MICHELIN Voyage Découvrez le monde avec LeGuideVert
Accueil > > > > > Art et architecture Portugal et Madère

Où Dormir ?

Voir les 1422 Hôtels Portugal et Madère

Art et architecture

Agrandir la carte

Art et architecture

L’inspiration maritime et exotique de l’art manuélin, l’exubérance baroque de la « talha dourada », l’art décoratif renouvelé de l’azulejo, la créativité de l’art populaire… une sensibilité artistique originale, visible dans d’autres domaines encore, semble s’exercer au Portugal. Elle se perpétue aujourd’hui chez les plasticiens ou dans l’architecture moderne. Ce très riche patrimoine reste par ailleurs encore largement méconnu.


L’art portugais

De la préhistoire au haut Moyen Âge

Quelques sites préhistoriques – gravures rupestres de la vallée du Côa, mégalithes autour d’Évora – ou protohistoriques comme celui de Briteiros (datant de l’âge du fer), quelques ruines romaines à Conímbriga, Évora et Tróia près de Setúbal, retiennent l’amateur d’archéologie.

De petites églises préromanes rappellent les différentes influences qui se sont succédé dans la péninsule Ibérique, venant du nord ou de l’est : wisigothique (São Pedro de Balsemão près de Lamego, Santo Amaro à Beja), mozarabe (São Pedro de Lourosa à Oliveira do Hospital, dans la Serra da Estrela), byzantine (São Frutuoso près de Braga). Mais c’est au 11 e s., avec l’accession du pays à l’indépendance, que l’art portugais acquiert ses caractères propres.

Le Moyen Âge (11 -15 s.)

L’art roman

Entre France et Galice – Il n’a pénétré que tardivement au Portugal (11 e s.), importé de France par des chevaliers bourguignons, et des moines de Cluny et de Moissac ; aussi a-t-il gardé dans l’ensemble les traits du roman français. Mais le rayonnement de Saint-Jacques-de-Compostelle lui a donné dans le nord du pays, où il est le mieux représenté, un style plutôt galicien encore accentué par l’emploi du granit. De ce fait, les édifices ont un aspect massif et fruste : les chapiteaux montrent la résistance que ce matériau offre au ciseau du sculpteur.

Des cathédrales aux allures de forteresses – Les cathédrales, souvent édifiées par des architectes français, de préférence sur une éminence au centre de la cité, ont été construites en même temps que les châteaux forts pour soutenir l’action contre les musulmans, d’où leur allure de forteresses si visible dans les cathédrales de Coimbra, Lisbonne, Évora, Porto et Braga. Les églises de campagne, plus tardives, présentent des portails parfois richement sculptés. L’intérieur, où apparaît souvent l’arc brisé et la voûte d’arêtes, a été transformé par des adjonctions manuélines ou baroques.

L’art gothique

Les grands monastères – Alors que le style roman s’était épanoui dans le nord du pays avec la construction de cathédrales et de chapelles, l’art gothique s’est développé à la fin du 13 e s. dans les régions calcaires de Coimbra et de Lisbonne avec l’éclosion de grands monastères. Les églises, à trois nefs avec abside et absidioles polygonales, conservent encore les proportions et la sobriété de l’art roman.

Le monastère d’Alcobaça , reflet de l’ancienne abbaye de Clairvaux en France, a servi de modèle pour les cloîtres cisterciens (14 e s.) des cathédrales de Coimbra, Lisbonne et Évora.

Le gothique flamboyant, qui fut de brève durée, a trouvé sa meilleure expression dans le monastère de Batalha , bien que celui-ci ait été achevé à l’époque manuéline.

Les tombeaux sculptés – La sculpture gothique s’est développée au 14 e s. dans l’art tumulaire (ou tombal), négligeant la décoration des tympans et des portails ; les chapiteaux et les corniches n’ont guère reçu que des décors géométriques ou végétaux, à l’exception de quelques animaux stylisés ou de rares sujets humains (chapiteaux du monastère de Celas, à Coimbra).

L’art tumulaire s’est épanoui à partir de trois foyers : Lisbonne, Évora et, surtout, Coimbra dont l’influence, sous la direction de maître Pero , s’étendit sur le nord du Portugal, en particulier à Porto, Lamego, Oliveira do Hospital et São João de Tarouca. Les plus beaux tombeaux, ceux d’Inès de Castro et de Pierre I er au monastère d’Alcobaça, ont été sculptés dans le calcaire.

Le rayonnement de Coimbra persista au 15 e s., avec João Afonso et Diogo Pires le Vieux ; un second centre se créa à Batalha sous l’inspiration du maître Huguet (tombeaux de Jean I er et de Philippa de Lancastre).

La statuaire, influencée par l’art français, en particulier à Braga, est caractérisée par la finesse des détails, le réalisme des têtes et la douceur de l’expression.

L’architecture militaire

Pour lutter contre les musulmans, puis contre les Espagnols, les Portugais édifièrent de nombreux châteaux forts qui constituent un des éléments marquants du paysage. Les premiers jalonnent les étapes successives de la Reconquête, les seconds, édifiés du 13 e au 17 e s., gardent les voies de passage les plus fréquentées.

La plupart, bâtis au Moyen Âge, ont un air de famille avec leur double enceinte entourant le donjon (torre de menagem) , carré, massif, couronné de merlons pyramidaux où l’on reconnaît un ultime rappel de l’influence musulmane.

La période manuéline

Le style manuélin marque, au Portugal, la transition du gothique à la Renaissance. Son nom, qui lui a été donné au 19 e s., rappelle que ce style s’est épanoui sous le règne de Manuel I er . En raison de son originalité, il est, malgré sa brièveté (1490-1520), d’une importance capitale dans l’histoire de l’art portugais.

Il reflète tout naturellement la passion de la mer et des territoires lointains récemment découverts, et manifeste la puissance naissante et la richesse qui s’installent sur les bords du Tage.

Une architecture tournée vers le large

Les églises demeurent gothiques par leur plan, la hauteur de leurs piliers et le réseau de leurs nervures ; mais la nouveauté et le mouvement apparaissent dans les piliers qui se tordent en spirale. Les arcs triomphaux accueillent des moulures représentant des câbles marins. Les voûtes, d’abord sur simples croisées d’ogives, reçoivent de grosses nervures en relief, rondes ou quadrangulaires, dont le dessin se transforme en étoile à quatre pointes ; des cordages décoratifs y apparaissent, faisant quelquefois des nœuds ; la forme des voûtes évolue, elles s’aplatissent, reposent sur des arcs segmentés, les collatéraux s’élèvent, donnant naissance à d’authentiques églises-halles.

La sculpture

Le style manuélin prend tout son caractère dans la décoration. Les fenêtres, les portes, les rosaces, les balustrades se couvrent alors de rameaux de laurier, de capsules de pavot, de roses, d’épis de maïs, de glands, de feuilles de chêne, de grappes d’ombelles, d’artichauts, de chardons, de perles, d’écailles, de cordages, d’ancres, de globes terrestres, de sphères armillaires et enfin de la croix du Christ qui régnait sur ces ensembles décoratifs.

Les artistes

Boytac , d’origine française, est l’auteur du premier édifice manuélin, l’église de Jésus à Setúbal, et de la cathédrale de Guarda ; il a participé à la construction du monastère des Jerónimos (Hiéronymites) à Belém, ainsi qu’à celle de l’église du monastère de Santa Cruz à Coimbra et du monastère de Batalha. Son art évolue dans le sens de la complication : les colonnes torsadées dont il est le spécialiste se recouvrent de feuilles de laurier et d’écailles et sont entrecoupées d’anneaux. Ses portails, élément majeur de l’art manuélin, s’inscrivent dans une composition rectangulaire que bordent des colonnes torses surmontées de pinacles en spirale ; au centre de la composition ou au-dessus d’elle sont disposés les emblèmes manuélins : écusson, croix de l’ordre du Christ, sphère armillaire.

Mateus Fernandes donne à Batalha une tournure manuéline. Son art est nettement influencé par l’élégance du style gothique flamboyant. Le décor, surtout composé de thèmes végétaux, géométriques ou calligraphiques, prime sur le volume. Le portail des Chapelles inachevées de Batalha frappe par sa richesse décorative.

Auteur de l’exubérante fenêtre de Tomar, Diogo de Arruda est l’artiste le plus original du style manuélin. Chez lui, les thèmes nautiques sont devenus une véritable obsession.

Concepteur de la tour de Belém à Lisbonne, Francisco de Arruda rejette les excès décoratifs de son frère, préférant la sobriété de l’art gothique, qu’il agrémente de motifs mauresques.

Les frères Arruda furent également les « maîtres d’œuvre de l’Alentejo », où ils surent colorer l’art manuélin d’éléments d’art musulman, créant ainsi un style original : la plupart des résidences seigneuriales et des châteaux de cette région ainsi que les palais royaux de Sintra et de Lisbonne sont marqués par ce style « luso-mauresque », caractérisé par l’arc outrepassé, aux moulures très fines, des portes et des fenêtres.

Parallèlement à l’art manuélin, la sculpture portugaise subit à la fin du 15 e s. l’influence flamande sous l’impulsion d’ Olivier de Gand et de Jean d’Ypres (leur chef-d’œuvre est le retable en bois de la Sé Velha de Coimbra). Puis Diogo Pires le Jeune reprend les thèmes manuélins : la cuve baptismale du monastère de Leça do Balio (1515), près de Porto, en est le meilleur exemple.

Au début du 16 e s., plusieurs maîtres, venus de Galice et de Biscaye, exercent leur art dans le nord du Portugal ; ils participent à la construction des églises de Caminha, de Braga, de Vila do Conde et de Viana do Castelo. Leur art tient du gothique flamboyant et du plateresque espagnol.

À partir de 1517, deux artistes de Biscaye, João et Diogo de Castilho , travaillent successivement à Lisbonne, Tomar et Coimbra ; leur art proche du plateresque s’intègre au style manuélin comme on peut le voir dans le monastère des Jerónimos à Bélem.

Les arts mineurs

Le goût manuélin se traduit dans les arts mineurs par une exubérance des motifs de décoration, souvent inspirés de l’Orient. L’ orfèvrerie religieuse , fastueuse aux 15 e et 16 e s., se ressent de l’exotisme oriental. La faïence subit l’influence de la porcelaine chinoise ; le mobilier adopte des procédés de décoration venus d’Orient : emploi de laques (Chine) ou de marqueterie de nacre et d’ivoire.

La peinture de 1450 à 1550

Les peintres portugais, plus tardivement que les architectes et les sculpteurs, traduisent à leur manière la prodigieuse ascension politique du pays, en se dégageant progressivement des influences étrangères.

Les primitifs (1450-1505)

Les premiers peintres subissent franchement l’influence de l’art flamand dont la pénétration au Portugal est favorisée par l’existence de relations commerciales étroites entre Lisbonne et les Pays-Bas. Seul Nuno Gonçalves , auteur du célèbre polyptyque de l’Adoration de saint Vincent (au musée d’Art ancien à Lisbonne), a su faire preuve d’originalité ; son tableau évoque, par sa composition, l’art de la tapisserie ; malheureusement, on ne lui connaît guère d’autres œuvres, à l’exception des cartons et tapisseries représentant la prise d’Asilah et de Tanger qui se trouvent dans le trésor de l’église de Pastrana près de Guadalajara en Espagne. Deux copies de ces tapisseries ornent une salle du palais des ducs à Guimarães.

Une floraison de « maîtres » anonymes dont le « maître de Sardoal » ont laissé de nombreuses œuvres bien représentées dans les musées du pays sous le nom de « primitifs portugais ».

Parmi les peintres flamands venus s’installer au Portugal, Francisco Henriques et Frei Carlos se distinguent par leurs compositions amples et leur richesse chromatique.

Les peintres manuélins (1505-1550)

Ils créent une véritable école portugaise de peinture caractérisée par la finesse du dessin, la beauté et la vérité des couleurs, la composition réaliste des arrière-plans, la dimension en grandeur nature des personnages et le naturalisme expressif des visages. Les principaux artistes ont travaillé à Viseu ou à Lisbonne.

L’ école de Viseu est dirigée par Vasco Fernandes , dit « Grão Vasco » (Vasco le Grand) ; les premières œuvres de cet artiste (retable de Lamego) révèlent encore l’influence de la peinture flamande ; son art devient ensuite plus original par son réalisme, la richesse de sa palette et le sens dramatique de la composition (tableaux de la cathédrale de Viseu, aujourd’hui au musée Grão Vasco à Viseu). Gaspar Vaz pratique une peinture plus raffinée (tableaux de l’église São João de Tarouca près de Lamego) et, bien que formé à l’école de Lisbonne, réalise ses meilleures toiles dans la région de Viseu. Les deux maîtres ont probablement collaboré au polyptyque de la cathédrale de Viseu.

L’ école de Lisbonne voit se développer, autour de Jorge Afonso , peintre officiel du roi Manuel, l’art de plusieurs peintres de talent. Cristóvão de Figueiredo , dont la technique évoque l’impressionnisme (usage de la tache à la place du trait), utilise les noirs et les gris pour représenter les portraits ; son style fut imité par plusieurs artistes (maître de Santa Auta : retable de l’église primitive de la Madre de Deus à Lisbonne). Garcia Fernandes , parfois archaïsant, affecte dans ses portraits une certaine préciosité. Gregório Lopes , plus dur dans le dessin et le modelé, est le peintre de la vie de cour ; il excelle dans les arrière-plans qui évoquent toujours de façon précise un paysage ou une scène de la vie portugaise (retables de l’église São João Baptista à Tomar) ; son influence est visible chez le maître d’Abrantes, au style cependant déjà baroque.

La Renaissance

La Renaissance conserve au Portugal ses traits essentiels, venus d’Italie et de France. Elle s’épanouit dans la sculpture à partir de Coimbra, sous l’impulsion d’artistes français.

Dans son style resté fidèle aux principes de la Renaissance italienne, Nicolas Chanterene se charge de la décoration du portail nord du couvent des Jerónimos à Belém avant de devenir le principal sculpteur de l’école de Coimbra, où il réalise son chef-d’œuvre, la chaire de l’église de Santa Cruz. Jean de Rouen excelle dans l’art des retables et des bas-reliefs. Philippe Houdart succède, à partir de 1530, à Chanterene comme grand maître de la statuaire de Coimbra ; on reconnaît ses sculptures à leur réalisme.

L’architecture connaît un essor plus tardif, sous la direction d’architectes portugais. Miguel de Arruda introduit à Batalha une note de classicisme à partir de 1533. Diogo de Torralva achève le couvent du Christ à Tomar. Afonso Álvares assure la transition avec l’art classique en faisant prendre aux édifices un aspect monumental et sobre.

L’art classique

La période classique voit le succès du style jésuite avec Philippe Terzi , architecte italien venu au Portugal en 1576, et Baltazar Álvares (1550-1624) ; les églises adoptent un plan rectangulaire, sans transept ni chevet.

La peinture protobaroque portugaise, peu connue jusqu’à une date récente, a néanmoins produit de grands artistes. Le maître incontestable de la nature morte est Baltazar Gomes Figueira (1604-1674). Ses œuvres ont été souvent attribuées à sa fille, Josefa de Ayala, appelée Josefa de Óbidos, dont les peintures plus naïves sont débordantes de vie. Domingos Vieira (1600-1678) est considéré comme le plus grand peintre portugais du 17 e s. Tout comme André Reinoso (1610-1641), il a surtout peint des motifs religieux. Diogo Pereira (mort en 1658) s’est distingué dans les scènes mythologiques et romantiques, figurant des paysages et des incendies.

Le goût pour les compositions classiques apparaît également dans l’orfèvrerie.

Le 17 e s. est par ailleurs la grande époque du mobilier indo-portugais dont le secrétaire à incrustations de bois précieux et d’ivoire est l’exemple le plus courant.

L’art baroque (fin 17 -18 s.)

Le style baroque doit son nom au mot portugais barroco qui désigne une perle irrégulière. Il correspond, dans le domaine de l’art, à l’esprit de la Contre-Réforme qui, aux 16 e et 17 e s., pour combattre les hérésies, opposa à l’austérité protestante les séductions d’un art fastueux et populaire au service de la foi catholique.

Une architecture flamboyante

Opposé aux dispositions symétriques de l’art classique, le baroque manifeste un sens du mouvement, du volume et de la profondeur, une prédilection pour les lignes courbes et une recherche de la grandeur.

Au 17 e s., l’architecture, à peine libérée de l’influence espagnole imposée par Philippe II, prend un aspect austère et simple sous la direction de João Nunes Tinoco et João Turiano . Mais dès la fin du siècle, les façades s’animent de festons, de figures d’anges et de jeux de courbes, en particulier à Braga ; João Antunes prône l’adoption du plan octogonal pour les édifices religieux (église de Santa Engrácia à Lisbonne). Au 18 e s., le roi Jean V fait appel à des artistes étrangers : l’Allemand Friedrich Ludwig et le Hongrois Mardel , formés à l’école italienne, importent un art sobre et monumental dont le plus beau chef-d’œuvre est le monastère de Mafra.

Le véritable baroque portugais se développe dans le nord du pays, tant dans les églises que dans les constructions civiles ; l’esthétique des façades est soulignée par le contraste des murs blancs, crépis à la chaux, avec les pilastres et les corniches de granit qui les entourent. À Porto, Nicolau Nasoni , d’origine italienne, orne les façades de motifs floraux, de palmes et de draperies. À Braga, l’architecture évolue vers le rococo (palais du Raio, église Santa Maria Madalena à Falperra).

La décoration

Les azulejos et la talha dourada connaissent alors une grande faveur. Cette dernière expression désigne les bois dorés qui ornent l’intérieur des églises et, à partir de 1650, le retable du maître-autel ; celui-ci est alors en bois sculpté, puis doré. Au 17 e s., le retable ressemble à un portail : de chaque côté de l’autel, que surmonte un trône à plusieurs degrés, se dressent des colonnes torses ; des motifs décoratifs (pampres, grappes, oiseaux, angelots, etc.) en haut relief se multiplient. Cette décoration servait surtout à encadrer des peintures de maîtres.

Au 18 e s., le retable prend souvent des proportions démesurées et envahit le plafond et les murs du chœur. Son ordonnance se modifie : des entablements à fronton brisé coiffent les colonnes accompagnées d’atlantes ou de statues. Il est surmonté d’un baldaquin. L’espace tout entier est envahi par une débauche de sculptures.

La statuaire

La plupart du temps en bois, les statues se disséminent dans la multitude des retables qui ornent les églises. Au 18 e s., la statuaire est en grande partie tributaire des écoles étrangères : à Mafra, l’Italien Giusti forme de nombreux sculpteurs portugais dont Machado de Castro ; à Braga, Coimbra et Porto, Laprade représente l’école française. Cependant à Arouca, le Portugais Jacinto Vieira donne à ses œuvres un style personnel très vivant.

Venu d’Italie du Sud, le goût pour les crèches (presépios) baroques se développe. Au Portugal, elles sont plus populaires (leur composition s’inspire des pèlerinages traditionnels), mais ne manquent pas de valeur artistique ; les figurines, en terre cuite, sont souvent l’œuvre de Machado de Castro, Manuel Teixeira ou António Ferreira .

Le talent des sculpteurs baroques se manifeste également dans les innombrables fontaines qui parsèment le Portugal et plus particulièrement la région du Minho. Le monumental escalier de Bom Jesus, près de Braga, est en fait constitué par une succession de fontaines de style rococo.

La peinture

Elle est représentée par Vieira Lusitano (1699-1783) et surtout Domingos António de Sequeira (1768-1837), portraitiste et dessinateur remarquable.

De la fin du 18e s. au 19e s.

L’architecture

La seconde moitié du 18 e s. voit le retour aux formes classiques avec les œuvres de Mateus Vicente (1747-1786) à Queluz, de Carlos da Cruz Amarante et des architectes lisboètes dont Eugénio dos Santos , qui crée le style « pombalin ».

À la fin du 19 e s., le courant romantique affectionne les styles « néos » ; le néomanuélin, évocation de la période prestigieuse des Grandes Découvertes, triomphe avec le château de Pena à Sintra, le palace-hôtel de Buçaco et la gare du Rossio à Lisbonne. À la même époque, les façades des maisons se couvrent d’azulejos.

La sculpture

Soares dos Reis (1847-1889) tente de traduire la saudade (nostalgie) portugaise ; Teixeira Lopes (1866-1918), son élève, dévoile une technique élégante, en particulier pour les bustes d’enfants.

La peinture

Les peintres portugais découvrent le naturalisme de Barbizon : Silva Porto (1850-1893) et Marques de Oliveira (1853-1927) appartiennent au mouvement naturaliste tandis que José Malhoa (1855-1933), peintre des fêtes populaires, et Henrique Pousão (1859-1884) se rapprochent de l’impressionnisme ; Sousa Pinto (1856-1939) excelle dans les pastels ; enfin Columbano Bordalo Pinheiro (1857-1929), frère du célèbre céramiste, est réputé pour ses portraits et ses natures mortes.

Les 20e-21e s.

Une architecture moderne et novatrice

L’Art nouveau a un certain succès à Lisbonne, Coimbra et Leiria. Le style Art déco voit l’une de ses plus belles réalisations dans la Casa Serralves à Porto. Dans les années 1930, l’architecte Raul Lino réalise la Casa dos Patudos à Alpiarça.

Les années 1950 marquent un tournant avec la construction de logements sociaux et d’édifices comme le musée Gulbenkian. L’ école de Porto se signale par son modernisme, son inventivité, son élégance et son attention au patrimoine historique. De son fondateur, Fernando Távora (né en 1923), citons les récents travaux d’aménagement du couvent de Refóios do Lima et ceux du couvent d’Oliveira à Guimarães, converti en pousada . La transformation en pousada d’un autre couvent, celui de Santa Maria do Bouro, a été conçue par Eduardo Souto Moura (né en 1953), architecte lui aussi lié à cette école. Álvaro Siza (né en 1933), le plus renommé des architectes portugais, est l’auteur d’importantes réalisations, comme le musée d’Art contemporain de Porto (ouvert en 1999) ; le pavillon du Portugal de l’Exposition universelle de 1998 ; et la réhabilitation du quartier du Chiado à Lisbonne, en partie détruit par l’incendie de 1988, dans le respect attentif du patrimoine historique.

L’ école de Lisbonne est plus controversée. Parmi ses architectes, citons Tomás Taveira , qui a conçu les tours postmodernes des Amoreiras dans la capitale – principal événement architectural des années 1980 –, Egas José Vieira ou Manuel Graça Dias.

La sculpture

Francisco Franco (1885-1955) fut le représentant de la sculpture officielle, celle des monuments commémoratifs très appréciés sous Salazar. Plus récemment, João Cutileiro s’est fait connaître par l’originalité de ses statues (le roi Sébastien à Lagos, Camões à Cascais, monument célébrant la révolution des Œillets dans le parc Eduardo VII à Lisbonne), tandis que les artistes contemporains José Pedro Croft , Rui Sanches et Rui Chafes se définissent comme des sculpteurs plus conceptuels. Croft (né en 1957), qui a d’abord commencé à travailler la pierre puis le bronze, détourne aujourd’hui les objets quotidiens de leurs fonctions d’origine.

Le bois et les agglomérés sont à la base des créations de Saches (né en 1954), dont le travail questionne la perception du corps humain. Rui Chafes (né en 1965) fait un travail de sculpture violent et exalté.

L’œuvre de Pedro Cabrita Reis (né en 1956) a évolué du dessin et de la peinture à la sculpture et l’installation. Ses réalisations sont marquées par l’affirmation du monumental ou encore par la subordination absolue de l’espace utilisé. Il a représenté le Portugal à la Biennale de Venise de 2003.

La peinture de la première moitié du 20e s.

La peinture portugaise du début du 20 e s. s’était en partie figée dans le naturalisme ; seuls quelques artistes suivirent l’évolution générale de la peinture ; à Paris, Amadeo de Souza Cardoso (1887-1918), ami de Modigliani, assimila les leçons de Cézanne. En constante recherche, il sera influencé par les mouvements artistiques de l’époque, du cubisme au dadaïsme, en passant par le futurisme, l’abstraction et l’expressionnisme.

Avec une peinture haute en couleur, Amadeo de Souza est une figure très importante de l’art moderne portugais. Quant à son ami Santa Rita (1889-1918), mort prématurément, il apportera une contribution importante au mouvement futuriste portugais.

Figure majeure de la scène artistique et intellectuelle portugaise, José de Almada Negreiros (1893-1970) fut le principal protagoniste du mouvement futuriste. Il marque aussi la naissance du modernisme au Portugal avec son Manifesto anti-Dantas , une réponse au critique Júlio Dantas qui avait attaqué la toute récente revue Orpheu , créée par Almada Negreiros et Fernando Pessoa, entre autres. Dessinateur de talent, il se dédie principalement à la peinture, qui est selon lui le « chemin naturel vers lequel le dessin conduit ». Entre 1943 et 1949, il réalisa les grandes fresques des gares maritimes de Alcântara et de Rocha do Conde de Óbidos, à Lisbonne.

Les artistes contemporains

Plusieurs artistes portugais sont partis vivre ou étudier à l’étranger pendant la dictature salazariste. Proche de l’école de Paris, ville où elle résida à partir de 1928, Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992), épouse du peintre hongrois Arpad Szenes, recrée un espace imaginaire et l’on retrouve parfois dans ses compositions la juxtaposition et les tons des azulejos, tout comme chez Manuel Cargaleiro (né en 1927), connu surtout au Portugal et à l’étranger pour son travail de céramiste.

Júlio Pomar (né en 1926), installé en France depuis 1963, est un artiste polyvalent aussi bien dans les thèmes – protestation politique, tauromachie, nature morte, portrait, œuvre érotique – que dans les techniques – peinture, gravure, dessin, sculpture, « assemblages », azulejo, tapisserie.

Paula Rego (née en 1935) vit et travaille à Londres. Avec une peinture principalement figurative et narrative, « ses tableaux commencent par une histoire, un événement, un titre ». Influencée par le Pop Art, Rego introduit le collage dans son travail, technique qu’elle utilise jusqu’aux années 1980. En 1990, elle devient « artiste associée » à la National Gallery de Londres, où elle conçoit une série d’œuvres liées à cette collection.

Citons aussi Lourdes Castro (peintre), José de Guimarães (peintre et sculpteur), Alberto Carneiro (installations), Graça Morais , Pedro Calapez (abstraction et formes volumétriques), Pedro Casqueiro (abstraction), Álvaro Lapa et Julião Sarmento . Ce dernier (né en 1948), créateur multifacette, est le premier artiste portugais invité à présenter son travail à la « Documenta » de Kassel, en Allemagne. Son parcours cohérent avec la réalité artistique internationale fait de lui une référence pour les plus jeunes artistes. En plus de la peinture, Sarmento utilise aussi la photographie et l’illustration.

Au début des années 1980, un groupe d’artistes organise le Grupo Homeostético, dont fait partie Pedro Portugal , mais aussi Xana, Manuel Vieira, Ivo et Fernando Brito et Pedro Proença . Ce groupe, présenté par un manifeste, organise des expositions et des initiatives collectives.

Parmi les artistes plus jeunes, citons Francisco Tropa, Rui Toscano, Rui Moreira, Rui Patalho (né au Mozambique) et João Onofre qui utilise principalement la vidéo et dont le travail a déjà été exposé à la nouvelle Tate Gallery de Londres.


Les azulejos

Toujours très utilisés en décoration, les panneaux d’azulejos, dont l’origine remonte au 15 e s., constituent une sorte de peinture-tapisserie sur carreaux de faïence vernissée. Bien que ces carreaux soient en majorité bleu et blanc leur nom ne viendrait pas de azul (« bleu » en portugais) mais plutôt de l’arabe al zulaycha , qui désigne un morceau de terre cuite et lisse. L’azulejo fait partie du domaine architectural portugais et a été une des composantes des différents styles qui se sont succédé au fil des siècles.

Les origines

Les premiers azulejos venaient d’Espagne, plus précisément d’Andalousie, où ils décoraient les alcazars et autres palais. Ils furent introduits au Portugal par le roi Manuel I er qui, revenu ébloui par l’Alhambra de Grenade, fit décorer son palais de Sintra de ces riches carreaux. À l’époque, les azulejos étaient des alicatados , morceaux de faïence monochromes découpés et assemblés pour dessiner des motifs géométriques. Ce procédé fut remplacé par celui de la corda seca : un fin cordon fait d’huile et de manganèse qui permettait d’isoler les différents émaux et qui noircissait à la cuisson, dessinant les contours des différents motifs. Un autre principe d’isolation consistait à dessiner des arêtes – aresta – avec la terre même du carreau.

À partir du 16 e s., l’Italien Francesco Nicoloso introduit la technique italienne de la majolique dont le principe est de recouvrir la terre cuite d’une couche d’émail blanc sur laquelle se fixent les pigments. Les azulejos deviennent un support comme les autres, un format « standard » est adopté établissant à 14 cm les côtés du carreau, et les Portugais ouvrent des ateliers à Lisbonne.

Style Renaissance et maniériste

Vers le milieu du 16 e s., l’influence flamande supplante les modèles espagnols avec des panneaux plus complexes utilisant des motifs comme la pointe de diamant (transept de São Roque à Lisbonne). Les azulejos sont alors très demandés pour la décoration des pavillons d’été et des jardins. Les plus beaux exemples sont ceux de la quinta de Bacalhoa réalisés en 1565. De la même époque date le panneau de Nossa Senhora da Vida (au musée de l’Azulejo à Lisbonne).

Le 17 s.

Sous la domination espagnole, le Portugal entre dans une période d’austérité. Pour décorer sans trop de frais les murs des églises, on utilise de simples carreaux monochromes que l’on dispose de façon géométrique. Un très bel exemple en est donné par l’église de Marvila à Santarém. Ces compositions vont évoluer jusqu’à donner le style tapete (tapis) évoquant les tentures orientales par leurs motifs géométriques ou floraux se reproduisant à partir des modules de 4, 16 ou 36 carreaux. Ces grands panneaux polychromes couvrant les parois des églises et se combinant avec les bois dorés et les sculptures sont produits à grande échelle dans des ateliers.

La restauration des Portugais sur le trône est suivie d’un essor créatif. On revient aux panneaux figuratifs décrivant des scènes mythologiques ou des « singeries » caricaturant les scènes de mœurs contemporaines. Les jaunes et bleus traditionnels sont relevés par le vert du cuivre et le violet du manganèse (on peut en voir de très beaux exemples au palais des marquis de Fronteira à Lisbonne).

Cette polychromie laisse peu à peu la place au bleu de cobalt sur fond d’émail blanc (salle des Batailles dans le palais des marquis de Fronteira). Parallèlement on assiste à une grande diffusion des carreaux à motif isolé reproduisant un animal, une fleur, une allégorie, qui s’inspirent des modèles hollandais. Ces carreaux sont utilisés pour décorer les cuisines ou les corridors.

Le 18 s.

Au 18 e s., les azulejos seront presque exclusivement bleu et blanc ; cette mode vient des porcelaines chinoises mises au goût du jour par les Grandes Découvertes. Les azulejos sont décorés par de vrais maîtres, dont les principaux sont António Pereira , Manuel dos Santos et surtout António de Oliveira Bernardes et son fils Policarpo . Parmi leurs œuvres, citons : la chapelle de Remédios à Peniche, l’église de São Lourenço à Almancil et le fort São Filipe à Setúbal.

La période du règne de Jean V (1706-1750) se caractérise par sa magnificence. L’or du Brésil permet des folies architecturales. Le goût est à l’extériorisation, à la théâtralité, et cela se manifeste tout particulièrement dans les azulejos. Les panneaux, véritables tableaux représentant des personnages sur fond de paysages raffinés, sont entourés de bordures où s’entremêlent lambrequins, franges, anges voltigeurs et pilastres. C’est la pleine expression du style baroque . Bartolomeu Antunes et Nicolau de Freitas sont les grands noms de cette époque. Les azulejos se multiplient partout sur le continent mais aussi à Madère, aux Açores et au Brésil.

La seconde moitié du 18 e s. est marquée par le style rocaille . On revient à la polychromie : le jaune, le marron et le violet dominent ; la peinture se fait plus fine, les petits motifs plaisent et la décoration des encadrements utilise les ailes de chauve-souris, les éléments végétaux et les coquillages. De beaux exemples de ce style se trouvent au palais de Queluz, notamment le long du canal.

Après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, l’azulejo joue un rôle primordial dans la reconstruction. Il égaie une architecture épurée, parfois austère. La création de la fabrique royale de faïence au Rato en 1767 va permettre des productions en quantité. On revient au style tapete (tapis).

Le style néoclassique sous le règne de Marie I re frappe par la sérénité et la fraîcheur des sujets, les encadrements formés de rubans, de guirlandes, de pilastres, d’urnes ou de feuillages.

Le 19 s.

Vers 1830, des Portugais partis faire fortune au Brésil reviennent dans leur pays et couvrent les murs extérieurs de leurs maisons d’azulejos. Cette pratique était courante au Brésil où l’on protégeait ainsi les façades des fortes pluies tropicales et de l’humidité. Petit à petit cette mode se répand et des rues entières, des façades d’églises se couvrent de petits carreaux de faïence produits de façon industrielle par le système de l’estampille.

L’azulejo devient aussi l’un des principaux éléments de décoration des magasins, des marchés (Santarém) et des gares (Évora, Aveiro) avec des sujets se rapportant au commerce, aux traditions de la région ou à l’histoire.

Le romantisme trouve toute son expression avec Rafael Bordalo Pinheiro qui, après la fondation de la fabrique de Caldas da Rainha en 1884, édite des carreaux avec des motifs en relief couverts d’émaux irisés. Il est le grand inspirateur de l’ Art nouveau au Portugal. L’un des principaux artistes de cette époque fut José António Jorge Pinto , qui réalisa de nombreux panneaux allégoriques. Avec le style Art déco , c’est la géométrie des formes qui prime, facilitant ainsi la production industrielle. À la même époque, on trouve aussi des œuvres d’inspiration historique et folklorique. Jorge Colaço (1868-1942) décore la gare São Bento de Porto et le palais de Buçaco. Il privilégie les thèmes historiques et les illustre par d’immenses fresques bleu et blanc.

L’époque contemporaine

Dans les années 1940 et 1950, l’azulejo retrouve un certain prestige. Parmi les artistes qui l’utilisent, citons Manuel Cargaleiro, Querubim Lapa, Rolando Sá Nogueira, Carlos Botelho et Maria Keil. Les azulejos, présentés sous forme de grandes fresques géométriques, de frises recouvrant surtout les façades, sont partie prenante de l’architecture générale et intégrés à elle.

Pour l’Expo’ 98, l’Américain Ivan Chermayeff a conçu une grande fresque murale dans l’Oceanarium du Parc des Nations : composée d’azulejos de type industriel, elle figure de grands animaux marins traités informatiquement.


Les empedrados

Les empedrados , ces pavements constitués de petits cubes de calcaire blanc et de basalte noir, composent une véritable marqueterie de pierre. Le répertoire des frises est inépuisable : figures marines, armes de la ville, symboles historiques, dessins géométriques et même parfois logos commerciaux. Disposés le long des trottoirs, sur les places et les belvédères comme sur le pas d’une porte, ils sont un peu le pendant horizontal des azulejos. La nuit, leur surface blanche et réfléchissante scintille et illumine la ville. On les retrouve dans toutes les cités du pays, mais aussi à l’autre bout du monde, partout où les Portugais ont laissé trace de leur passage, du Brésil à Macao en passant par le Mozambique. Ce tapis de mosaïque est à lui seul une invitation à la marche. Mais gare à ne pas glisser par temps de pluie…


Termes d’art

Certains termes comme ajimez sont en portugais ou en espagnol, car ils n’ont pas d’équivalent en français .

Abside : extrémité arrondie d’une église, derrière le chœur (à l’extérieur).

Ajimez : baie géminée.

Altar mor : maître-autel.

Arbre de Jessé : représentation de la généalogie du Christ qui descendait de David, fils de Jessé.

Arc en tiers-point : arc brisé dans lequel s’inscrit un triangle équilatéral.

Arc outrepassé : arc en fer à cheval.

Arc triomphal : dans une église, arcade se trouvant à l’entrée du chœur.

Arcature lombarde : décoration en faible saillie, faite de petites arcades aveugles reliant des bandes verticales. Caractéristique de l’art roman.

Artesonado : plafond à marqueterie dessinant des caissons en étoile. Décor mauresque, né sous les Almohades.

Atlante (ou télamon) : statue masculine servant de support.

Atrium : patio dans la maison romaine.

Cadeiral : désigne l’ensemble des stalles.

Campanile : clocher isolé.

Castro : du latin castrum , ville fortifiée d’époque romaine et, aussi, camp romain destiné à retarder l’assaillant.

Chrisme : monogramme du Christ, formé des lettres grecques khi (X) et rhô (P) majuscules, qui sont les deux premières lettres du mot Christos.

Churrigueresque : style des Churriguera, architectes espagnols du 18 e s. Désigne un décor baroque surchargé.

Citânia : ruines de forteresses romaines ou préromaines.

Coro : endroit où se trouvent les stalles réservées aux chanoines.

Empedrado : pavage des trottoirs et des ruelles portugaises.

Enfeu :niche pratiquée dans le mur d’une église pour recevoir une tombe.

Entablement : couronnement horizontal comprenant une corniche, une frise et une architrave.

Gâble : pignon décoratif très aigu.

Gisant : effigie funéraire couchée.

Glacis : talus d’un ouvrage fortifié en pente douce.

Grotesque :de grotta (grotte en italien) ; nom donné aux ornements fantastiques utilisés pendant la Renaissance.

Jalousie : dispositif de fermeture de fenêtre composé de lamelles mobiles.

Judiaria : ancien quartier juif.

Lavabo : dans un cloître, fontaine destinée aux ablutions des moines.

Modillon :petite console soutenant une corniche.

Moucharabieh :grillage en bois tourné placé devant une fenêtre.

Mouraria : ancien quartier maure.

Mozarabe : se dit de l’art des chrétiens vivant sous la domination musulmane après l’invasion de 711.

Mudéjar : se dit de l’art des musulmans restés sous le joug chrétien après la Reconquête et caractérise les œuvres (13 e au 16 e s.) où interviennent des réminiscences mauresques.

Ostensoir : pièce d’orfèvrerie composée d’une lunule en cristal entourée de rayons servant à exposer l’hostie.

Padrão : monument commémoratif élevé par les Portugais sur les terres qu’ils découvraient.

Péristyle : colonnes disposées autour ou en façade d’un monument.

Plateresque : style né en Espagne au 16 e s., caractérisé par un décor finement ciselé rappelant le travail des orfèvres, d’où son nom venant de plata : argent.

Prédelle : partie inférieure d’un retable.

Púlpito : chaire.

Retable : architecture de marbre, de pierre ou de bois qui compose la décoration de la partie postérieure d’un autel.

Rinceaux : ornements de sculpture ou de peinture inspirés du règne végétal.

Rococo : style qui succéda à la fin du 18 e s. au style baroque. Il se caractérise aussi par le goût des ornements.

Salomonique : nom donné aux colonnes torses décorées d’un réseau végétal.

: du latin sedes (le siège). Désigne le siège épiscopal, donc la cathédrale.

Sphère armillaire : globe formé de cercles symbolisant la course des astres. Elle est très représentée dans l’art manuélin et fut l’emblème du roi Manuel.

Stuc : matière que l’on peut mouler, composée principalement de plâtre.

Talha dourada : boiseries sculptées et dorées, caractéristiques de l’art baroque portugais.

Haut de page