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La littérature

À la fois proche de l’Europe géographiquement et suffisamment éloigné de celle-ci culturellement pour garantir un véritable dépaysement, le Maroc a attiré une pléiade d’écrivains et de voyageurs étrangers.

Le Maroc dans la littérature étrangère

Dans son récit de voyage, Au Maroc , Pierre Loti décrit les lieux qu’il parcourt à dos de chameau et ses rencontres avec des habitants. L’abondance d’informations et l’élégance de l’écriture que recèle l’œuvre de Jan Potocki , Voyage dans l’empire du Maroc fait en l’année 1791 , en font un chef-d’œuvre littéraire et historique. Invitée par le résident général Lyautey cinq ans après ­l’instauration du protectorat, l’Américaine Edith Wharton raconte son Voyage au Maroc avec passion et émerveillement. Les frères Jérôme et Jean Tharaud ont consacré un ouvrage à chaque ville impériale ; Marrakech ou les seigneurs de l’Atlas , Rabat ou les heures marocaines … dans Fès ou les bourgeois de l’Islam , leurs anecdotes sont truculentes, même si une vision quelque peu colonialiste les déforme. La Poésie populaire berbère nous est présentée par Arsène Roux , spécialiste de la littérature arabo-berbère.

Fascinés par Après toi le déluge , dans lequel Paul Bowles décrit la rencontre de Nelson Dyar avec l’envoûtante culture tangéroise, les plus célèbres écrivains américains de la Beat generation (Truman Capote, Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs) débarquent à leur tour dans la ville du Nord. Dans son recueil de nouvelles, Aristote à l’heure du thé , Oscar Wilde nous rapporte le récit caustique de M. Hugh Stutfield sur son voyage au Maroc. Parmi les nombreux livres de J. M. G. Le Clézio inspirés par le Maroc, Désert révèle la lumière crue de la ville de Taroudant et Gens des nuages , coécrit avec sa femme, Jemia, raconte avec émotion un retour aux origines de Jemia, à la rencontre de la tribu des Aroussiyine, dans l’extrême sud du Maroc. Avec Les Voix de Marrakech , d’ Elias Canetti , la magie de la ville est portée à son plus haut degré.

Les écrivains marocains

L’écrivain marocain de langue française le plus connu, le plus vendu et par conséquent le plus critiqué est Tahar ben Jelloun . Lauréat du prix Goncourt (1987) pour son roman La Nuit sacrée , il poursuit une œuvre abondante à la veine poétique et se voulant engagée, dont on retiendra surtout Harrouda , La Réclusion solitaire et Jour de silence à Tanger .

Autre auteur célèbre en France : Driss Chraïbi . Son roman Le Passé simple , paru en 1954, scandalisa le Maroc, où il fut interdit de vente pendant vingt ans. Délibérément provocateur, l’auteur y dénonce l’hypocrisie et la lâcheté qui régissent les rapports sociaux.

Le premier écrivain marocain de langue française est Ahmed Sefrioui ; Le Chapelet d’ambre , qui a obtenu le Grand Prix littéraire du Maroc en 1949, est un recueil de contes qu’on lit comme on égrène un chapelet.

Sociologue et romancier, Abdelkébir Khatibi s’interroge sur le bilinguisme dans Amour bilingue et s’intéresse à la quête mystique dans Le Livre du sang . Écrivain en langue française et arabe, l’intellectuel Abdellah Laraoui traite du nationalisme marocain et de la guerre d’Algérie dans son roman Awraq . Quant au romancier Abdelhak Serhane , il s’indigne, dans Le Soleil des obscurs , de l’injustice qui règne au sein d’une société corrompue et obnubilée par la quête du profit.

Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir mais aussi Beckett, Césaire et Senghor ont tous reconnu le talent de ­ Mohamed Khaïr-Eddine , poète exilé en France qui dénonce dans Agadir (1967) l’autorité patriarcale et divine. Écrivain en langue arabe, Mohamed Choukri a été révélé au grand public par Le Pain nu , récit autobiographique d’une enfance marquée par la violence paternelle et la misère. Edmond Amran el-Maleh donne ses lettres de noblesse à la littérature judéo-marocaine d’expression française. Dans le Café bleu Zrirek , il exprime la nostalgie de son pays natal, dont il regrette certains changements apportés par la modernité.

La littérature féminine au Maroc est résolument engagée et s’interroge sur la condition des Marocaines et des musulmanes en général. Parmi les œuvres les plus connues, citons Le Maroc raconté par ses femmes , de la sociologue Fatima Mernissi ; Vivre musulmane au Maroc, de l’avocate Fadela Sebti ; Le Maghreb des femmes , de la psychiatre Ghita el-Khayat ; Ma vie, mon cri , de Rachida Yacoubi ; Au-delà de toute pudeur, de la sociologue Soumaya Naamane Guessous ; et des romans : Cérémonie , de Yasmine Chami Kettani , Fracture du désir , de Rajaa Benchemsi et Oser vivre, de Siham Benchekroun .


La peinture

La lumière et les couleurs du pays n’ont cessé de fasciner les peintres.

Dans la peinture occidentale

Lorsqu’en 1832, Eugène Delacroix se rend au Maroc, il est frappé par l’intensité de la lumière et par la noblesse des habitants, qu’il qualifie d’« antiquité vivante ». Ses œuvres marocaines, dont les plus célèbres évoquent la fantasia et la noce juive, introduisent un courant révolutionnaire dans l’histoire de la peinture occidentale : l’orientalisme pictural. Entre 1850 et 1880, les peintres venus visiter le Maroc – Benjamin Constant, Alfred Dehodencq, Henri Regnault et Mario Fortuny – représentent l’orientalisme dit « exotique », celui des hammams et des combats guerriers.

Après Delacroix, c’est au tour de Matisse d’être envoûté par la lumière de Tanger. Ses deux séjours effectués au Maroc, le premier au début de l’année 1912 et le second durant l’hiver 1912-1913, lui inspirent une vingtaine de toiles et près de 60 dessins à la plume, illustrant la vie quotidienne des Marocains et la médina de Tanger, et des natures mortes.

En 1917, Jacques Majorelle découvre Marrakech. Subjugué par la beauté de la ville, il s’y installe définitivement en 1932. La maison qu’il fait construire en bordure de la palmeraie donne sur un jardin luxuriant, véritable lieu enchanteur appelé aujourd’hui « le jardin Majorelle ». Les kasbahs et les paysages environnants de l’Atlas ont été la principale source d’inspiration de celui qui reste le « peintre de Marrakech ».

Les peintres marocains

À partir de 1940, une génération de peintres autodidactes apparaît. S’inspirant des contes populaires de tradition orale ou écrite, elle s’exprime par des œuvres très colorées et peuplées de personnages fantastiques qui s’apparentent parfois à des images pour enfants. Parmi ces peintres, les plus représentatifs sont Ben Allal , Moulay Ahmed Drissi et Yacoubi , dont certaines œuvres puisent dans les écrits de Paul Bowles. Les peintures de Louardighi , Aït Youssef , Chaïbia et Fatima Hassan suscitent l’émerveillement à travers une représentation plus poétique que naïve d’un monde utopique. Face à cette pléthore d’artistes, une école des beaux-arts est fondée à Tetouan en 1945, une autre à Casablanca en 1950.

Les années 1960 sont marquées par un nouveau courant pictural, promu par de grands artistes comme Cherkaoui et Gharbaoui . Le premier, imprégné d’une sensibilité moderniste, a restitué avec une palette colorée et lumineuse les plus anciens signes de la culture marocaine. Guidé par cette même recherche, le second, dans une gestuelle lyrique au rythme saccadé, a tenté de traduire la vitalité primitive. Les peintres modernes de l’école des beaux-arts de Casablanca revendiquent un art populaire qui trouve sa source dans l’artisanat traditionnel. Les œuvres de Belkahia , ­ Chebaâ et Melehi présentent des formes abstraites d’inspiration calligraphique. Après les années 1970, la figuration est à l’honneur. Les peintures de Meriem Meziane mettent en scène la vie traditionnelle des campagnes ; celles de ­ Hassan el-Glaoui , les nobles cavaliers de la fantasia. Dans les années 1980, les arts plastiques se diversifient à travers une recherche incessante de nouveaux signes et matériaux : ­ Mustapha ­Boujemaoui utilise du papier journal ; sur les peintures de Farid Belkahia , le cuir remplace la toile. Créée en 1972, l’Association marocaine des arts plastiques contribue à la promotion de la peinture marocaine à l’échelle internationale.


Le théâtre

De tout temps, les représentations publiques accompagnées de chants, de danses, de mimes ou de dialogues ont fait partie de l’expression artistique des Arabes comme des Berbères. Le théâtre à l’occidentale, dit « moderne », apparaît en 1923 avec la formation de troupes à Casablanca, Fès, Meknès et dans les villes du Nord. Exprimant un patriotisme exalté et le refus du colonialisme, beaucoup d’œuvres sont censurées par le régime du protectorat. Ainsi, ­ Mohamed el-Quarri est exilé au Sahara après la représentation de ses pièces L’Orphelin mou , Les Tuteurs et Vertus et conséquences de la science . Fondé en 1953, le Centre marocain des recherches théâtrales de Rabat introduit une nouvelle conception du genre : l’art dramatique national, qui propose des adaptations d’œuvres européennes. En 1956, la première troupe professionnelle marocaine, Firqat et-­Tamthil al-Arabi (troupe de représentation arabe marocaine), présente au festival du Théâtre des Nations de Paris une adaptation des Fourberies de ­Scapin et une pièce intitulée Le Balayeur . C’est le début de l’exportation du théâtre marocain, qui, à partir des années 1960, ressuscite les traditions populaires à travers une conception artistique originale et moderne. Parmi les artistes (auteurs ou metteurs en scène) les plus célèbres, citons Nabyl Lahlou , réputé pour son originalité et son humour corrosif, Abdelhaq Zerouali , qui restitue dans ses pièces les contes des places publiques, et Tayeb Saddiki , dont certaines pièces s’apparentent à des comédies musicales. Aujourd’hui, malgré la mise en place d’un fonds d’aide à la production, le théâtre marocain, faute d’organisation et d’un statut juridique, peine à imposer une pratique théâtrale constante et professionnelle.


Le cinéma

Le cinéma marocain est né sous le protectorat français. La construction, en 1946, de studios de cinéma à Rabat visait autant à produire des œuvres locales qu’à concurrencer le cinéma égyptien. Parmi la trentaine de films produits entre 1945 et 1949, les plus remarquables sont ceux d’ André Zwoboda : La Septième Porte (1947) illustre la vie quotidienne des Marocains et Noce de sable (1948) est l’histoire légendaire et tragique de deux amants. Autour des années 1960, le cinéma colonial de fiction est relayé par le court métrage. Parmi les nombreuses œuvres réalisées, Six Douze , de M. Rechich , ­ A. Bouanani et M. A. Tazi , constitue un document précieux et inédit sur Casablanca. Peu après apparaissent les premiers longs métrages : Quand mûrissent les dattes , de L. Bennani et A. Ramdani (1968), qui s’interroge sur ­l’apport de la modernité dans la société rurale, et Soleil de printemps , de L. Lahlou , où défile la vie laborieuse d’un fonctionnaire originaire de la campagne. Dans les années 1970, le cinéma marocain acquiert toute son importance grâce à deux chefs-d’œuvre : Wechma , de H. Bennani , analyse sur le langage du cinéma, et Mille et une Mains , de S. Ben Barka (1971), qui, à travers le quotidien d’une famille de teinturiers de Marrakech, révèle le malaise social. Grâce à la mise en place d’un fonds de soutien à la production par les pouvoirs publics, les années 1980 sont marquées par la production de films de grande qualité, dont celui de la Marocaine Farida Benlyazid , Une porte sur le ciel (1988), qui présente un islam modéré où s’équilibrent les exigences du corps et la volonté de l’esprit.

Depuis quelques années, le Maroc s’affirme comme un vrai lieu de création. La production cinématographique connaît une évolution qualitative et quantitative, avec des films de bonne facture réalisés par de jeunes cinéastes qui revendiquent leur identité marocaine. Le cinéma marocain s’est doté de festivals de dimension internationale : à Marrakech (Festival international du film), Tetouan (Festival international du cinéma méditerranéen), Tanger (Festival national du film, Festival du court métrage), Salé (Écrans de femmes) et Meknès (Festival du cinéma d’animation), etc. Il s’impose par ailleurs dans de nombreux festivals étrangers – une journée spéciale lui a été consacrée à Cannes en 2005 – et s’exporte mieux.

Le Maroc attire également depuis longtemps les productions étrangères en raison de la diversité de paysages naturels grandioses, de la lumière remarquable, d’une administration conciliante et d’une main-d’œuvre compétente et bon marché. Depuis le passage de Louis Lumière en 1887, plus de 500 films étrangers y ont été tournés. Les studios Atlas, à côté de Ouarzazate, ne désemplissent pas. Parmi les réalisations récentes, on compte Astérix et Obélix, mission Cléopâtre, d’Alain Chabat, Gladiator et, plus récemment, The Kingdom of Heaven , tous deux de Ridley Scott .


La photographie

Pays de couleurs, d’ombre et de lumière, le Maroc a inspiré de nombreux photographes autochtones et étrangers. Dans leurs œuvres, l’expression artistique outrepasse l’apparence pour suggérer le mystère d’un paysage ou d’un visage.

Photographe plasticien marocain, Touhami Ennadre présente des portraits où la lumière, douce ou violente, révèle le noir et où le noir devient lumière. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris et expose dans le monde entier. Originaire de Marrakech, Ali Chraïbi propose dans ses œuvres une rencontre entre cultures africaines et européennes. Réalisées sur le thème des ­« Transhumances », ses photographies évoquent le passage de l’homme à la terre éternelle. Il a participé à plusieurs expositions en Afrique et en Europe au cours des dernières années. Autre photographe marocain de renommée internationale, Nabil Mahdaoui effectue un travail plastique au niveau du cadrage. Il a notamment travaillé sur le thème de l’immigration et de la vie quotidienne dans les banlieues parisiennes. L’artiste français Jean-Marc Tingaud présente dans Médinas la nuit des photographies où résonnent les pas d’ombres furtives et le silence de la nuit ; l’étonnant éclairage crée une ambiance fantomatique, irréelle. Des poèmes de Tahar ben Jelloun prolongent l’immersion dans cette atmosphère sacrée. Autre photographe français, Gérard Rondeau a braqué son objectif sur 150 intellectuels et artistes marocains.

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