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Une cité « gezellig »

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Une cité « gezellig »

Gezellig ! Ce mot à la consonance qui « chatouille » permettrait à lui seul de décrire Amsterdam : sympathique, chaleureuse, conviviale, tolérante … Telle est sa réputation. Et après quelques pas dans cette ville pas comme les autres, la première impression semble le confirmer. Mais qu’en est-il en réalité


L’Amstellodamois

À quoi le reconnaît-on Si sa manière de prononcer avec insistance les « o » et les « a » n’est pas évidente pour le visiteur étranger et si son origine populaire se vérifie de moins en moins, son sens de l’échange et de l’entreprise est en revanche assez évident. Mais il est bien difficile de généraliser, car à l’instar d’autres capitales du monde occidental, beaucoup de ses habitants n’y sont pas nés, mais sont venus y étudier ou y trouver leur emploi. Évolution démographique et changements économiques ont bouleversé la composition et la répartition de sa population, désormais plus jeune et cosmopolite que dans le reste du pays. La culture populaire, celle qui caractérisait notamment le Jordaan, s’érode. La gentryfication du centre-ville a engendré le déplacement des familles modestes vers les périphéries. Dans les quartiers historiques et le Jordaan réhabilités se mêlent désormais des professeurs, médecins et jeunes loups de la finance qui logent au-dessus des commerces d’antan reconvertis en restaurants branchés. Les nouveaux quartiers des docks de l’Est et d’IJburg reflètent eux une réelle mixité sociale , celle voulue par la municipalité qui impose un quota de 30 % de logements sociaux dans toute construction neuve afin de limiter la création de ghettos qui mettrait à mal le modèle local d’intégration.


Riche de sa diversité

Dès le 16 e s., les autorités comprennent le profit à tirer de l’ apport de nouvelles communautés , de nouvelles idées. La tolérance religieuse favorise alors l’installation de populations persécutées ailleurs (juifs séfarades, sociniens polonais, mennonites de Frise) qui toutes enrichissent Amsterdam, dans tous les sens du terme. Depuis des siècles, cette mixité culturelle favorise l’initiative et la créativité, deux piliers de la réussite de la cité.

Forte de sa tradition d’ouverture, la Venise du Nord abrite aujourd’hui une forte population immigrée – 47 % de ses habitants et 173 nationalités ! Vous croiserez des travailleurs venus du Maghreb et de Turquie dans les années 1960 pour aider au développement du pays, des créoles et hindous du Surinam et des Antilles néerlandaises (anciennes colonies), des Chinois et plus de 100 000 Européens et Nord-Américains. Malgré une politique anti discriminatoire volontaire (la composition du personnel des mairies doit refléter la variété d’origine des habitants), les immigrés d’origine non occidentale se regroupent dans des quartiers périphériques (Nieuwe West, Indische buurt, Zuidoost, de Bijlmer), et des tensions entre populations immigrées et autochtones sont apparues ces dernières années, avec la montée des mouvements d’extrême droite. Les Néerlandais, confiants en leur « société modèle », ont été fortement ébranlés par les assassinats du populiste Pim Fortuyn (en 2002 par un activiste écologiste) et par le cinéaste engagé Theo van Gogh (en 2004 par un islamiste radical). Heureusement, les initiatives se multiplient pour contrer l’isolement et la stigmatisation, et entretenir le dialogue.


La tolérance et ses limites

La réputation d’Amsterdam repose sur le principe de la tolérance – une tolérance maîtrisée qui lui permet de mieux prévenir les débordements.

Depuis des siècles, les livres et les idées y circulent librement ou presque. Sans accepter une liberté complète, les provinces conditionnées par leur histoire religieuse, les impératifs du commerce et leur structure politique, n’avaient d’autre choix que de permettre pour mieux contrôler.

Dans les années 1960 s’est développé une culture de la contestation menée par le mouvement Provo (crée en 1965 par Roel van Duyn) : opposition au pouvoir du capitalisme, sensibilisation à l’écologie, squats. Elle accompagna la laïcisation progressive de la société néerlandaise tout en bousculant la vie politique.

Les politiciens néerlandais d’aujourd’hui sont les héritiers de ces traditions de tolérance – voire de contestation. Ils préfèrent la prévention et le contrôle discret, plutôt que l’interdiction qui invite aux débordements. Aux yeux du visiteur étranger, les mesures les plus spectaculaires concernent la drogue et la prostitution –visibles à travers les coffee-shops et les vitrines du Quartier rouge. Face à ces maux inévitables, les Néerlandais préfèrent instituer une marge de transgression autour de la ligne d’interdiction – un système qui n’est pas la panacée et qui impose des règles contraignantes et des contrôles fréquents. Autre illustration de ce principe de tolérance,la liberté laissée aux parents dans le choix de l’établissement scolaire de leur enfant : publique, laïque, religieuse, à orientation pédagogique alternative, etc. À première vue généreux, ce principe favorise néanmoins le conservatisme et la ségrégation.

Enfin, Amsterdam est devenue le refuge des personnes pratiquant un mode de vie dit différent. Les homosexuels, locaux ou étrangers, y vivent ainsi sans craindre le regard des autres et animent une scène culturelle et artistique très active. La discrimination est condamnée et le mariage entre personnes de même sexe est légalisé depuis 2001, une première mondiale votée la même année que la législation concernant l’euthanasie.

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