthièvre, du Trégor et du pays de Léon où se succèdent des villes historiques (Morlaix, Tréguier), des stations élégantes, des corniches marines. Alors que des caps et des promontoires (cap Fréhel, pointe St-Mathieu) grandioses s’avancent en mer, battus par les flots, la vallée de la Rance et les estuaires des abers sont envahis par la mer à marée haute.

La verdure normande

Le paysage normand traditionnel est célèbre pour ses collines boisées et ses vallons animés par la silhouette d’un château ou d’un manoir. La floraison architecturale aux époques romane et gothique s’y est manifestée à travers d’admirables abbayes et cathédrales.

La presqu’île du Cotentin, en Basse-Normandie, évoque la Bretagne par l’austérité de ses paysages granitiques, la vie de ses petits ports et l’amplitude des marées dans la baie du Mont-St-Michel. Le bocage séduit par ses chemins creux, ses champs cloisonnés, ses hameaux dispersés et ses vergers de pommiers. La Normandie compte également de grands massifs forestiers et des plages qui font le bonheur des vacanciers.

La vallée de la Seine est le grand axe des échanges de la Haute-Normandie, tout entière tournée vers Rouen. Le pays d’Auge y règne par son cidre, son calvados, ses prestigieux fromages et l’élégance de ses manoirs. Au nord du fleuve, le pays de Caux tombe dans la mer par les falaises de la Côte d’Albâtre.

Poitou, Vendée, Charentes

De la Loire à la Gironde, l’unité de la façade littorale, aux plages immenses et au climat océanique, contraste avec la variété de son arrière-pays. Du mont Mercure au mont des Alouettes, la ligne de crête du haut bocage vendéen représente la dernière ride de granit où s’achève le Massif central.

À l’ouest de Niort s’étend le Marais poitevin qui débouche sur les polders et les marais salants de l’anse de l’Aiguillon. La Gironde, estuaire de la Garonne, est appréciée pour la qualité de ses plages. Au large, cinq îles exercent leur attirance sur le tourisme familial : Noirmoutier, Yeu, Ré, Aix et enfin Oléron.


Au centre

Le Val de Loire ou le jardin de la France

Pays de grâce paisible, le Val de Loire passe pour la région la plus éminemment française. Les pépinières et les roseraies de l’Orléanais, les halliers de Sologne où de tout temps chassèrent nos gouvernants, les maisons troglodytiques de Touraine, l’ardoise fine et la douceur angevine chères à Du Bellay se succèdent le long du fleuve nonchalant. Nonchalant, du moins depuis que la concurrence du chemin de fer a ruiné, au siècle dernier, l’activité du chemin d’eau. Durant cinq siècles, en effet, la Loire a apporté la vie au pays. Tout le long du fleuve, les villes conservent la marque de cette activité : Gien, reconstruite, où, de berrichon, le fleuve devient solognot à hauteur du pont que franchit Jeanne d’Arc en se rendant de Vaucouleurs à Chinon ; Orléans, principal entrepôt de marchandises et port de voyageurs lors de la grande batellerie ; plus en aval Blois, Tours, Langeais et Saumur.

Berry, Limousin

Sur le versant nord du Massif central se déploient les horizons du Berry, domaine de la grande culture, dont Bourges, la capitale, matérialise l’unité historique. Des paysages très divers le composent : terres brunes hérissées de petits tertres rouges de la Brenne aux mille étangs, terre opulente de la Champagne berrichonne autour de Châteauroux, bocage vert autour de La Châtre chanté par George Sand. Plus au sud, les plateaux et la montagne du Limousin sont le pays des étangs, des herbages et des ombrages. Leurs bourgs, aux solides maisons de granit couvertes d’ardoises, maintiennent leur tradition de villes-marchés.

Autour de Guéret, la Marche est une région d’élevage dont les hauteurs tapissées de bruyères sont couronnées de ruines. Le plateau de Millevaches domine de quelque 350 m le pays alentour. Sur un éperon, dans un méandre de la Vézère, Uzerche dispose ses maisons de granit, si belles qu’elles ont justifié le dicton populaire : « Qui a maison à Uzerche a château en Limousin. »

Le site de Tulle, au débouché du cours supérieur de la Corrèze, manifeste de façon spectaculaire la vigueur de la phase d’érosion en cours depuis le début de l’époque quaternaire.

Les volcans d’Auvergne

L’Auvergne présente des paysages qu’on ne peut voir nulle part ailleurs en France : des volcans de tous âges. Certains, comme les monts Dôme, ont des cônes qu’on dirait éteints d’hier, des coulées de lave qui semblent à peine refroidies ; d’autres (monts Dore et surtout Cantal) ont été démantelés par les éléments, mais leur forme générale transparaît toujours. Dans le Cézallier, les laves fluides se sont épanchées et superposées ; à la cheire d’Aydat, leur torrent s’est cristallisé ; aux planèzes de St-Flour, elles ont recouvert le plateau. Ailleurs, elles se sont glissées dans des vallées qu’elles ont protégées de l’érosion qui attaquait les collines alentour. Parfois, en se refroidissant, elles se sont cristallisées en « tuyaux d’orgues » (Bort-les-Orgues, Le Puy).


Au sud-ouest

Périgord, Quercy

Les plateaux boisés du Périgord et les causses du Quercy criblés de gouffres sont entaillés par des vallées épanouies et cultivées ou étroitement encaissées. Du rebord de leurs falaises, de grands belvédères dominent une campagne humanisée ou de profondes solitudes. Certaines grottes attirent ceux qui s’intéressent aux sciences de la Terre, par leurs concrétions, leurs réseaux hydrographiques souterrains ou leurs résurgences, d’autres fascinent ceux qui s’attachent à connaître le passé lointain de l’humanité par les témoignages millénaires de l’industrie humaine qu’elles recèlent (gravures, peintures, traces d’habitat).

Aquitaine

L’Aquitaine constitue l’avant-pays gascon où les pays de l’Adour conservent leur identité. Au nord, Agen manifeste la richesse du pays des Serres qui, entre le Lot et la Garonne, porte des vignes et des arbres fruitiers sur ses pentes. Les Landes sont devenues, depuis la fixation des dunes par Brémontier et l’assainissement de l’intérieur par Chambrelent, une immense forêt de pins. Dans les clairières subsistent de jolies maisons à colombages.

Le Bordelais, cœur de l’ancienne province de Guyenne, est célèbre pour les crus qui s’élaborent sur les rives de la Garonne et de la Gironde. La rectiligne Côte d’Argent, tout juste échancrée par le bassin d’Arcachon, offre aux estivants l’immensité de ses plages de la pointe de Grave à l’estuaire de l’Adour que commande Bayonne, port de « tête de marée » dont les accès maritimes sont tributaires de digues et de dragages continuels.

La barrière des Pyrénées

La chaîne des Pyrénées dresse en travers du dernier isthme européen une barrière continue, longue de 400 km, entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

À l’ouest, dans les Pyrénées atlantiques et les Pyrénées centrales, des vallées perpendiculaires à la ligne de faîte individualisent la moyenne montagne en « pays » originaux : Pays basque, Béarn, Bigorre, Comminges. À leurs vallonnements semés de maisons blanches succèdent des crêtes découpées, des cimes neigeuses, des cirques rayés de cascades, des lacs d’altitude, des gaves tumultueux et des bassins bien cultivés. À l’est, le Roussillon est la grande unité régionale des Pyrénées méditerranéennes et le secteur le plus épanoui de la chaîne malgré le rude profil et le ravinement de ses montagnes. Les hauts bassins intérieurs de la Cerdagne et du Capcir, la cime bien dégagée du Canigou, les forêts et les pâturages du Vallespir précèdent le jardin roussillonnais qui, avec ses immenses vergers, ses cultures maraîchères et ses vignes, compose l’arrière-pays de la Côte Vermeille où Collioure conserve sa physionomie de petit port catalan.


Au sud-est

Languedoc, Cévennes et gorges du Tarn

La bordure méridionale du Massif central se distingue par des paysages d’une sévère et rare singularité. Les Grands Causses (causse de Sauveterre, causse Méjean, causse Noir, causse du Larzac) se présentent comme de vastes tables calcaires arides et pierreuses. De leurs corniches se découvrent d’inoubliables panoramas sur des canyons aux parois verticales – en particulier celui du Tarn.

Dans ces plateaux s’ouvrent des grottes et des avens (les Demoiselles, la Clamouse, aven Armand) où le travail des eaux souterraines a donné naissance à des formes rocheuses inconnues à la surface du sol : stalactites, stalagmites, gours, excentriques. Autour de la région caussenarde se déploient des paysages d’une surprenante diversité. Dans l’Aubrac aux immenses horizons, des coulées de laves très fluides ont colmaté le vieux socle granitique déjà labouré par l’érosion. De l’Aigoual au Tanargue, les Cévennes présentent la succession de leurs lourds sommets granitiques entre lesquels les « serres » schisteuses et d’étroites vallées boisées sont longtemps restées impénétrables. Plus au sud, la garrigue, buissonneuse, tapissée de plantes aromatiques, est dominée par le pic St-Loup.

La vallée du Rhône, grande voie de passage

Depuis l’Antiquité, la vallée du Rhône en aval de Lyon n’a cessé d’être une voie de passage : route de l’étain de Cornouaille, route du vin de Bourgogne, coche d’eau… De nos jours, autoroute, routes nationales, canaux dérivant partiellement le fleuve, facilitant la navigation et alimentant des usines hydroélectriques, voies ferrées sur chaque rive, oléoduc et gazoduc assurent un trafic de toute première importance. Mais, sur quelque 250 km, la physionomie du couloir rhodanien se renouvelle. Au nord, le Mont-d’Or lyonnais apparaît comme un petit récif calcaire que la Saône contourne avant de forcer son passage, à Lyon. Le Rhône lui-même ne sépare pas rigoureusement les géologies cristallines du Massif central et calcaires des Alpes. À Vienne, il a creusé son lit dans des avancées granitiques. Au contraire, à Valence, il se glisse entre une des dernières terrasses du Dauphiné et l’échine calcaire de Crussol venue prendre appui sur les granits du Vivarais. De part et d’autre du fleuve, Tournon et Tain-l’Hermitage forment deux anciens ports jumeaux, le premier à la base des falaises du Massif central, le second au pied de l’éperon calcaire qui porte son célèbre vignoble.

Delta du Rhône et chaînons de Provence

Le Rhône charrie chaque année quelque 20 millions de m 3 de graviers, de sables et de limons qui ont donné naissance à la Camargue. Ce delta, aux terres imprégnées de sel, est curieux par sa flore et sa faune et intéressant par sa mise en valeur. De même la Durance, qui, n’ayant pas toujours été un affluent du Rhône, se jetait directement dans la mer en empruntant le pertuis de Lamanon avant que ne se produise son changement de cours.

Le climat provençal irradie le plateau aride du Vaucluse, les chaînons broussailleux des Alpilles, du Luberon, de l’Estaque, de la Ste-Baume, de la montagne Ste-Victoire et de la chaîne de l’Étoile où se déploient champs de lavande, oliviers, cultures maraîchères, protégées du mistral par des haies de cyprès.

Les vallées alpines

Les superbes vallées alpines, dont les eaux vives atténuent peu à peu le caractère glaciaire, constituent les secteurs les plus actifs du massif.

Dans les Alpes du Nord savoyardes, les vallées tantôt s’étirent en couloirs industriels ou de transit (Romanche, Maurienne), tantôt s’élargissent en bassins où se concentrent les cultures et l’élevage et où, sur des terrasses bien exposées, se rassemble la population dans des villes-marchés. Grenoble, la métropole des Alpes françaises, occupe un élargissement au confluent du Drac et de l’Isère.

Dans les Aravis, le Beaufortin, la Chartreuse, l’Oisans et le Vercors, les villages sont fiers de leurs maisons rurales traditionnelles bien intégrées à un milieu naturel difficile (altitude, froid, enneigement).

Les vallées profondes se raccordent latéralement par de grands cols (Lautaret, Galibier) et séparent des massifs de haute montagne (Écrins, Mont-Blanc).

Au pied des versants humides et verdoyants, parés de magnifiques forêts de hêtres, de sapins et d’épicéas, dorment de splendides lacs (Annecy, le Bourget, Léman).

Les Alpes du Sud, provençales, plus arides et plus sèches, drainées par le grand sillon de la Durance, annoncent les paysages méridionaux. Là, les cluses entaillent en gorges les chaînons et les plateaux intérieurs, le mont Ventoux domine la plaine du Comtat, le grandiose canyon du Verdon ouvre une prodigieuse entaille dans les plans de Haute-Provence, prenant en écharpe les ultimes contreforts des Alpes.

L’élevage du mouton, la culture de la lavande, l’exploitation des forêts de mélèzes nourrissent des villages de haute altitude (St-Véran).


Au sud

La Côte d’Azur

Quelle variété ! Les calanques, le massif boisé et la corniche des Maures, l’abrupte montagne rouge de l’Esterel baignant dans la mer, les corniches de la Riviera… La Côte d’Azur est la fenêtre méditerranéenne des Alpes : de Nice à Menton, la montagne plonge dans la mer. Les hauts reliefs des Préalpes de Nice, orientés nord-sud, sont traversés de vallées très profondes en raison de la proximité de la mer, comme celles de la Vésubie, du Var, du Loup. Toute cette région a vu séculairement sa population se réfugier dans des villages perchés, véritables nids d’aigle, et fortifiés (Peille, Èze, Gourdon, Saorge, St-Paul…).

Plus à l’ouest se signalent le massif de l’Esterel, de porphyre, qui culmine à 618 m au mont Vinaigre, le massif schisteux des Maures qui appartient au plissement hercynien et les courts chaînons provençaux du mont Faron qui dominent Toulon et sont d’origine pyrénéenne.

Les cordons littoraux de la presqu’île de Giens rattachant une ancienne île au continent, les îles d’Hyères détachées du massif des Maures à une époque géologiquement récente et les îles de Lérins ajoutent à la diversité de ces paysages.

Une montagne dans la mer : la Corse

1 000 km de côtes rocheuses et découpées, des gorges arides et sauvages, des forêts de pins et de châtaigniers, des sommets dépassant 2 000 m, enneigés jusqu’au printemps, avaient déjà valu à l’île le surnom de Kallisté (la plus belle) décerné par les Grecs il y a 2 500 ans. L’île se distingue par ses villages perchés aux maisons de granit ou de schiste et desservis par d’étroites routes de montagne, ses régions naturelles bien individualisées comme la riante Balagne, le sévère cap Corse, la verte Castagniccia, les Agriates désertiques, le Niolo isolé, mais aussi par ses vallées fermées de l’Asco, de la Restonica, ou ses sites originaux comme les calanche de Piana ou le col de Bavella.

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