MICHELIN Voyage Découvrez le monde avec LeGuideVert
Accueil > > > > > Géographie Maroc

Où Dormir ?

Voir les 519 Hôtels Maroc

Boutique en ligne MICHELIN

Voir toute la collection Guide Vert

Géographie

Agrandir la carte

Géographie

Avec 711 000 km2 (Sahara occidental compris), la superficie du Maroc dépasse de un tiers celle de la France. Baigné par la Méditerranée au nord, l’océan ­Atlantique à l’ouest, le pays est tourné d’un côté vers l’Europe et se perd, de l’autre, dans les immensités sahariennes, entre champs de dunes et plateaux rocailleux. Au milieu se dressent les Atlas, hautes barrières montagneuses où domine le Toubkal qui, avec ses 4 167 m, est le point culminant de toute l’Afrique du Nord. La façade maritime est très longue (2 600 km), tandis que le « rivage » (sahel) saharien s’étend sur plus de un millier de kilomètres, de Tan-Tan à Figuig. Autres grands traits de la géographie du pays : l’altitude moyenne élevée, l’orientation SO/NE des principales chaînes de montagnes, un climat chaud et sec sur une partie importante du territoire, et des fleuves courts au débit très irrégulier. N’oubliez pas que les distances sont importantes : 2 200 km séparent Tanger de la frontière mauritanienne et 900 km, à vol d’oiseau, séparent Agadir de Oujda.

Le Maroc ne cessera de vous étonner par la beauté et l’extraordinaire variété de ses paysages. Relief et conditions climatiques ont en effet donné naissance à des régions naturelles très typées allant des montagnes verdoyantes du Rif aux dunes de Merzouga, des plaines marécageuses du Rharb aux sommets souvent enneigés du Haut Atlas, et des forêts de cèdres du Moyen Atlas aux palmeraies de la vallée du Drâa ou au camaïeu rouge et ocre des terres et roches du Dadès. Sans oublier la flore et la faune, riches de nombreuses espèces quasi inconnues en Europe.

De la Méditerranée au Sahara, voici les zones géographiques que vous rencontrerez en traversant ce pays multiple.


Les montagnes verdoyantes du Rif

Au nord, la façade méditerranéenne du Maroc est délimitée par la chaîne du Rif. Formée de roches tertiaires, elle dessine un grand arc de cercle tourné vers Málaga, allant du djebel Moussa (en face de Gibraltar) au cap des Trois Fourches (au nord de Melilla). Bien que le plus haut sommet, le mont Tidiquin , ne dépasse pas 2 448 m d’altitude, elle forme une barrière difficilement franchissable car le relief est profondément entaillé par des vallées encaissées, et les montagnes plongent brutalement dans la Méditerranée. Sur une longueur de 300 km, seules trois routes, étroites et tortueuses, traversent la chaîne du nord au sud.

Le Rif est la région la plus arrosée de tout le Maroc avec des précipitations dépassant 800 mm par an : le paysage est donc verdoyant (sauf près de la côte) et les forêts nombreuses près des sommets, où la pluviométrie atteint 1 500 mm et plus. Cependant, la déforestation a abouti à une couverture végétale dégradée, le matorral , où abondent les palmiers nains (doum) .

La population , très dense, vit dans des villages aux toits de chaume, de tôle ondulée ou de tuile, et pratique des cultures vivrières dans des petits champs accrochés aux pentes. La région de Ketama est renommée pour sa production de kif .


De la plaine du Rharb aux steppes orientales

Situé au sud-ouest du Rif, dans le triangle Larache-Sidi Kacem-Kénitra, le Rharb (l’« Occident ») est la plaine alluviale de l’ oued Sebou . Ce fut longtemps une zone marécageuse (merja) très pauvre et soumise à des inondations catastrophiques (la plus dévastatrice eut lieu en 1963). Mais d’immenses travaux de drainage et d’irrigation, entamés sous le protectorat, en ont fait la région agricole la plus riche du Maroc (agrumes, betterave, canne à sucre, riz, coton, lin). Au sud, la forêt ancienne de chênes-lièges de la Maâmora a été partiellement replantée avec des eucalyptus.

En remontant la vallée de l’oued Sebou, qui conduit à la haute plaine du Saïs , s’élèvent les villes de Meknès et de Fès . Ses terres fertiles sont consacrées aux céréales et, au sud de Meknès, à la vigne , tandis que les collines prérifaines, un peu plus au nord, sont couvertes de superbes oliveraies.

Plus à l’est, au pied du djebel Tazzeka (1 980 m), la trouée de Taza permet de communiquer facilement avec la plaine de la Moulouya , l’un des principaux fleuves du Maroc. Long de 520 km, il se jette dans la Méditerranée à proximité de la frontière algérienne.

Au sud de l’oued Moulouya, une im-mense zone de hauts plateaux, situés entre 1 000 et 1 300 m d’altitude, s’étend jusqu’à l’oasis du Figuig (à l’est) et aux derniers contreforts du Haut Atlas (à l’ouest). Cette région est particulièrement aride (de 200 à 300 mm de pluie par an), car la barrière montagneuse du Moyen Atlas bloque tous les vents pluvieux venus de l’Atlantique. Ces espaces sans fin, parcourus par des éleveurs semi-nomades, sont le domaine de la steppe à alfa ou à armoise et des jujubiers.


Le massif du Moyen Atlas

Un grand massif montagneux compact formé de calcaires jurassiques occupe la partie centrale du Maroc. Le Moyen Atlas se compose de deux régions d’aspect très différent. À l’ouest, des plateaux karstiques s’étagent entre 1 100 et 2 000 m et réalisent des paysages de causses , parfois recouverts d’épanchements volcaniques. à l’est, une chaîne plissée, nettement plus élevée, offre un aspect alpestre: plusieurs sommets dépassent 3 000 m d’altitude, et le ­ djebel Bou Naceur culmine à 3 340 m.

Le Moyen Atlas, dans sa partie occidentale et septentrionale, reçoit de fortes précipitations et les chutes de neige y sont particulièrement abondantes. Les forêts de chênes-lièges ou de feuillus cèdent la place, à partir de 1 600 m, à des cèdres magnifiques dont certains seraient vieux de près de dix siècles. Cependant, le renouvellement de cette forêt se fait difficilement, et l’activité pastorale domine. Dans la zone de piémont (dir) , des sources permettent aux vergers de prospérer.


La façade atlantique

Du cap Spartel au cap Juby , c’est-à-dire de Tanger à la limite du Sahara occidental, 1 300 km de côte, assez régulière et balayée par le vent, alternent avec les plages de sable immenses et les falaises calcaires ou gréseuses. Il n’est pas rare qu’un cordon littoral de dunes retienne derrière lui des lagunes (comme celle de Oualidia), une étroite plaine humide (oulja) ou des zones marécageuses. Les eaux sont très poissonneuses grâce à la présence de courants froids parallèles à la côte qui, néanmoins, rendent la navigation et la baignade dangereuses, surtout au-delà de Casablanca. Le climat est humide et les brouillards, fréquents.

En arrière du littoral s’étend une plaine côtière formée de terrains quaternaires comportant souvent de vastes zones de dunes anciennes. Elle est traversée par une dizaine de petits fleuves côtiers au débit extrêmement irrégulier (au cours de l’année, il peut varier de 1 à 10, voire de 1 à 100 !). L’ Oum er-Rbia , le plus long fleuve du Maroc avec 555 km, est le seul à avoir un régime à peu près régulier.

à une cinquantaine de kilomètres à l’intérieur des terres commence la Meseta marocaine : le plateau central (pays zaër) où dominent les pâturages et les forêts de chênes-lièges, de chênes verts ou de thuyas, puis le plateau des phosphates, région sèche, triste et pauvre, mais dont le sous-sol recèle la principale richesse du Maroc. Ce dernier est séparé du Moyen Atlas et du Haut Atlas par deux plaines intérieures arides soumises au chergui , un vent d’est qui dessèche tout. Les cultures ne sont possibles que par l’irrigation : seguia dans le Tadla , et rhettara dans le Haouz , près de Marrakech dont la palmeraie compte 100 000 arbres.


Le Haut Atlas

Le sud du Maroc est borné, sur presque toute sa longueur, par une très haute barrière montagneuse . Orientée sud-ouest-nord-est, elle s’étire sur 700 km depuis l’océan Atlantique jusqu’au plateau oriental. Sur cette distance, quatre routes seulement permettent de traverser le Haut Atlas et trois d’entre elles doivent franchir des cols à plus de 2 000 m d’altitude !

À l’ouest, un plateau calcaire, domaine de l’ arganier et du thuya, précède la masse cristalline compacte du Haut Atlas occidental, où culminent le djebel Toubkal (4 167 m) et quelques autres sommets à 4 000 m. Sur le versant nord, les chutes de neige abondantes favorisent les forêts de chênes verts, de pins et de genévriers. La vie se concentre dans les vallées encaissées, ombragées de noyers, où les paysans chleuhs cultivent minutieusement leurs petits champs en terrasses irrigués grâce à des barrages primitifs en pierre et en branchages, les ouggoug .

À l’est du Tizi-n-Tichka et jusqu’au plateau des Lacs (Imilchil) s’étend le Haut Atlas central, dont le sommet, l’ Ighil M’Goun , culmine à 4 071 m. Ici, la montagne est calcaire et les oueds M’Goun, Dadès et Todra y ont taillé des gorges époustouflantes . Le climat est nettement plus sec, voire présaharien sur le versant sud.

Enfin, dans le Haut Atlas oriental, les altitudes descendent progressivement en allant vers l’est ; mais le ­ djebel Ayachi culmine tout de même à 3 737 m. Outre le majestueux cirque de Jaffar, le paysage le plus beau est certainement celui des gorges du Ziz, où les palmeraies prospèrent entre deux murailles rocheuses.


La plaine du Sous et les massifs de l’Anti-Atlas

Au pied du Haut Atlas, un long couloir étroit, le sillon sud-atlasique , fait la séparation avec l’Anti-Atlas ; jusqu’à la hamada du Guir, il n’est interrompu que par le puissant massif volcanique du djebel Siroua (3 304 m). L’extrémité occidentale est la plaine alluviale du Sous , soumise à un climat très sec. Le sol caillouteux ne porte guère qu’une végétation naturelle clairsemée : la savane d’arganiers . Mais l’irrigation alliée à la chaleur peuvent faire des miracles : la région d’Agadir s’est spécialisée dans les primeurs , telles ces fraises qui se trouvent sur les marchés français dès février !

Au sud du Sous commence la chaîne de l’Anti-Atlas, parallèle au Haut Atlas mais sensiblement moins élevée. Ce sont des terrains primaires d’où émergent des massifs de roches éruptives ou métamorphiques : djebel Lkest (2 376 m) au-dessus de Tafraoute, adrar-n-Aklim (2 531 m) à l’est d’Igherm, et djebel Amalou (2 712 m) dans le Sarhro. Les formes du relief sont extrêmement variées et donnent un aspect très sauvage à cette région : granits errodés de la cuvette de Tafraoute, arêtes gréseuses du djebel Lkest, crêtes schisteuses, gorges taillées dans le calcaire, etc. Le climat est très chaud et l’éclosion du printemps dans les vallées plantées d’amandiers est une vraie merveille.


La zone présaharienne

On imagine souvent le Sud marocain présaharien comme une région écrasée de soleil, basse et monotone. S’il est bien vrai que le climat est très chaud (45° et plus au mois d’août, 36° à minuit !) et que les sommets ne dépassent pas 1 500 m, le relief est généralement escarpé. Il offre une débauche de formes géologiques dont aucune ­végétation ne vient cacher la magnifique brutalité : étonnants plissements calcaires, interminable barre gréseuse du djebel Bani , reliefs appalachiens, mesetas , gorges ou cluses (foum) profondément entaillées par des torrents asséchés, reg (éboulis caillouteux au pied d’une montagne), immenses plateaux (hamada) recouverts de pierres roulées par des fleuves disparus puis usées par les vents de sable, kreb (escarpement marquant la bordure d’une hamada ), dunes de sable (erg) aux formes mouvantes, sebkha (vastes étendues salées dont la surface parfaitement plate brille au soleil), lacs éphémères que l’on pourrait prendre pour des mirages, etc. Et parfois, dans ce monde minéral, surgissent la verdure irréelle d’une oasis et la beauté dépouillée des architectures de terre.


La flore

Bien que d’importantes parties du pays soient en zone aride, le Maroc possède une flore qui ravira les amateurs de botanique, et le printemps donne lieu à une explosion de fleurs sauvages dans les champs. Les jardins, publics ou privés (Chellah, Oudaïa, Bouknadel, Majorelle, etc.), sont d’une luxuriance qui vous émerveillera à chaque fois.

Palmier et cèdre pourraient se disputer le titre d’arbre emblématique du Maroc. Malgré la diminution du rôle des dattes dans l’alimentation et le commerce local, la silhouette du palmier reste familière dans bien des régions. Quant au cèdre , dont le bois est apprécié en menuiserie, il couvre encore des étendues considérables dans le Moyen Atlas, mais aussi dans le Rif et le Haut Atlas.

D’autres arbres moins célèbres forment des peuplements importants : le mimosa vers Tanger, le genévrier sur des zones montagneuses, le thuya de ­Barbarie ou arar , utilisé par les ébénistes d’Essaouira, l’ arganier endémique dans le Sud-Ouest marocain, l’ acacia gommier des régions subdésertiques, à la curieuse silhouette tabulaire, le jujubier , le palmier nain (doum) , le sycomore du Tafilalt, ou encore l’étrange branfer de Ouarzazate aux délicates fleurs jaunes au cœur orange vif. Les figuiers de Barbarie se rencontrent un peu partout, mais l’ euphorbe est spécifique de l’Ifni, où le mot désigne deux plantes radicalement différentes : un cactus en forme de coussin (bien épineux !) et un arbrisseau feuillu, dont les branches sont disposées avec une singulière symétrie.


La faune

Outre les chèvres et les moutons, trois animaux font partie du paysage marocain : l’âne, le dromadaire et la cigogne. L’ âne , « doux, sensuel et tenace », est le compagnon le plus fidèle du paysan. Le dromadaire , introduit au Maghreb au début de notre ère, a été pendant des siècles le « vaisseau du désert » ; aujourd’hui, avec son allure dégingandée et sa moue dédaigneuse, il n’est plus guère qu’une curiosité pour touristes ou, pire, un animal de boucherie (dans le Grand Sud). Quant à la cigogne , en « villégiature » de décembre à août, elle a adopté comme résidence secondaire les minarets et les tours des kasbahs à l’abandon.

Même si les lions et les éléphants, mentionnés par les auteurs anciens ou représentés sur les gravures rupestres, ont disparu depuis belle lurette, la faune sauvage marocaine, favorisée par l’isolement géographique de nombreuses régions, était restée fort riche jusqu’à une date récente. Mais, depuis quelques décennies, nombre d’espèces sont menacées de disparition par la chasse (gazelles, antilopes, outardes), le commerce illégal d’animaux (tortues, caméléons, fennecs) ou, simplement, par le développement économique.

La côte atlantique, avec ses nombreux estuaires, ses lagunes et ses vastes zones marécageuses (merja) , est un havre pour d’innombrables espèces d’ oiseaux migrateurs ou aquatiques : avocettes, hérons, cormorans, flamants roses, pélicans, etc. Plusieurs réserves naturelles leur sont consacrées, notamment celles de Merja Zerga (au sud de Larache), de l’île de Mogador (Essaouira) et de Sous Massa (au sud d’Agadir). Deux espèces particulièrement rares y survivent : le faucon d’Éléonore et l’ ibis chauve (que l’on trouve également dans les falaises de Birecik).

Dans le nord du Maroc, le pique-bœuf est un hôte permanent des campagnes, tandis que les grandes outardes se rassemblent en hiver près d’Asilah.

L’animal le plus spécifique du Moyen Atlas est le magot ou macaque de Barbarie , seul singe d’Afrique du Nord (les célèbres singes du rocher de Gibraltar appartiennent à la même espèce) : muni de bonnes jumelles et en étant très discret, vous pourrez observer leurs bandes méfiantes dans les clairières des forêts de cèdres, du côté d’Azrou.

Dans le Haut Atlas, il reste sur les pentes du mont Toubkal des mouflons , à vrai dire peu nombreux, et peut-être quelques léopards . Vous aurez plus souvent l’occasion de voir planer quelques grands rapaces comme l’aigle royal, le gypaète barbu ou le circaète. Les ­ caméléons vendus dans les souks de Marrakech ou d’ailleurs viennent généralement de la région.

Les écureuils d’arganiers sont de petites bêtes au pelage gris, fréquentes dans l’Anti-Atlas et le Sous ; chez eux, la curiosité l’emporte sur la méfiance et l’on peut donc les observer de près.

Il est possible parfois d’apercevoir une panthère dans la région de Guelmim, et, la nuit, il est courant d’entendre les hurlements des chacals . D’une manière générale, le Grand Sud est riche en animaux sauvages qu’il vaut mieux ne pas approcher de trop près : le scorpion , qui peut atteindre 15 cm de long, la vipère Hortense , le cobra royal ou, plus banalement, le lézard à queue épineuse (ou fouette-queue ), dont la course est très amusante, mais qu’il faut bien se garder d’attraper pour ne pas avoir les mains déchirées comme par des lames de rasoir.

Dans le désert, gerboises et fennecs sont encore nombreux, mais les différentes espèces de gazelles , jadis très abondantes, sont en voie de disparition, victimes de riches chasseurs venus du golfe Persique qui les traquent en 4x4, quand ce n’est pas en hélicoptère !

Haut de page