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Traditions et art de vivre

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Traditions et art de vivre

La Sardaigne semble parfois vivre au rythme de son propre calendrier : celui qui scande l’année selon la vie du Christ et des saints, celui que dictent les saisons, celui des grands moments de la vie. Un mariage, les cérémonies de la Semaine Sainte, donneront lieu à la confection de tel ou tel pain ; les semailles ou la fin des moissons sont chaque année l’occasion de nouvelles réjouissances. La nature et ses cycles sont omniprésents, de la table à l’atelier : elle donne sa saveur à une solide cuisine du terroir, elle parfume les liqueurs, elle fournit le fil et la couleur à la brodeuse, la terre au céramiste, le jonc et l’asphodèle au tresseur de panier. Un savoir-faire ancestral que l’on se plait à perpétuer et qui semble faire de la Sardaigne une parenthèse hors de la modernité.


Les traditions

Loin d’être un ensemble de coutumes ancestrales suscitant l’intérêt des seuls ethnographes, les traditions populaires sardes cimentent le sentiment d’appartenance à la communauté. Mode d’expression empli d’authenticité, moment de partage d’une même foi et d’un même passé, elles expriment une façon de vivre et de rythmer le temps en harmonie avec la nature.

Les fêtes

Sur le mode du sacré ou sur celui du divertissement, les fêtes renouent régulièrement le lien tissé avec l’histoire et les peuples qui vécurent sur l’île, comme le montrent certaines ressemblances avec des fêtes catalanes. Les costumes, la musique, les comportements aident à quitter momentanément le quotidien pour entrer dans le rite.

Le carnaval

Le carnaval prend des noms différents selon les provinces : carrasegare dans le dialecte du Logudoro, carnovali dans le Campidano, carrasciali dans la Gallura… Dans certaines régions, il commence le jour de la Saint-Antoine le Grand (feu de saint Antoine), ailleurs à la Chandeleur. Dans les deux cas pourtant, ces dates, liées à la fin de l’hiver et au retour de la lumière, renvoient à une autre « illumination » : en Sardaigne, on parle de s’incresiare (littéralement « inchiesare », « aller à l’église »), un rite de purification emprunté à la tradition juive et auquel se soumettaient les femmes relevant de couches.

Selon les lieux, le carnaval s’achève le Mardi Gras, le mercredi des Cendres, ou le samedi de la Semaine Sainte. On se déguise alors avec les costumes traditionnels : Bestios, Buttudos, Carraios, Maimones, Mamutones, Mamuzzones, Merdules, Mascheras malas, Mascari brutti, Mascheras a lenzolu, Tintinnos, Traveris… les festivités varient suivant les endroits.

Fêtes chrétiennes, fêtes des saisons

Les fêtes religieuses ont de nombreux traits communs avec les fêtes espagnoles. Pour les cérémonies de la Semaine sainte, particulièrement spectaculaires, on donne des mystères et des représentations sacrées au son de chants polyphoniques.

La plupart des fêtes se déroulent de mai à septembre. De mai à juin, elles célèbrent la vie pastorale : retour de transhumance, tonte, vente de fromage… En juillet, on rend hommage aux heures de la vie agricole : moisson, ensilage du grain, récolte des fèves, des haricots et du moût. En septembre recommence le cycle des fêtes agricoles et pastorales ( Capudanni ).

À la fin de l’année, pour commémorer les défunts ( sos Mortos ), les clochent sonnent le glas jour et nuit ; on met le couvert pour les morts de la famille qui, selon la croyance populaire, reviendraient chez eux à cette occasion.

Le premier mai est jour de grandes festivités : c’est notamment, à Cagliari, la fête de Sant’Efisio, en mémoire d’un vœu formulé lors de l’épidémie de peste de 1656. La statue de saint Efisio est portée en procession depuis l’église qui lui est dédiée jusqu’au lieu de son martyre, à Nora, d’où elle est ramenée à Cagliari le 4 mai.

Le même jour, on célèbre aussi saint François de Lula dans un cadre champêtre, près du sanctuaire où est conservée une statue du saint (œuvre anonyme de l’École napolitaine, 17e s.), à 2 km de la ville de Lula.

Les costumes

Comme la musique et les danses, les costumes racontent chacun une histoire, une provenance, une identité ; chaque région leur a imprimé ses couleurs, ses motifs, ses raffinements, que l’on apprendra à distinguer à l’occasion des fêtes traditionnelles.

Le costume féminin comporte différentes pièces . Les femmes se couvrent la tête d’une coiffe, d’un fichu ou d’un châle. Chemise, caraco et gilet, tous ornés de broderie, sont portés sur d’amples jupes aux larges plis ou, au contraire, au plissé très serré. Le tablier a perdu toute vocation utilitaire pour devenir un élément précieux et luxueux de ce costume. Les bas en fil de coton seront de couleur blanche, vive ou sombre, selon l’âge, la région et la circonstance. De petites chaussures, des sabots, des bottines ou même des escarpins complètent la tenue.

Les hommes se coiffent d’un béret rouge ou noir, d’un bonnet ou d’un chapeau tambourin, voire d’un chapeau à large bord, auxquels on associe parfois un mouchoir. Le costume traditionnel masculin se compose d’une chemise, d’un gilet et d’une veste courte, d’un pantalon – porté avec une petite jupe – bouffant ou ajusté que l’on enfile dans des guêtres. Les bas, souvent tricotés à la main dans une laine blanche, sont portés dans des gros souliers cloutés, ou dans des chaussures à lacets ou à boucles d’argent. Le gilet reste un vêtement très courant. Les ceintures de cuir, tantôt tressées, tantôt brodées, se ferment à l’aide de lacets ou d’une agrafe d’argent.


La gastronomie

La cuisine sarde est avant tout celle d’une civilisation agricole et pastorale ; ses plats, savoureux, vont à l’essentiel et à la simplicité.

Le pain

Il reste, comme autrefois, l’aliment essentiel de la table. Plus ou moins blutée (tamisée), la farine peut être de blé dur ou d’orge, parfois agrémentée d’autres ingrédients : pomme de terre, ricotte , matières grasses, olive. Le pain d’orge, qui exige une préparation plus longue, était autrefois celui des serfs et des pauvres ; le pain de farine de blé, lui, était réservé aux gens plus nantis ou servi les jours de fêtes.

Il existait aussi un pain confectionné pour être conservé en souvenir d’un événement particulier, comme une sorte de porte-bonheur.

Pour les circonstances heureuses de la vie, mariages ou fêtes religieuses, on fabrique des pains spéciaux : le pain des mariés reproduit la forme d’alliances entrelacées, de petits oiseaux, de guirlandes de fleurs ; le pain pascal, auquel on ajoute des œufs et des grains de raisin, est en forme de cœur ou de charrette et de petite maison. Comme les fêtes, ces différents pains rythment l’année de puis toujours raison pour laquelle, sans doute, l’habitude de faire le pain à la maison ne s’est pas perdue.

Le pain casarau

Connu sous le nom de carta da musica (« papier à musique »), c’est le pain le plus typique de l’île, originaire de la Barbagia. Sa confection, moment de solidarité, contribuait à la cohésion de la communauté : aux femmes de la famille, à qui était dévolue cette tâche, se joignaient amies et voisines. La fabrication suivait un processus complexe ; les préparatifs commençaient la veille au soir et l’opération se terminait le lendemain matin avec la cuisson ; les étapes intermédiaires prenaient des allures de rituel religieux, voire superstitieux : on traçait une croix sur le pâton, on effectuait des gestes apotropaïques et, si quelqu’un frappait à la porte durant le travail de la pâte, l’échange des salutations devait, pour la réussite du pain, se faire par un deus bos bardet (que dieu vous protège ») auquel les femmes répondaient par un a tottus (Que Dieu nous protège tous »).

Variante du carasau, le pane guttiau (de l’italien gocciolare , « égoutter ») est trempé dans l’huile d’olive extra vierge et assaisonné d’une pincée de sel avant d’être remis au four quelques instants.

Autres variétés de pains

Su civraxiu est un pain très courant dans le Medio Campodano, les régions d’Oristano et d’Iglesias ainsi que dans le Campidano de Cagliari. Fait de farine et de son, ce pain rond d’environ un kilo a une croûte croquante et une mie moelleuse. Son nom remonte à l’époque romaine et vient du latin cibaria , « farine ». Su civraxiu a obtenu le label d’Appellation d’Origine Contrôlée.

Su coccoi estrenommé dans toute l’île, même s’il est surtout lié au Campidano. Ce pain à la croûte dure et à la mie moelleuse était autrefois réservé aux repas de fêtes et décoré de différentes façons selon l’occasion (avec des œufs à Pâques, par exemple). Il prend des formes variées et originales, corne d’escargot, artichaut, couronne ou poupée. La coutume veut qu’il soit servi lors des repas de noces.

Les fougasses ( focacce ) font aussi partie des produits de la gastronomie sarde. La fogazza con tommatica estune fougasseà la tomate, tandis que le pane ‘e cariga est une fougasse aux figues sèches et aux raisins secs.

Le moddizzosu, un pain rond et souple de forme plate, est fabriqué à Dorgali où on le propose aussi selon une recette particulière, avec des pommes de terre. Il accompagne à merveille les charcuteries et les fromages à pâte molle.

Su pistoccu, un pain à base de semoule ou de fleur de farine, est produit surtout dans l’Ogliastra et la Planargia. C’était le pain des gens aisés -- il en existait d’autres recettes avec de la farine de gruau ou d’orge pour les bergers et les pauvres. Ce pain ferme, qui se conserve bien, est idéal pour faire de la bruschetta et des en-cas.

Les pâtes

Le plat de pâtes le plus courant et le plus typique, is malloreddus a sa campidanesa , se compose de petits gnocchi de farine de blé dur, assaisonnés de sauce à la tomate et accompagnés de saucisse fraîche, le tout relevé par du pecorino sarde râpé.

La fregula, des pâtes à base de semoule de blé se présentant sous la forme de petites boules, est servie avec un bouillon aux palourdes ou assaisonnée avec du pecorino ( fregula incasada ).

Les culurgionis de l’Ogliastra sont des ravioli farcis à la pomme de terre et ont la forme d’épis de blé.

Les viandes

Plat vedette de la cuisine sarde, l’ arrosto al fuoco est un rôti cuit au feu de bois. On apporte un soin tout particulier autant aux ingrédients qui entrent dans sa composition qu’aux diverses étapes de sa préparation : le bois employé pour la cuisson (la plupart du temps du genévrier, du chêne vert ou du chêne), la broche en bois aromatique, et bien sûr la viande elle-même, qui sera toujours celle d’animaux élevés en liberté.

Il porceddu (porcelet) est un cochon de lait cuit entier au four avec du myrte et du laurier, ou à la broche tournante ( a tundu ) ; s’il est plus gros, on le coupe en deux et on le fait cuire à la broche sur un feu de myrte. L’agneau est généralement cuit à la broche.

Pour préparer l’ arrosto a carraxiu, on creuse dans le sol un trou où l’on fait brûler du bois aromatique, avant d’y déposer des strates de myrte. Sur ce lit, on dépose l’animal entier (sanglier, mouton, agneau, chevreau ou porcelet) que l’on recouvre avec du myrte et des braises ardentes. Le rôti est ensuite servi sur des plateaux en bois ou en liège qui gardent intactes les saveurs.

Les fromages

Les fromages, en particulier ceux de chèvre et de brebis, font partie des aliments incontournables sur la table sarde. Le Pecorino Romano(pour lequel la Sardaigne fournit 80 % de la demande intérieure) et le Fiore Sardo ainsi que des variétés douces et affinées du Pecorino Sardo ont tous reçu le label d’Appellation d’Origine Contrôlée.

La ricotta se présente sous diverses formes : quand elle est fraîche, sa pâte est blanche et souple ; après un affinage d’un mois, et parfois un fumage, sa pâte se fait plus compacte et presque sans croûte.

La charcuterie

Pain, fromage et charcuterie sont les principaux ingrédients des en-cas sardes, particulièrement savoureux.

Seuls entrent dans la fabrication des jambons et des saucissons la viande et le gras du porc. Ils sont assaisonnés avec du sel et du poivre, parfois aromatisés avec de l’anis, fumés et affinés. Parmi les saucissons les plus connus, le salami sarde est produit surtout à Irgoli et à Villacidro. On trouve en outre des saucissons de sanglier, d’âne ou de chèvre. Le capocollo (tête de porc) et le sanguinaccio (boudin au sang)sont également des produits typiques de la charcuterie .

Le jambon, cru et salé, bénéficie d’un long affinage (4 à 5 mois). Aujourd’hui encore, on continue à le préparer selon les méthodes traditionnelles pour obtenir un mets excellent, goûteux, parfumé, d’une couleur rouge vif, avec un lard blanc, épais et présentant des veines rosées. L’affinage, favorisé par le climat, se fait à l’air libre après salaison, pressage de la viande et assaisonnement au poivre et à l’ail. Il existe des jambons de viande de porc ou de sanglier mais aussi de chèvre.

On confectionne les saucisses à partir de viande de sanglier ; il en existe plusieurs sortes selon les régions. Leur assaisonnement varie : poivre ou graines de fenouil sauvage. La Barbagia en est la principale zone de production (Irgoli et Fonni)

Le poisson

Curieusement, du point de vue culinaire, la Sardaigne se présente avant tout comme une terre à vocation agricole et pastorale, bien plus que comme une île. Il n’existe pas de tradition de pêche en haute mer, même si le poisson reste un mets apprécié et que chaque région l’accomode selon ses propres recettes.

À Alghero, on mange la langouste à la catalane ; le long des côtes de la région d’Oristano, on prépare la merca, un plat à base de mulets bouillis et aromatisés avec de la salicorne ou de la poutargue, assaisonnée d’un filet d’huile ou émiettée sur des spaghettis. Les étangs de la région donnent les meilleures anguilles de l’île.

À Carloforte, seule localité sarde à revendiquer une réelle tradition maritime, on capture le thon dont on produit une excellente poutargue .

À Cagliari, on accompagne les pâtes de chair d’oursin ou de palourdes, et l’on déguste sa burrida, du poisson-chat assaisonné avec son propre foie, des noix, de l’huile et du vinaigre.

Les olives et l’huile

Les olives sardes, de petit calibre, sont délicieuses. On les consomme en hors-d’œuvre, mais elles entrent aussi dans la composition des entrées et des plats principaux (agneau ou mouton aux olives).

On peut les préparer de trois manières différentes : à l’escabèche ( a scabecchiu ), en saumure ou écrasées. Les olives a scabecchiu sont les plus courantes. Après avoir été incisées et mises sous sel pendant quelques jours, elles sont rincées à l’eau, puis séchées au soleil et frites au persil et à l’ail. On les conditionne ensuite dans des bocaux de verre emplis d’huile.

L’huile sarde, que l’on produit surtout à Gonnosfanadiga dans le Medio Campidano et à Alghero, compte parmi les meilleures d’Italie. Elle a un taux d’acidité très bas, une couleur nuancée de jaune et de vert et un goût prononcé. On l’apprécie plus particulièrement sur une tranche de civraxiu . On en trouvera aux piments, aux cardons (artichaut sauvage), au myrte ou associée à d’autres épices.

Épices et aromates

Ce sont les épices et les plantes aromatiques qui donnent à nombre de mets sardes, viandes et poissons surtout, leur saveur inimitable. Parmi les plantes aromatiques les plus répandues, citons le laurier, le genièvre , le romarin , la sauge et le myrte ; ce dernier est plus particulièrement indiqué pour la cuisson du porcelet rôti.

Pour assaisonner les pâtes, on utilise volontiers le fenouil sauvage ; celui-ci convient également très bien aux viandes bouillies, rôties ou en sauce, ainsi qu’aux potages.

Le safran cultivé à San Gavino Monreale couvre près de la moitié de la production italienne. Il parfume les raviolis et les fritures de carnaval. D’autres plantes, et notamment les baies de myrte, entrent dans la préparation des liqueurs locales.

Les gâteaux

Depuis des siècles, farine, miel, sucre et amandes constituent les ingrédients essentiels de la pâtisserie sarde.

Les gueffos et les amaretti sont des gâteaux aux amandes : pour leur confection, on utilise amandes douces comme amandes amères, du sucre, des blancs d’œufs et des zestes de citron râpés. On les sert habituellement aux repas de baptême, de mariage ou de communion.

Les anicini sontdes petits biscuits de forme allongée ou ovale, à base de farine, de sucre et de levure, parfumés à la liqueur d’anis et aromatisés avec des graines de fenouil sauvage. Entrant traditionnellement dans la composition des repas de mariage et de baptême, ils étaient recouverts d’un glaçage blanc ou décorés de zigzags. On les apprécie accompagnés d’un verre de malvasia ou de moscato.

Les bianchittos sont faits à partir de blancs d’œufs battus en neige, de sucre, d’amandes grillées et pilées et d’un zeste de citron.

Les caschettas , les pâtisseries typiques de la région des Barbagia, se présentent sous la forme d’une pâte feuilletée fourrée de miel, de cannelle, d’écorce d’orange, de noisettes grillées et pilées.

Les mustazzolus, caractéristiques de la région de l’Oristano, sont confectionnés avec du moût, de la farine de froment, de la levure et du sucre.

Les cruxioneddu de mindua , gâteaux traditionnels du carnaval, sont des petits raviolis de pâte feuilletée, fourrés aux amandes, à la crème pâtissière ou même à la ricotta , puis frits et saupoudrés de sucre glace.

En automne, on sert le pan’e sapa et les papassinos : la sapa est en fait du moût cuit à feu très doux.

Les savoureux biscuits de Fonni ressemblent aux savoiardi (sorte de biscuits à la cuillère), mais en plus grands .

La richesse des espèces végétales poussant sur l’île fait de la Sardaigne une terre idéale pour la production de miels variés : miel d’arbousier, d’agrume, mille fleurs, miel de chardon, d’eucalyptus, d’asphodèle, de romarin et de châtaignier…

L’ aranzada , une sorte de nougat fait avec des amandes et de l’écorce d’orange confite dans du miel, était autrefois offert en remerciement pour des cadeaux reçus à des occasions importantes.

Le torrone (nougat) le plus connu est celui de Tonara.

La sebada est une pâte feuilletée non levée et passée à la friture, travaillée au saindoux puis fourrée de fromage frais auquel la semoule et le zeste râpé d’un citron ou d’une orange apportent une note d’acidité. Elle est frite dans l’huile d’olive et on la sert saupoudrée de sucre ou nappée de miel.

Les pirichittus, caractéristiques de la région de Cagliari, ressemblent à des boules de neige : sucre, citron et orange entrent dans leur recette.

Le gatto, croquant au miel et aux amandes, remplace souvent le gâteau de mariage.

Durant le carnaval, on mange des zippulas , des beignets de farine et de sucre, et des pillus frittus , petites pâtisseries fourrées de ricotta ou de pâte d’amande.

Les vins

L’ensoleillement et le climat étant des atouts exceptionnels pour la culture de la vigne, l’île produit d’excellents vins.

Le cru le plus consommé dans l’île est le Cannonau , issu d’un raisin noir et produit surtout dans la Barbagia et l’Ogliastra. Il a une belle robe rubis tirant sur le grenat, un bouquet intense et un goût sec, et possède du corps et du moelleux. Son titre en alcool n’est jamais inférieur à 12,5°. Il accompagne idéalement les viandes rouges, mais convient aussi aux préparations de mouton. Le poète Gabriele d’Annunzio disait de ce vin : « Je le reconnais à son seul arôme, et son arôme, indescriptible, suffit à me procurer l’ivresse ».

Parmi les rouges particulièrement indiqués pour les plats de viande, on trouve le Monica de Cagliari et le Carignano du Sulcis. Le Mandrolisai est idéal avec l’agneau, tandis que le Giro se marie bien avec les gâteaux et les fruits secs.

Parmi les vins blancs qui ont reçu le label AOC. (Appellation d’Origine Contrôlée) pour leur qualité, il faut mentionner le Vermentino de la Gallura et le Nuragus de Cagliari. Le Semidano, un vin de table blanc ou un pétillant brut, se consomme agréablement en hors-d’œuvre avec des crudités et de la charcuterie, avec des plats relevés ainsi que du poisson.

Le moscato , le Nasco de la région de Cagliari, la Vernaccia d’Oristano et la Malvasia de Bosa sont des vins de dessert.

Liqueurs et alcools

Les raisins de Sardaigne sont particulièrement adaptés à la production de vins liquoreux. Les vins qui accompagnent le repas -- Nasco, Giro, Monica, Cannonau, Moscato ou Malvasia -- ont tous leur version liquoreuse.

D’une couleur rouge sombre, la liqueur de myrte (le mirto ), le plus célèbre des alcools sardes, titre entre 28 % et 36 %. Elle provient de la macération de baies dans un mélange d’alcool blanc et d’eau ; on y ajoute ensuite un édulcorant, sucre ou miel.

L’eau-de-vie la plus commune est l’ abbardente (l’eau ardente), une grappa très alcoolisée obtenue par fermentation de marcs de vin issus de divers vignobles. Elle a un goût très fort quand elle est faite à base de Cannonau, plus délicat quand il s’agit de Vernaccia.

L’eau-de-vie filu ‘e ferru (fil de fer), un alcool transparent et extrêmement fort, doit son nom à l’époque où sa distillation se faisait clandestinement : on enterrait en effet les bouteilles après les avoir attachées ensemble avec un fil de fer dont seul un morceau pointait hors du sol, pour signaler la cachette. Le filu ‘e ferru de Santu Lussurgiu rencontre la faveur des amateurs.

Les plantes aromatiques comme le genièvre, le chardon ou le fenouil sauvage viennent aromatiser certaines grappas, les rendant reconnaissables entre toutes.

Outre le myrte, il existe d’autres alcools au goût prononcé (arbousier, citron, orange, amande, basilique, laurier) et des crèmes de liqueur, comme le limoncello qui, préparé avec les citrons locaux, entre souvent dans la préparation des sorbets.


L’artisanat

Tapis colorés avec des pigments naturels tirés de plantes ou de coquillages, bijoux, paniers, poteries… La renommée de l’artisanat sarde n’est plus à faire, quels qu’en soient les modes d’expression.

Tissage et broderie

La haute qualité de ce travail ancestral, autrefois exclusivement féminin, est encore reconnue de nos jours.

La technique utilisée à Samugheo et dans la province de Cagliari pour réaliser les fameux tapis sur des métiers à tisser horizontaux est dite « à grains » ou « à picots ».

Partie intégrante de la culture traditionnelle sarde, la confection de costumes constitue l’une des plus belles expressions artistiques de l’île avec plus de 100 modèles de vêtements. Teulada est l’un des centres de fabrication les plus connus.

Les châles d’Oliena offrent un remarquable exemple du raffinement de la broderie. Qu’ils soient en laine, en soie ou en lin teinté dans des coloris vifs, tous se parent de motifs floraux réalisés en fil d’or et d’argent et rehaussés de pierres fines.

Dans le Campidano et le Sarcidano, on pratique la broderie fine à l’aiguille ( a isprighittus , a spechietti ), tandis que le Mandrolisai (Samugheo) est connu pour ses travaux au point de jour, au point de croix, au point jeté qui viennent orner les nappes.

Les bijoux

Argent, or, pierres fines, corail et obsidienne extraite du Monte Arci étaient utilisés pour réaliser les bijoux destinés à orner les costumes traditionnels ou à enrichir les vêtements sacerdotaux. L’obsidienne, à laquelle certaines légendes prêtent des vertus magiques et thérapeutiques, est toujours employée pour les pendentifs.

Ancestrale, la technique raffinée du filigrane perdure surtout à Quartu Sant’Elena, Villacidro, Iglesias et Cagliari.

La vannerie

L’abondance d’asphodèles, de joncs, de palmiers nains et de paille a favorisé sur l’île l’art du tressage. Cette activité, largement répandue dans les temps préhistoriques, a trouvé sa terre d’élection autour d’Oristano, une région riche en étangs et donc en herbes de marais.

La technique de vannerie propre à la Sardaigne est celle dite « à spirale », avec pour motifs les plus courants la rose et l’étoile.

Les paniers jouaient un rôle de premier plan dans les maisons des bergers ou des agriculteurs, qui les utilisaient avant tout pour ranger les aliments. Aujourd’hui, la vannerie a trouvé avec la décoration d’intérieur un débouché beaucoup plus large.

La céramique

L’art de la poterie en Sardaigne remonte lui aussi à la préhistoire ; toutes les populations de l’île l’ont pratiqué, de génération en génération. Un édit de 1692 rapporte l’existence d’une corporation qui réalisait des pièces de vaisselle d’usage quotidien et imposait aux artisans des modèles dont ils ne pouvaient s’éloigner. C’est la raison pour laquelle la production sarde, jusqu’au début du 20e s., ne put rivaliser avec le grand raffinement dont faisait preuve la céramique italienne qui, elle, offrait une grande variété de formes et d’usages.

L’avènement d’une céramique artistique, définitivement affranchie de toute règle, ne se fit en effet qu’au siècle dernier, grâce à des artistes comme Francesco Ciusa, les frères Federico et Melkiorre Melis, Ubaldo Badas, Eugenio Tavolara ou Salvatore Fancello. La S.P.I.C.A. (Société pour l’Industrie de la Céramique Artistique) voulue par Francesco Ciusa ne dura que quelques années, même si ce dernier remporta la médaille d’or à la Biennale des Arts décoratifs de Monza en 1923. C’est dans ces années-là que s’ouvrirent des centres d’art de la céramique, à la fois écoles et boutiques.

Aujourd’hui, la céramique sarde propose des modèles inspirés de pièces espagnoles du 17e s. comme l’ estrecho de terra (ou su strexiu ), un service de table d’environ 40 pièces ; cette vaisselle de tous les jours fait partie du trousseau de la mariée. On notera l’exquise élégance du broc de la mariée, richement orné de motifs floraux et de symboles empruntés au monde religieux.

La céramique contemporaine utilise l’argile rouge, le kaolin pour des objets plus raffinés et l’argile grise pour la vaisselle commune. Le tour de potier est réservé aux pièces uniques, la production en série se faisant par moulage.

Plusieurs villes perpétuent une tradition ancienne dans l’Oristano, à Pabillonis, Dorgali, Sassari et Siniscola. Cependant, la production se concentre à Assemini qui, avec Oristano, fait partie de l’Association Italienne des villes de la Céramique (en italien : AICC) : l’association rassemble toutes les villes italiennes renommées pour la céramique et délivre un label.

La coutellerie

La production de couteaux, très ancienne, a été favorisée par la présence de gisements métallifères. Des couteaux précieux, véritables œuvres d’art et de collection, mais aussi des pièces d’usage quotidien sont produits dans la région de Nuoro (Pattada, Desulo, Dorgali, Gavoi) et dans celle du Medio Campidano (Arbus et Guspini) essentiellement.

Le travail du cuir et de la peau

En la matière, c’est avant tout pour la sellerie (selles et brides) que la Sardaigne a acquis une belle renommée. Viennent ensuite la chaussure et l’habillement ( gambales ou guêtres , blouson en Barbagia), la maroquinerie (sac, ceintures, portefeuilles et agendas). Avec les peaux de chevreau et d’agneau tannées, on réalise des descentes de lit pour les chambres d’enfants.

Alors que les tanneries sont situées surtout à Abbasanta, les centres de transformation en sous-traitance se trouvent à Cagliari, Monserrato, Decimomannu et Pula, dans l’Oristanese, à Dorgali, et dans la zone de Sassari entre Ozieri et Santu Lussurgiu.

La ferronnerie

Sur ces terres à vocation agricole, le travail du fer était essentiel pour fabriquer les outils et les fers destinés aux animaux. De nos jours, la ferronnerie se préoccupe surtout d’aménagement domestique (portails, balcons, garde-fou), de décoration d’intérieur (lampadaires, lits, tringles à rideaux) et même de cuisine et de cheminée avec les ustensiles tels que broches, tourne-broche ou grills. Malgré cette reconversion, le travail du fer a néanmoins su conserver les techniques traditionnelles et le savoir-faire ancestral.

Les ferronneries sont situées à Cagliari, Fonni, Sassari, Sorgono, Arbus, Santu Lussurgiu, Isili, Gavoi, Ittiri, Tonara, Orani.

Le bois et le liège

L’artisanat du bois, surtout répandu dans les zones de montagne comme la Barbagia (Desulo, Isili e Santu Lussurgiu), fournissait essentiellement de quoi aménager la maison, du mobilier aux objets (tabourets, cuillères, pipes en bruyère).

On retrouvait les coffres dans tous les intérieurs : outre qu’ils faisaient partie du trousseau de la mariée, ils constituaient aussi un indice de la fortune familiale. Pour leur fabrication, on employait d’ordinaire du bois de châtaignier, riche en tanin qui a la propriété d’éloigner les mites. Autre activité typique, la réalisation des masques que l’on porte pour le carnaval de Mamoiada et d’Ottana.

Le liège a été utilisé dès l’Antiquité par les Romains pour fabriquer sandales et bouchons d’amphores. Aujourd’hui, on s’en sert surtout pour les bouchons, même si la créativité des artisans lui a trouvé d’autres usages : plateaux, ustensiles de cuisine, cendriers…

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