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L’islam

Islam signifie « élan vers Dieu ». Dieu est unique : « Il n’y a de Dieu qu’Allah, et Mahomet est son prophète », dit la profession de foi musulmane. L’islam marocain est sunnite de rite malékite (fondé par l’imam Malik). L’école des malékites enseigne une lecture du Coran moins dogmatique et moins littérale que celle des autres tendances ; elle accepte que l’on modifie les traditions dès lors que celles-ci s’opposent au bien commun. Au Maroc, l’islam est une religion d’État et le roi Mohammed VI, descendant du Prophète, est le Commandeur des croyants (Amir al-Mouminine) . Les Marocains, presque tous musulmans (99,95 %), sont fortement unis par le sentiment d’appartenance à la communauté des croyants, l’ Umma .

Les origines

Mahomet est né vers 570 à ­La Mecque, en Arabie. Orphelin dès sa tendre enfance, il organise très tôt des caravanes puis travaille pour la veuve Khadija, une riche commerçante, qu’il épouse à 25 ans. C’est dans la grotte de Hira, où il se retire de temps à autre pour méditer, qu’il reçoit ses premières révélations (vers 610) : l’archange Gabriel (Jibrail) lui annonce qu’il est le messager de Dieu (rasûl) . En 613, Mahomet entame sa mission prophétique. Contraints de fuir les persécutions des Mecquois polythéistes, Mahomet et ses disciples se réfugient à Médine en 622. Cette émigration, l’ hégire (de hijra : « exil », en arabe), marque l’an 1 du calendrier musulman. L’État islamique (Dar al-Islâm) , que le Prophète instaure dans cette ville, devient un modèle pour toutes les cités musulmanes à venir (médinas). En 624, la victoire remportée par les Médinois sur les Mecquois lors de la bataille de Badr entraîne l’extension de l’islam dans toute la péninsule Arabique. En l’an 10 de l’hégire, Mahomet institue le pèlerinage à La Mecque (Hadj) puis retourne à Médine, où il rend l’âme le 13 rabi de l’an 11 de l’hégire (le 8 juin 632).

Le livre sacré

L’islam s’appuie sur un livre révélé, le Coran . Ce mot vient de qur’an , infinitif de qara’a , qui signifie « réciter » en arabe. Pendant les vingt années de la révélation, Mahomet récitait à chaque ramadan la totalité de ce qui lui avait été transmis jusque-là. C’est pour cette raison que les musulmans récitent le Coran durant les nuits de ce mois sacré. Les révélations se présentent sous forme de versets (ayats) rassemblés en 114 chapitres ou sourates .

Après le Coran, la sunna , ou « tradition » est le second fondement (asl) de l’islam. Contenue dans les hadiths (témoignages sur la vie de Mahomet), elle relate les propos que le Prophète a tenus en tant que guide de la communauté, et non en tant que messager de la parole divine. Pour les musulmans, ces paroles ont été rapportées par une série de témoins, garants de leur authenticité.

Les cinq piliers

Cinq obligations majeures constituent les piliers de l’islam :

− représentant l’adhésion à l’islam, la profession de foi (chahada) est l’obligation canonique la plus importante. Elle atteste « qu’il n’est de divinité que Dieu » et que « Mahomet est l’envoyé de Dieu ». Celui qui prononce ces mots s’engage définitivement à être musulman et à appartenir à la communauté des croyants (Umma) ;

- après avoir procédé à des ablutions purificatrices, le croyant effectue sa prière (salât) cinq fois par jour : au lever du soleil, à midi, vers 16h, au coucher du soleil et deux heures plus tard. Tourné vers La Mecque, il exécute seul ou en groupe une série de prosternations en récitant des versets du Coran. Un ­ muezzin lance l’appel à la prière (adan) du haut du minaret. La prière du vendredi (salât al-jumu’a) est collective. Le musulman se rend à la mosquée, où l’ imam (savant religieux) dirige la prière et, de sa chaire (minbar), prononce un prêche. Cette journée est également vouée à la charité envers les déshérités, auxquels on offre aumône et nourriture, notamment le couscous, le plat sacré. Dans certaines régions, des familles déposent, la veille, des cierges dans une mosquée ou dans le mausolée d’un marabout ;

− le ramadan a lieu le 9e mois de l’année lunaire. Les musulmans – à partir de la puberté – jeûnent de l’aube au coucher du soleil, exception faite pour les malades, les femmes enceintes, et ceux qui effectuent un long voyage. Autre dérogation : les femmes ne doivent pas jeûner pendant le temps de leurs règles, mais sont contraintes en revanche de « rattraper » le nombre de jours de jeûne plus tard. Le jeûne porte sur la nourriture, la boisson, le tabac et les relations sexuelles. Le soir, familles et amis se retrouvent autour d’une multitude de plats, dans une atmosphère de détente et de gaieté. La nuit du 27e jour, appelée « Nuit de la destinée », commémore la révélation de la première sourate au prophète Mahomet. On prie beaucoup cette nuit-là. Le ramadan se termine par la grande fête de l’ Aïd al-Fitr ;

− le croyant doit faire preuve de générosité, notamment en dispensant l’ aumône légale (zakat) , ­contribution en nature ou en argent destinée à financer des œuvres de bienfaisance. Dans deux versets de l’une des dernières sourates, on peut lire : « Mais l’homme a été rebelle, aussitôt qu’il s’est vu riche. » Si l’avarice éloigne le croyant de Dieu, la prodigalité est également condamnée, dans la mesure où elle provoque l’appauvrissement économique de la communauté ;

− tout fidèle doit effectuer un pèlerinage à La Mecque (hadj) au moins une fois dans sa vie, à condition d’en avoir les moyens. Il permet la rémission de tous les péchés. Il est ponctué de nombreuses prières et de rituels, dont le plus important consiste à faire sept fois le tour de la Ka’ba , sanctuaire de forme cubique situé dans la cour de la mosquée et renfermant la Pierre noire remise à Abraham par l’archange Gabriel. Tout musulman qui a réalisé ce pèlerinage se voit honoré du titre de hadj , qui précède dès lors son nom.

Par ailleurs, l’islam stipule un certain nombre d’ interdits : il proscrit les boissons alcoolisées, la viande de porc et les viandes non saignées. Quoique pratiqués, les jeux de hasard et l’usure sont également condamnés.

Les grandes dates de la vie religieuse

La vie civile est régie par le calendrier grégorien, mais la vie religieuse suit le calendrier musulman. Celui-ci est calculé selon les 12 mois de l’année lunaire. Chaque mois commence avec la nouvelle lune et fait alternativement 29 ou 30 jours. Une année lunaire ne compte que 355 jours et avance donc d’une dizaine de jours sur l’année solaire. L’an 1 de l’hégire a débuté le 16 juillet 622.

Le 1er Moharram est le nouvel an du calendrier musulman.

L’ Achoura est célébrée le 10e jour du mois de Moharram , en souvenir de l’assassinat de Hussein, petit-fils du Prophète.

Le Mouloud correspond à l’anniversaire du Prophète.

L’Aïd al-Fitr (ou Aïd es-Seghir), la rupture du jeûne, a lieu le premier Chaoual , qui correspond au lendemain du dernier jour du ramadan.

L’Aïd al-Kébir , la « Grande Fête », commémore l’épisode du sacrifice relaté dans le Coran et la Bible selon lequel Isaac, fils d’Abraham, échappe à l’immolation grâce à un bélier qui lui est substitué. En célébration de cet acte, la communauté musulmane a institué une fête dite « du Mouton » (le 10 du mois de Dhû al-hijja ), au cours de laquelle un animal est sacrifié dans chaque famille.

La monarchie sacralisée

Le roi est le Commandeur des croyants , titre qui légitime sa fonction de monarque. Il est le descendant d’Ali, gendre du Prophète, d’où le nom de Alaouite donné à la dernière dynastie. Le pouvoir monarchique n’est attribué qu’aux descendants directs du Prophète (chorfa) . Bien que l’islam proclame l’égalité de tous les musulmans devant Dieu, le titre de chérif est une source de bénédiction (baraka) . Ce don divin introduit une relation d’allégeance entre le peuple marocain et son roi.

Si l’islam ne tolère pas d’organisation hiérarchique détentrice d’un pouvoir spirituel, il existe un corps de docteurs de la loi musulmane, théologiens juristes qui contrôlent l’orthodoxie et l’application de la loi religieuse en relation avec le pouvoir étatique. La fonction des oulémas s’apparente à celle des clercs d’avant la séparation entre l’État et l’Église en France. Dans l’islam classique, ils doivent interpréter les textes sacrés, légitimer le pouvoir établi et protéger le pays des tensions religieuses extrémistes. Au Maroc, leur rôle est aujourd’hui marginalisé et affaibli. Néanmoins, des oulémas occupent toujours des postes importants au sein de l’État et de la société civile. L’ imam est ce dignitaire qui prie devant les fidèles alignés lors des prières collectives ; intégré au pouvoir civil et religieux – au même titre que le juge local, appelé cadi , le juriste et le théologien –, il représente l’unité de la communauté.

Mysticisme et superstitions

Héritées de la culture berbère préislamique, la superstition et la magie continuent d’orienter bon nombre de sorts et de destinées. Les Marocains croient en la présence d’esprits malfaisants, les djinns . L’outrecuidance ou l’étalage des richesses sont atténués par la crainte du « mauvais œil », sort jeté par un regard envieux ou jaloux. Dans les médinas, des voyants (shouaf) concoctent des recettes et potions magiques censées guérir tous types de maux : impuissance du mari, stérilité, adultère, célibat, etc.

Bien que condamnées par l’islam orthodoxe, ces pratiques se sont greffées sur le culte des saints, auquel adhère la religion dite populaire. Ce culte s’exprime par la vénération d’un marabout (ou wali : ami de Dieu), intercesseur entre Dieu et les croyants. Pour espérer voir leurs vœux exaucés, ces derniers se recueillent sur la tombe du saint (koubba) et y effectuent des pèlerinages (moussem) . Le Maroc compte quelques milliers de saints, locaux, régionaux et nationaux. Certains attirent une foule de pèlerins de tout le Maghreb (Moulay Abdallah Acharif, à Ouezzane), ou d’Afrique noire (Sidi Ahmed Tijani, à Fès). Le saint le plus réputé est Moulay Idriss – qui repose dans la ville portant son nom –, fondateur en 789 de Fès, première ville islamique du pays.

Le respect et le dévouement portés à des personnalités religieuses se retrouvent au sein des confréries mystiques , nombreuses à Fès. Celles-ci se réunissent dans un sanctuaire, ou zaouïa, ce lieu de rassemblement pouvant être une école, une mosquée ou la tombe d’un saint. Chaque confrérie est dirigée par un maître (cheikh). Directement inspirée des préceptes du soufisme , cette voie spirituelle (tariqa) implique la primauté de l’au-delà sur les biens terrestres et l’effacement de l’homme devant la divinité. Cette démarche comprend des exercices spirituels fondés sur le dhikr (rappels et invocations de Dieu). Ceux-ci sont collectifs et peuvent être associés à des danses, dont le rythme saccadé et répétitif mène à un état de transe.


Le judaïsme

Si les juifs marocains sont des citoyens à part entière, électeurs et éligibles, l’État marocain leur a établi un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme. Sur le plan du statut personnel, les juifs sont régis par la loi mosaïque , ce qui signifie qu’ils sont justiciables des chambres rabbiniques près des tribunaux réguliers pour tout ce qui touche au mariage, à l’héritage et au droit des mineurs. L’alimentation casher (viande et vin) est garantie par les autorités religieuses et communautaires qui, en échange, versent à l’État des taxes spécifiques. La communauté juive au Maroc ne regroupe plus que 2 500 fidèles environ, la majorité vivant à ­ Casablanca . La plupart des juifs marocains ont émigré en Israël, où ils sont 800 000, mais aussi en France, en Espagne et au Canada. Chaque année, des expatriés venus du monde entier se retrouvent autour de tombeaux de saints – situés à Ouezzane, Essaouira, Taroudant – pour fêter la hilloula , version juive du moussem , qui rappelle les fastes du passé et souligne l’attachement à la terre des ancêtres.

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